‹ La vraie Jeanne d'ArcChapitre 80 sur 296 · GOBERT THIBAULT · texte numérisé non relu

GOBERT THIBAULT

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pas autre chose dont j'aie mémoire. Jeanne demeura à Poitiers tout le temps qu’y resta le roi.

Jeanne affirmait encore que son conseil lui disait qu’elle aurait dû venir plus promptement vers le roi. J’ai vu ceux qui l’avaient amenée jusqu’à lui : Jean de Metz, Jean Coulon et Bertrand Pollichon (de Poulengy). J’étais avec eux en grande intimité et familiarité. J’étais présent un jour qu’ils racontaient à feu monseigneur de Castres, alors confesseur du roi, comment ils avaient traversé la Bourgogne et les pays occupés par les ennemis, sans la moindre difficulté; ce qui les émerveillait beaucoup.

J’ai entendu feu le môme confesseur du roi affirmer qu’il avait vu des écrits dans lesquels on annonçait qu’une Pucelle viendrait et porterait secours au roi. Je n’ai ni vu, ni su si la Pucelle a été autrement examinée que je viens de l'exposer; mais j’ai entendu de la bouche dudit seigneur confesseur, et d’autres docteurs, que leur croyance était que Jeanne était divinement envoyée, qu’elle était celle dont parlait la prophétie, et que, vu sa manière de vivre, .sa simplicité, sa conduite, le roi pouvait s’en aider; car ils n’avaient pu trouver, ni apercevoir en elle rien que de bien, sans quoi que ce soit de contraire à la foi catholique.

Je ne fus pas présent à ce qui se passa à Orléans ; mais le bruit public était que tout s’était accompli par son moyen et comme miraculeusement. Le jour où le sire de Tallebot fut conduit à Beaugency, après avoir été pris à Patay, je vins à Beaugency. Jeanne alla avec l’armée, de Beaugency à Jaigeau. La ville fut prise d’assaut et les Anglais mis en fuite. Jeanne retourna après cela à Tours où se trouvait le roi notre sire. De Tours, ils prirent leur route vers Reims pour le couronnement et le sacre*. Jeanne disait au roi et aux hommes d’armes d’avancer hardiment, que tout se passerait heureusement, qu’ils ne trouveraient personne pour leur faire mal, bien plus, qu’ils n’éprouveraient aucune résistance, ajoutant que, sans aucun doute, elle aurait assez de gens avec elle, et que beaucoup se rangeraient à sa suite.

Jeanne fixa comme lieu de rendez-vous général une ville entre Troyes et Auxerre^. Une multitude de combattants accoururent, tous fort désireux de la suivre. Le roi et ses hommes arrivèrent sans obstacle jusqu’à Reims; le roi n’essuya aucun refus, les portes des villes et des cités s’ouvraient d’elles-mèmes devant lui.

J’affirme, sous la foi du serment, que Jeanne était bonne chrétienne.

1. Le témoin fait ici de nombreuses confusions. La prise de Jargeau précéda celle de Beaugency, et la prise de Beaugency la victoire de Patay. Après Patay, la Pucelle ne se rendit pas à Tours, où le roi ne se trouvait pas.

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