‹ Laa servante du curé comédievaudeville en un acte mèlée de couplets par mm Bayard, Xavier et Masson, représentée, pour la premiére fois a Parissur le Théâtre du PalaisRoyal le 23 mai 1840Chapitre 6 sur 34 · ANNETTE, M. DIDIER · texte numérisé non relu

ANNETTE, M. DIDIER

U. DIDIER

Ne vous rhagrinei |w, mon enfant; je ne TOUS retivoie pas ce soir... ce serait peu charitable ; mais vous ne resterez ici que jusqu’à demain... c’est l>eaucoup... c’est trop, peut-être... mais je tous placerai ailleurs.

ANNETTE

Et moi qui désirais tant rester près de vous.

M. DIDIEB.

Mais c’est aussi près de moi, dans ce pays, chez une vieille dame uu peu groudcusc, un peu... mais, du reste, très respectable... c'est la marraine de mou neveu.

ANNEriT, avec hcsiuiioo.

De M. Julien?

M. DIDlEn.

Ab ! vous savez son nom ?

ANNETTE, dc œtfroe.

Oui... M. Magloire m'en a parlé.

M. DiUlER.

El il TOUS en a dit du bien, n'est-ce pas? J'espérais que sou régiment ferait partie do camp de Compiègne, à deux lieues d’ici ; mais non. Je me trompais, il serait déjà dans mes bras. Pauvre chéri, va!..

ANNETTE

Oh ! je m’éloignerais bien vite.

H. DIDIER, M retournaat vers Annette.

Que dites-vous, mon enfant ?

ANNETTE

Je dis... je dis... que ce neveu... Vous Paimcz donc bien?..

y. DIDIER.

Si Je l’aime ? un si bon sujet, un si honnête jeune homme, doux et timide comme une üllc !

Ah ! dame... c'est moi qui l’ai élevé : il chantait comme un Chérubin... une (>eiite voix flûtée et un caractère charmant... quand il ne me faisait pas enrager... m’a-t-il cassé des lunettes !.. Et des meeurs t Ah ! je suis bien sûr que les mauvais exemples n'ont pas gâté ce cœur-là... nous nous écrivons... j’achève de loin ce que j'ai commencé de pr^... Ces pauvres jeunes gens, c’est si fragile, mon Dieu !

ANNETTE , vlrcHient.

Oh t oui. (Se rcpreiianu) Je sais comment, avec le cceui* le plus pur, ou peut être trompée par un jeune homme... (Avec inleailon.) doux et timide comme une jeune lilJc, un jeune homme abusé lui-mémc peut-être, mais, enlin, qui vous abandonne après vous avoir promis de vous épouser, après l’avoir juré.

H. DIDIER

Eh mais! eh mais! vous en savez bien long, mon enfant!., quelle histoire me commencezvous là?

ANNETTE, troublée.

Oh ! ne faites pas attention... c’esL.. c'est l’histoire d’nnc pauvre fille, que j'ai rencontrée hier en route, d’une tille bien niaibeureuse.

H. DIDIER

Ab! elle a peut-être mérité...

ANNETTE

Non ; elle n’avait pas mérité d’être repoussée par sa famille, bannie de son village. •

M. DIDIER, avec un ton sévire.

Et cette fille se nomme?

ANNETTE

Monsieur le curé... ;Uagloire entre.)

y. DIDIER.

Je veux savoir son nom.

ANNETTE

Caüieriiie Jolivet.

SCKM*: IV.

Lks M^.mes, MACLOmE.

UAGi.oiRE, s'élançant.

Catberioo Jolivet?

ANNETl'E.

Oli ciel !

y. DIDIER.

Ah! il m’a fait une peur...

UAGI.OIRE.

Qu’cst-ce qui a parlé de Catherine Jolivoi ?.. Comment, Mamzoilc Annette, c'est vous, une Imive et lionne tille comme vous, qui avez de pareils mots dans la bouche ?

y. DIDIER, a Maglolre.

Tu la connais donc, toi?

MAGI.OIRE.

Puisque c'est avec elle que j’ai dû me marier, la sans-cœur !.. Elle est de mon pays et même de ma famille... c’est-à-dire, elle en a été, autrefois, dans son bas âge... j’ai vu ça enfant, il y a loiig-tcüips. Enfin, croiriez-vous que cette péronnello-là, à la houte de toute la commune de Poni-Saintc-Maxence , où nous avons toujours, de père en (ils, eu des principes charmans... que cette dite Catherine Jolivet... ça me fait du mal de prononcer son nom... ça m'écorche jusqu'aux oreilles,

U. DIDIER

Voyons, en Üniras-tu?.. qu'a-t-elle fait?

MAGI.OIRE.

Ce fju’elle a fait? vous allez frémir. Sur le point de se marier avec moi... c’était arrangée, j'allais partir... clic me refuse !.. elle me refuse !.. elle ne uie ronnaîssait ikis, la malheureuse... et pourtpioi?.. pour se laisser eiijdler par un Jeune et bon scUlat, et, <|uand celui-là a quitté le pays, psit !.. elle est partie avec un antre... et de trois! hein, comment trouvezvous ça?., c’est du gentil? fi! pouah! ah!

grand Dieu !

ANNETTE, à part.

Et ne pouvoir se défendre !

yAGi.oiiie.

Au surplus, il ne s’agit pas de ca. En parlant de soldats, voici bien une autre histoire : j’allais mettre Brisqueue à l’écurie, quand je trouve sa place occupée ]>ar une autre bétc de la même espèce; avec une belle housse, des pistolets dons ses poches, et qui grugeait l'avoine, que c’était une bénédiction.

y. DIDIER.

Que dis-tu là? dans mon écurie?., mon écurie, à moi?

MAGLOIRE

Parfaitement bien... votre propre écurie?..

» J’cnicnds alors des chants joyeux a vous fendre

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