‹ Labrador et Anticosti [microforme]Chapitre 14 sur 103 · C% LEO · texte numérisé non relu

C% LEO

o6 LABRADOR ET ANTICOSTI

qu'aujourd'hui il manque au musée une foule d'articles très intéressants : costumes des sauvages, et instruments en pierre ou en os, tels que haches, couteaux, dards, flèches, pipes, amulettes, jeux divers, ete. Eh bien, y a-t-il rien qui provoque autant l’indignation qu’un vol aussi effronté ! Sans doute, si le P, Arnaud allait faire le tour des États-Unis, il reconnaîtrait dans quelque grand musée, qui les aura acquis sans se douter de leur provenance, nombre de ses trésors qu’il a eu tant de peine à collectionner, Voilà un système d’ “annexion ” que l’on peut trouver habile, mais qui est d’une malhonnêteté révoltante,

D'ordinaire, on ne termine pas le compte rendu d’une visite à un musée, sans dire un mot du conservateur qui s’est donné la peine de vous en faire voir toutes les richesses, Je manquerai d'autant moins à ce devoir, que l'officier dont il s’agit n’est pas le personnage le moins remarquable de Betsiamis.

Le conservateur du musée de Betsiamis, c’est un Français, voire un Parisien, fils d’un capitaine de l'armée française. Grosjean est son nom. C’est celui dont j'ai dit précédemment qu'il étudia jadis la taxidermie avec tant de succès, sous la direction de Lechevalier, le célèbre naturaliste voyageur qui, après son séjour à Betsiamis, résida à Montréal, puis dans le sud des États-Unis, et se trouve maintenant au Pérou, sinon ailleurs.

Grosjean, lui, fils de soldat, n urait pu, sans manquer à son sang, passer sa vie parmi les vulgaires pékins. Il embrassa donc l'art militaire et se trouva un jour à faire partie de l’armée d'Afrique. Puis les hasards de l'existence l’amenèrent en Amérique. Cela, ce n’était pas hier, puisque, à ce moment, nos aimables voisins des États-Unis étaient en pleine guerre civile, la discorde animant les gens du Nord contre les gens du Sud. Je ne sais si notre Français étudia bien longtemps pour décider, à la lumière des grands principes, quel parti avait le bon droit de son côté. En tout cas, il prit du service dans les troupes du

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Nord, Maintes aventures signalèrent cette époque de son existence. En voici une à faire dresser les cheveux sur la tôte !

C'était jour de grande revue; le général Grant lui-même devait présider la fête. On sait si les soldats se font une grande affaire de ces cérémories! Rien n’est épaygné pour que tout soit irréprochable dans la toilette, dans l’accoutrement, dans la tenue! Notre Grosjean, lui, jugea que, pour être vraiment joli varcun, il ne lui manquait que des moustaches. Il ne lui fut pas difficile, par un artifice à la portée de tout le monde, d’affubler sa lèvre de l’ornement voulu, Quelle figure martiale il vous avait, avec ces touffes de poils menacarts, qui se dirigeaient les uns à droite et les autres à gauche dans une symétrie parfaite! Ah! le beau soldat ! Vive la France, dont les fils portent la gloire dans tous les pays du monde ! — Attention ! voiéi le général qi passe ! Mais voilà aussi que la moitié de la moustache s'écroule tristement en cet instant solennel, en face de l'état-major qui peut à peine garder son sérieux. Et le malheureux soldat, à qui la discipline a interdit même de lever un doigt pour prévenir le désastre !.. 11 y a des moments terribles dns la vie militaire,

Quelque temps après cet incident, le général Grant rencontra le héros de l'aventure, qu’il se rappela aussitôt, et lui fit cadeau de quelques greenbacks qui furent sans doute les bienvenus dans sa maigre escarcelle.

Il y a des soldats qui se font tuer, à la guerre ; il y en a qui, malgré leur bravoure, tombent au pouvoir de l'ennemi. Cet accident arriva à notre Francais, qui fut pris avec bien d’autres par les gens du Sud. Sept mois durant, il subit une rude captivité, où l’on avait pour logements des trous creusés dans la terre. Ce fut alors que Grosjean, qui avait échappé à tous les périls des champs de bataille, vit le trépas de bien près, — Il advint, certain jour, que l’un de ces animaux qui, en poésie, se nourrissent de glands, et, ailleurs, de tant d’autres choses, se trouva à passer, en quête de je ne sais quoi, à la portée des mal-

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heureux prisonniers, Quelle imprudence, pour limbécile animal, de raviver le souvenir des jambons et des rôtis du passé, chez des

gens dont le menu quotidien laissait évidemment beaucoup

à désirer! Aussi les captifs, séance tenante, le eondamnèrent à mort, moins sans doute à cause des sentiments sudistes qu'on lui pouvait supposer, que pour le délit d’avoir en sa possession tant de mets recherchés dont l’on était privé, Grosjean se voit chargé par ses compagnons d'occire le coupable ; il l’oceit, On le dépèce, On le rôtit, On se régale, Cependant l'inconstante fortune, qui n’en était pas à sa première trahison, ne tarda pas à jouer aux convives un tour de sa facon, Les autorités sont informées de tout ce qui s’est fait, Le meurtier est bientôt connu, On appréhende Grosjean qui, déjà prisonnier, le devient encore davantage, On le condamne à mort, où du moins on le lui fait croire, ce qui est bien la même chose quant à l'effet moral que cela produit sur le condamné, Enfin, la fortune rougit de sa cruauté; l'assassin” fut épargné et reésolut d'y regarder désormais à deux fois avant de tuer quoi que ce soit,

Il faut entendre raconter cela à Grosjean, qui en a bien d’autres dans son sac, et qui est trop Français pour avoir la langue dans sa poche :

A Ja fin, la paix se conelut aux États-Unis, et Grosjean recouvra la liberté, Comme il n’y avait plus de guerre dans les alentours, il renonca facilement au métier des armes, et se trouva un jour, par je ne sais quelle aventure, au service des Oblats de la Côte Nord, Désormais soldat de l’armée spirituelle, quoique dans les grades inférieurs, il accompagna les Pères dans leurs voyages apostoliques, et se rendit utile de cent manières.

Il est encore, au bout de trente ans, à l'emploi des Oblats. Entre autres fonctions, il remplit la charge de conservateur du musée de Betsiamis. Et si, lecteur, quelque jour un bon vent vous amène à ce rivage, vous serez enchanté de la facon dont l’ancien militaire vous fera les honneurs de ces belles collections, Il se souvient, vous verrez, qu’il est Parisien.

Son général d'aujouidhui, le P, Arnaud, lui inspire une sorte

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Du reste, personne, sur la Côte Nord, n’est plus populaire que le bon Père, Chez les blancs comme chez les sauvages, il est connu et révéré de toutes les familles, Et ce n’est pas étonnant, A qui et à quoi, de ce qui existe sur la Côte Nord, le P, Arnaud est-il resté étranger ? C’est au point qu'il n’y a pas jusqu'aux “beaux-arts ” qu’il n’ait songé à promouvoir, Car s’il y & quelques beaux tableaux dans plusieurs chapelles de la Côte, à lui en revient le mérite,

Il eut un jour le dessein d'acquérir un tableau pour la chapelle de Betsiamis. Avant d’en envoyer la commande en Europe, il alla voir, en tout cas, le peintre Charles Hamel, de Québec, et lui demanda s'il pouvait disposer en sa faveur de quelque toile, Hamel lui en désigna une qui était au rebut dans son atelier : elle était, disait-il, d'un peintre canadien qui n'avait pu en obtenir un prix avantageux, Le P. Arnaud en fit l’acquisition pour une somme très modeste, C’est le beau t&bleau placé au-dessus du maitre-autel, dans la chapelle de Betsiamis, copie de l’Zmmuculée-Conception de la Basilique de Québec. Il acheta aussi, au même atelier, un certain nombre d’autres toiles, provenant de la galerie du cardinal Fesch.

S'il est vrai, comme l’ont dit les journaux, que le P. Arnaud a construit, pendant son long apostolat, dix-sept chapelles dans les missions de la Côte Nord, il n’a pas dû éprouver beaucoup d’embarras pour utiliser les tableaux dont il avait fait l’acquisition,

[l'aime son pays d'adoption, le vieux missionnaire, Il à si longtemps vécu avec ses bons sauvages, qu’il est bien près de les regarder comme ses compatriotes. Il est pourtant arrivé qu'une fois, depuis près d’un demi-siècle, il ne passa pas l'hiver avec ses bien-aimés Montagnais. — L'histoire se montrera clémente, en signalant cette absence momentanée du vieux

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pasteur! Quand on est Francais, il est bien naturel que, après

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Lé È partie de de 1890-91 que le P, Arnaud eut ainsi le bonheur d'aller passer

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( chère à son cœur ne le lui eût en quelque sorte imposé, Cette A gr'av ! fête, c'était le cinquantième anniversaire de la fondation du alt AA juniorat de Sion, où il avait fait ses études, Du reste, dès qu'il Boteiarn ii eut donné à son Alma Muter le témoignage de son affection en où d'iine prenant part aux pieuses réjouissances de l'anniversaire béni, dès à de o

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w'aspira plus qu’à s’en revenir dans ses montagnes au milieu des ESS sauvages. Pour garant de cet ennui du Père, nous avons la parole Comité

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même, le supplice de linterview, pour le plus grand intérêt de première ses lecteurs d'Europe, qui jusque-là ne devaient pas en savoir comprend long sur le Labrador canadien ni sur le peuple des Mon- SN |. parois tugnais. Saint-Lau

Durant l’année qui suivit son retour d'Europe, peu s’en fallut que l’apôtre des Montagnais ne se remît en route, mais pour un

voyage d’une bien autre importance. IT fut pour lui question de

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elle-même, Grâce à Dieu, le voyage ne se tit pas, et le vieux aux doigts missionnaire continue de guider dans la voie droite le peuple la plus 1 | qui lui est confié, 2 savent bie Mais cette fièvre typhoïde dont il a réchappé, n’a pas laisst

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de soixante-dix années, on n’est plus beaucoup agile, Aussi, BN Ex sil n’a | depuis plusieurs années, le P. Arnaud, à l'exemple de son vieux À bien vard compagnon, le P. Babel, a dû confier à des collaborateurs plus MN Gonstatera jeunes le soin de parcourir chaque année les missions sauvages de vie, 80: du Labrador, souhaite à

Durant l'été de 1896, le P. Arnaud a pourtant voulu refaire,

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sur la côte du Saint-Laurent, cette route qu'il a jadis tant de fois parcourue ; il a voulu revoir une dernière fois la plus grande partie des sauvages des duférents postes, Qui dira les douces joies que cette visite mit au cœur du vieux pasteur et du cher troupeau d'autrefois !

Malgré son grand âge et la débilité qui lui est restée de sa grave maladie d'il y a quelques années, le vieil Oblat est encore fort actif, Durant les jours que nous avons passés à Betsiamis, il était constamment en dehors, allant d’une cabane ou d'une tente à l'autre, portant à tous des encouragements et des conscils, recu partout comme un messager du Père céleste, Il est d’une bonté de mère pour ses pauvres enfants de la forêt, qui le lui rendent bien en affection et en attachement sincère,

Comme tous les vieillards, le P. Arnaud parle volontiers des choses du passé. Et comme ce passé remonte à l’époque de la première colonisation du Saguenay et du Lac Saint-Jean, et comprend, en son entier,la période de: l'établissement de toutes les paroisses et missions de la côte nord du fleuve et du golfe Saint-Laurent, on peut imaginer sil est intéressant de l'entendre causer de tout cela, Il est sûr que personne n’est, comme lui, renseigné sur l’histoire de cet immense territoire, Qu'il est regrettable que le “ démon de lécriture ” laisse tranquilles ces gens qui savent, et s'applique trop souvent à mettre la plume aux doigts de tant d’ignorants !—Cela soit dit sans vouloir faire la plus légère allusion aux écrivains canadiens, qui tous en savent bien long sur les sujets qu'ils traitent, —Du reste, et il y a longtemps qu’il en est ainsi, il y a ceux qui font l'histoire, et il y a ceux qui l’écrivent. Le P, Arnaud aura été des premiers. Et sil n’a guère contribué à enrichir les imprimeurs, s’il s’est bien gardé d’encombrer les rayons de nos bibliothèques, on constatera un jour que beaucoup de belles pages, au Livre de vie, sont signées de son nom...C’est le bonheur que je souhaite à tous les auteurs et à moi-même.

Jusqu'à la fin des temps, nos bien chers amis les Anglais désigneront la Malbaie par le nom très britannique de Murray Bay. De même, ils ont escamoté une lettre du mot Tadoussac : et lors même qu'il n’y aurait plus sur la terre qu’un seul Anglo- Saxon, il s'obstinera à écrire : T'adousac., Même, il y a de nos compatriotes assez oublienx de notre glorieuse histoire, pour hniter les Anglais, et dire aussi : Murray Bay, Tadousac ! Eh bien, le mot Betsiumis n'existe pas non plus pour les Anglais, Ils en ont fait. Bersimis, Et ceux des nôtres qui tiennent à faire connaître qu'ils savent l'anglais, ne manquent pas de dire “ Bersimis,” avec tout ce qu'ils peuvent y mettre d’accent britannique.

Mais les circonstances ont joué un joli tour à tout ce mondelà. Sur la rive droite de la rivière Betsiamis, à l'embouchure même, il s’est formé un établissement industriel, On aurait pu appeler cela Betsiamis-Ouest ; mais les Anglais se sont tellement mêlés de cette affaire d'industrie et de commerce, qu’il a fallu y mettre du Z'#rsimis tant qu’ils en ont voulu, Or, aujourd’hui,

ce village se nomme très légitimement Bersimis ; et la bour-

gade montagnaise de la rive ganche retient son nom de Betsiamis, C’est un détail qu’il importe de retenir, si l’on tient à paraître convenablement renseigné en géographie.

Le village de Bersimis' doit son existence à l'exploitation forestière que la société Girouard et Beaudet, de Québec, y commenca vers 1875. Un touriste, qui visita cette localité en 1883, racontait’ qu'il y avait là une population de 350 à 400 âmes, ayant une chapelle, une école, et un magasin générul, Cette mission, nommée Saint-Élisée de Bersimis, était desservie par l'abbé Bruno Desjardins, dont la juridiction curiale s’étendait jusqu’à Moisie, du côté de l’est,

Une grande scierie à vapeur, des quais considérables, une

1—Le nombre total des confirmés, à Betsiamis et à Bersimis, fut de 160, 2—Journal Le Saguenay, 14 août 1883.

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tacade longue de quatre milles et qui comptait jusqu'à quarante deux aneres et dix-sept mille pieds de chaîne: voilà ce qu'il y avait en 1883,et qui donne une bonne idée de l'importance qu'avait alors cet établissement, Un bon nombre de navires transportaient à l'étranger le bois préparé à Bersimis,

En 1889, la société Girouard et Beaudet fut remplacée par la st, Lawrence Lumber Co., une compagnie composée principalement d'Anglais, qui fit faillite à la fin de l'année 1894,

Les “limites à bois ” que l’on exploitait s’étendaient à l’intérieur des terres et jusqu'à Manicouagan.

Mais l’âge d’or de Bersimis n’est plus qu'une chose du passé,

à population qui Phabite à présent est réduite à quelques familles trop pauvres pour se transporter ailleurs, et qui, durant l'hiver, fournissent les postillons, entre Betsiamis et Moisie, La scierie ne fonctionnant plus depuis l’année 1895, c'en est fini de Bersimis, car l’agriculture n’y pourra jamais remplacer l’industie: il n’y a là que du sable, Et pour forcer ce sol ingrat à produire de beaux légumes et des céréales dorées, il n’y a pas ici, comme plus à l’est, les déchets de poisson ni surtout les goémons, engrais que la mer généreuse met partout, là-bas, à la disposition de ceux qui en ont besoin, P’ailleurs, dans notre belle Province, ce ne sera pas de sitôt que la terre cultivable sera devenue assez rare, pour qu'il faille absolument utiliser les sables de Bersimis,

LUNDI, 29 JUILLET, — Les citadins ignorent généralement que l’un des épisodes les plus impressionnants qui marquent la visite pastorale dans les paroisses de la campagne, c’est la cérémonie funèbre que lon célèbre dans le cimetière, situé presque toujours auprès de l’église,

À Betsiamis, cette solennité eut lieu dans la soirée du 29 juillet, L’évêque, précédé du clergé et de toute la population de la bourgade formée en longue procession, se rendit de l’église au cimetière où dorment de l'éternel sommeil les défunts de la tribu montagnaise, Le chant du Zäberu, toujours si émouvant,

avait, ce soir-là, me semblait-1l, des supplications plus touchantes encore que d'habitude, Le pontife, au nom de l’Église, demandait au Père céleste de pardonner à tous ces trépassés et de les recevoir au séjour du bonheur qui ne finira jamais,

Et vendant que les vivants se souvenaient ainsi des morts, pendant que le Chef de la prière bénissait pour la dernière fois les tombeaux du cimetière sauvage, le vent du soir avait luimême suspendu son souffle, Mille feux s'étaient allumés partout là-haut, et l’astre mélancolique des nuits lentement montait à l'horizon, projetant en travers du Saint-Laurent, comme un gigantesque pont d'argent, sa longue traînée de pâle lumière, — Inoubliable soirée, où le cœur, rempli des consolatrices pensées de la foi, impressionné des magnificences de la nature, s'élevait tout seul vers notre Père qui est aux cieux !.…

Au matin du 30 juillet, tous les habitants de la bourgade étaient rassemblés sur le rivage pour recevoir encore uue fuis la bénédiction de ceiui qui était venu les visiter au nom de Dieu, et aui les quittait pour porter à d’autres ânes la parole évangélique et les “ons du Saint-Esprit,

En faisant nos adieux à ces bons Montagnais, nous rencontrâmes un vieux sauvage, Jérôme Saint-Onge, qui n'avait : as été à Chicoutimi depuis cinquante ans' Ce n’est pas tous les jours que l'on voit des gens dont le plus récent voyage à Chicoutimi date d’un demi-siècle, Ce vieillard avait assisté, en ce temps-là, aux exercices de la mission annuelle, donnée dans la chapelle des Jésuites qui existait encore, à cette époque, au poste ü: f'hicoutimi,

À cette date reculée, il n’y avait pas de gare de chemin de fer, ni d'usine élestrique dans ia capitale du Saguenay. C’est à peine si l’on y voyait quelques rauvres cabanes.

Pendant que la fusillade d'honneur fait beau tapage tout le long de la rive, les canots d’écorce volent sur les eaux et nous

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