ECCLÉSIASTIQUES ORLÉANAIS
due au fait de la guerre, encore qu’elle ne fût qu’une fille toute jeune et simple*.
Souvent les capitaines étaient d’avis différents en face des grandes forces des ennemis. Néanmoins Jeanne leur parlait avec fermeté, ouvrait des conseils salutaires, elle leur donnait du courage, leur répétant d’espérer en Dieu, de n’avoir aucune crainte ; car tout viendrait h bien *. Je ne sais pas autre chose.
2. Maître Pierre Compaing, prêtre, licencié ès lois, capiscol et chanoine de Saint-Aignan, cinquante-cinq ans, dépose comme les précédents sur les mœurs, les vertus et la conversation de Jeanne; il ajoute : Je l’ai vue lorsqu’elle assistait à la messe, à l’élévation du corps du Christ, jeter des larmes en abondance. J’ai bien souvenance qu’elle exhortait les hommes d’armes à se confesser de leurs péchés. Parle fait, moi qui parle, j’ai vu qu’à son instigation et sur ses avis La Hire et plusieurs autres de sa compagnie se sont confessés ^ Je ne sais pas autre chose.
3. M. Pierre DE la Censure {de la Censerie), prêtre, chanoine de Saint- Aignan, soixante ans ;
4. M. Rodolphe Godard, prêtre, licencié ès décrets, prieur de Saint- Samson d’Orléans, et chanoine de Saint-Aignan, cinquante-cinq ans ;
3. M. Hervé Honart, prieur de Saint-Magloire, de l’ordre de Saint- Augustin, soixante ans ; tous trois déposent comme les précédents sur la vie, les mœurs et la conversation de Jeanne ;
6. M. André Bordez, chanoine de Saint-Aignan, âgé de soixante ans, fait siennes les dépositions des précédents et ajoute : J’ai vu Jeanne faire des incrépations aux hommes d’armes quand ils reniaient ou blasphémaient Dieu. J’ai vu en particulier des guerriers d’une vie de toute dissolution se convertir à la voix de Jeanne, et mettre un terme à leur vie de désordres ^
conduit, a été négligemment transcrit. Les prénoms des personnages sont parfois changés : Raoul de Gaucourt devient Jean de Gaucourt, Nicolas Taquel est quelquefois appelé Pierre. Ces justes observations de Quicherat sont corroborées parles remarques de M. Boucher de Molandon, en ce qui regarde les noms Orléanais. Ainsi Robert de Farciaux est de son vrai nom Robert du Serceauæ, C’est d’après ces remarques du docte Orléanais que nous avons écrit Saint-Mesmin au lieu de Saint-Mainmain, Boilève au lieu de Boyleave. {Délivrance d'Oidéans, p. 72, note.)
1. In facto guerræ erat multum docta quamvis esset simplex et juvenis filia.
2. Licet multotienscapitaneihaberent varias opiniones propter magnam resistentiarn adversariorum, nibilominus ipsa conslanter loquebatur eis et dabat consi lia salubria, dando eis animum, quod sperarent in Deo... et quod oinnia venirent ad bonum finem.
3. Ipse vidit dictam Jobannam, dum relebraretur missa in elevatione corporis Christi,emittere lacrimas in abundantià... Inducebat armatos ad confitendum peccata 5ua; et de facto vidit quod ad instigationem suam et monitionem La Hire confessus est peccata sua, et plures alii de societate sua.
i. Increpabat armatos quando negabant vel blasphemabant nomen Dei ; et in spe-
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(Le nom de Compaing revient souvent dans les registres de la ville, parmi les procureurs. On y trouve aussi le nom des maris des dames dont les noms vont suivre.)