‹ La vue (volume 2)Chapitre 12 sur 23 · PNR M LE FN PUR · texte numérisé non relu

PNR M LE FN PUR

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f ft D ur contenu, de son pouce

apprête longtemps d’avance à la secousse

TEE

Son bras paralysé, son souffle suspendu.

Debout, épiant la bille, ses camarades | #4

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Ils attendent figés, inquiets, soucieux, Et resteront ainsi plantés, silencieux, Jusqu'au moment prochain, délassant, où l'issue

Du coup, si puissamment réfléchi, sera sue.

Un homme, ayant la tête ingrate d’un pion Sans envolée et sans imagination,

Tient ouvert avec ses deux mains un épais livre, ; Et, le regard baissé, fixe, semble poursuivre Le fin mot d’un problème; il demeure enfoncé Dans les pièges, dans les tracas de l'énoncé; Les subtilités, les finesses de l’algèbre,

Où se rebute, où se dépite et s’enténèbre L'intelligence lente et rebelle d’autrui,

Sont familières, sans nulle impasse pour lui; Il n’a pas rencontré d’artiste qui l’'émeuve;

Il est toujours à ses calculs, en fait la preuve, S’absorbe incessamment dans un travail mental Sans s’effaroucher d’un nombre monumental :

Rien ne peut le gêner, le perdre, le distraire,

idée et médite ainsi qu’en pleine nuit,

and le silence long, studieux, de ses veilles

D un sourire ; il fait un bre salut

| Sans pourtant abaisser les yeux; il le décoche Avec art, garde son chapeau bas et rapproche Les talons ; son maintien apprêté, sa raideur

Ne réfléchissent ni surface ni tiédeur

Dans son hommage ; sa nature habile et plate

| Le pousse au compliment qui déconcerte ; il flatte LA bout portant, est plein d’harmonieux échos,

Conte aux amis le bien que derrière leur dos

Les gens s’acharnent à dire d’eux sans relâche; Il force toutes les qualités, prend à tâche D’amplifier les beaux côtés, de flagorner, F2 De négliger les maux, les travers et d'orner

Ses phrases d’un amas ampoulé d’épithètes.

D'un mouvement pareil, simultané, deux têtes

‘. Répondent à son grand salut obséquieux ; Ce sont celles de deux femmes dont les doux yeux er: Sourient; elles sont dans une voiture ouverte 4 Qui fuit légèrement, au trot fougueux, alerte, 3 De deux chevaux bouillants, téméraires, piaffants, Re Tapageurs au delà de tout, ébouriffants ; Le cocher, bien que sûr de leur courage, effleure ‘1 fe Leurs deux croupes du bout de son fouet; il les leurre . Sur sa sévérité dont ils n’ont pas besoin, | La voiture s’approche, elle tourne le coin De la route; les deux femmes différent; l’une, Avec une figure énorme, en pleine lune, Est le type de la bonne grosse qui joint

Le comique et la belle humeur à l’enbonpoint;

LESCONCERT

Son menton est triple ou quadruple; l’autre dame, Au contraire, jouit d’une figure en lame

De couteau; dans la vie elle trouve tout laid; Tout l’énerve, tout la choque, tout lui déplait; Elle respire, elle est à son aise et jubile

Quand elle a le moyen sûr d’épancher sa bile; Son sourire est pincé, grimaçant et contraint;

Elle le fait éclore à regret, elle craint

De paraître, même en passant, trop avenante,

De s’abaisser à trop de grâce malsonnante,

De perdre son renom de vipère.

Au fin fond, Un lac immense, beau de tous côtés, profond, S’étend, calme comme un miroir. Sur l’eau limpide

Un superbe bateau, propre, neuf et rapide,

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