‹ Laa servante du curé comédievaudeville en un acte mèlée de couplets par mm Bayard, Xavier et Masson, représentée, pour la premiére fois a Parissur le Théâtre du PalaisRoyal le 23 mai 1840Chapitre 8 sur 34 · II. OIUIER · texte numérisé non relu

II. OIUIER

Tu as bien fait d'y aller.

MAGI.OlKK.

Vous croyez? vous oies bien bon!., j'aurais mieuA fait de u'y pas aller... je trouve lù un troupeau de soldai. Ils buvaient , ils riaient, ils jasaient à bouche ({ue veux-tu? Je ne me laisse pas intimider.

\f. Diüir.K.

Très bien.

MAGl.OI RB.

Mais non , pas ti ès bien , puisque ça a mal tourné... je dis aux militaires : Militaires, lequel de vous inc rendra raison?... j'allais ajouter : d'une jument qui se trouve dans l’éatrie de M. le Curé? à ce mot, raison... voilà un broubaba qui s'élève; je m’esquive, et comme je sautais le pas de la porte , une boue éperonnéc se lève, et je la reçois Juste ou milieu... de la rue.

U. DlUiEA.

Pauvre garçon î

ANJIETTR.

Ca vous a fait mal?

MAGLOIRE

Non , ça m'a f lit du bien ! (On sonne.) Ah ! si votre neveu était ici, ça me ferait là un fasneux défenseur... d'autant mieux que je reconnaîtrais parfaitement celui qui m'a manqué... c'est-àdire qui ne m'a pas manqué.

(On sonne de noaveatt.)

' ANNETTE

Voilà déni fois qu'on sonne.

U. DIDIER

Deux fois?

MAGLOIRE

J'ai bien entendu ; mais, dame, s'il faot interrompre une conversation.

Va donc!

(Ou rariltonne.)

VAGLOIRK.

On y va ! (On carillonne plus fort.) Quel carillon ! (Criant) On y va !

porte à un militaire: Utoaune au cheval, sans doute !

SCKNK V.

M. DIDIER. MAGLOIRE, puis JULIEN.

MAGLOIRE, pâle, tremblant, se collant contre le mur et tenant en Pair sou falot qui vacille.

C'est lui ! rhomme à la botte !

U. DIDIER

L'bommc au cheval ?

MAGLOIRE

L'bommc à la botte !

Jl'LIEN, dans la coulisse.

Ai»d» U Psiidaiiav.

Dragons, en avanl ,

Malgré pluie et vent Marchons S la victoire.

Il parall & la , IVr im p. u aviA* , la cai.{ii« tu, l« cuio de i'«‘

. eii« ealirv *ar répaMla.1

MAGLOIRE, â part

A-t-il un air féroce !

JULIEN

Salut au Fénélon de la famille et à sa compagnie.

M. DIDIER

Quelle voix , serait-il possible?

JULIEN, Pembrassant.

Eh bien ! ch bien !.. parent respectable , voilà tout ce que vous dites à un neveu délicat et sensible. Est-ce que nous ne serions plus cousins, mon oncle ?

MAGLOIRE , à pan.

Son onde !

u. DIDIER.

Si fait... si fait., c'est que la surprise... la joie... le... la...

JULIEN

Ah ! oui , la surpri.se , la joie de me voir ; c'est que je fais partie du camp de Compïègne, ctjesuis venu dans votre cré coquin de village avec Bertaud et Briolet... Bertaud, dit le capitaine Lablagne, un chien fini !.. qui a déjà toé trois fois son homme par un coup de flancoimade tiré en riposte. (Se mettant en garde et poussant une botte à Hagloire.} Ab ! houp !.. mais qu'avez-vous donc, mon vétéran? vous ouvrez des yeux! est-ce que vous êtes indisposé conU'emoi, à cause de Mou»tagaiiem? mon petit arabe , que ce matin, eu passant, j’ai mis de planton dans votre écurie.

(Il sort)

ANNETTE

Et moi, M. l'abbé, à quoi puis-je vous être utile?

M. DIDIER

Puisque vous le voulez, mon enfant, allez préparer raonsoQper. Tenez, la cuttine est là. Dte demain , comme je vous l'ai dit , une autre condition...

ANNETTE , s part

Allons, il a Pair d'un brave homme!., à la grâce de Dieu!

(Elle entre dans la cuisine.)

M. DIDIER, h la fenêtre.

u. DIDIER.

Ah ! c'était déjà toi?

JULIEN

Moi-méme. .. propre original I .. quand on a on onde, et que Ponde a une écurie !.. à moi le râtelier , ça coule de source.

MAGLOIRE, a parL

Comment, ç’a été enfant de cbceor, ça?

M. DIDIER

En vérité, plus je t’examine, et moins je te reconnais...

Parbleu! Julien Didier, votre petit Julien , sarpejeu! je vas vous mettre au soleil tous mes

Dieu me pardonne, Magloire vient d'ouvrir la i^avanuges tant physiques que moraux.

fi LA SEHVAN'l

UAULOinE, à part. ^

On nuus la chaussé à l’ajinéc , c’est sûr !

âu de* MouUrd» de Tari*.

Rogardcz>nioi , Je suis bel bomme;

(Vest |K)ur le coeur qu’on me renomme,

Je bols , je fume , cl cetera ,

Je m’ bals, en veuviu , *>u roUà; f)’ mon naturel J'ai l'hameur douce,

Uais dès qu'à 1a moutarde on m‘ pousse,

Je tap’ comme un cirnapao Pan I

J'y vas tambour battant.

Tant ,

Ou* chacun s' dit : C garnement ,

Cest >raimcnt I* tremblement,

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