‹ Labrador et Anticosti [microforme]Chapitre 50 sur 103 · DEA · texte numérisé non relu

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dans les terrains cultivé”, poussent à merveille à une hauteur peu ordinaire.

“ Les forêts occupent la plus grande partie de la surface de l'île ; la croissance des arbres y est rapide et témoigne de la fertilité du sol, Sur de grandes étendues, cependant, les arbres ne sont bons que comme bois à brûler, notamment sur les points de la côte les plus exposés, et dans la région sud-est de la plaine. Mais, dans les montagnes et sur les collines, une puissante végétation d'arbres de haute futaie couvre les deux versants, depuis la base jusqu’au sommet, ainsi que les dépressions donnant passage aux cours d’eau, sur une superficie qui est évaluée à plus de 200,000 hectares.

“ Les principales essences sont : le pin blanc, noir et rouge ; le sapin, le frêne, laune, le tremble, le hêtre, le charme, l’érable’, le peuplier et le bouleau jaune et blanc (betula papyracea), souvent de grande dimension.

“ Les matériaux de construction : pierre à bâtir, calcaire où grès, pierre à chaux, pierre à plâtre, terre de brique et sable, s’y trouvent en abondance...”

Lisons maintenant un extrait de la conclusion de l’étude de M. Despecher :

“ I] ressort de la notice qui précède, que l’île d’Anticosti, en outre de sa valeur indiscutable au point de vue des pêcheries, possède sur son sol toutes les ressources naturelles pour fournir de l'occupation à une population nombreuse et pour subvenir à ses besoins. Le fait qu’elle est pour ainsi dire inhabitée, et que ses ressources sont restées inexploitées, est la conséquence du système d'administration et de prohibition qui l’a régie depuis plus de deux siècles, Pour se faire une idée de ce qu’elle aurait pu être sous d’autres institutions, il suffira de considérer l'état si différent de l’île voisine du Prince-Édouard, dans des conditions identiques’ et de grandeur moitié moindre, mais sous le

1—11 n’est guère croyable que le hêtre et le charme existent à l’Anticosti.

Quant à l’érable, ce n’est pas davantage admissible. Il serait curieux de savoir d’où ont pu originer de pareilles légendes. (A.)

2—11 ne faut pas prendre au pied de la lettre ce voisinage ni ces conditions

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ILE D'ANTICOSTI 233 régime de la liberté et de la division de la propriété individuelle, qui est devenue une province florissante du Canada, ayant son gouverneur et sa propre administration, avec une population de plus de 120,000 âmes, et où il y a plus de 400 kilomètres de chemins de fer,

“Le fait que le capitaine Setter, le seul habitant qui ait jamais prétendu à un droit de propriété, avait créé une ferme de plus de 200 hectares, près d’Ellis Bay, comparable sous tous les rapports à celles des autres pays, indique que, dans des vonditions pareilles, il s’en serait créé d’autres, en outre de celles laborieusement exploitées sous le régime des fermages de courte durée.”

Le nouvel acquéreur de l’Anticosti s'était réservé le temps de faire une reconnaissance complète de lile, durant l'été de 1895, avant de conclure définitivement la transaction, Pendant que nous étions encore sur l’île, on nous apprit qu'un groupe de Français, conduit par M. Despecher lui-même, était arrivé à Québec, puis s'était embarqué sur un petit steamer pour l’Anticosti. Ils n’y arriv'rent que le lendemain de notre départ, J'ai su depuis que ces messieurs exprimèrent le regret de n'avoir pu rencontrer Monseigneur Labrecque.

Voici, d’après les journaux du temps, quels étaient ces messieurs qui avaient traversé l’Atlantique pour venir étudier lîle d'Anticosti : MM. Jules Despecher, J. Desjardins-Beaumetz, ingénieur civil, Paul Combes, journaliste et explorateur, et Geo. Martin, officier de l’armée francaise, M. Bureau, explorateur employé jusqu’à ces dernières années par le commissariat des Terres de la Couronne, de Québec, les accompagnait, “ Leur

identiques de l’île du Prince-Édouard, qui est située entre le 46e et le 47e parallèle, tandis que l’Anticosti tient entre les 49e et 50e. C’est une grosse affaire que trois années de plus, pour une personne âgée de quatre-vingts ans; de même, quand on réside déjà loin de l'équateur, une différence de trois degrés, en plus ou en moins, n’est pas chose indifférente. (A.)

(est la baie de Gamache. (A.)

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voyage à été on ne peut plus délicieux (écrivait le 26 juillet un reporter québecquois qui les avait interviewés à leur retour dans la vieille capitale), signalé par une température des plus favorables, ce qui leur a permis d'explorer l’île autant qu'ils l'ont voulu. Ils ont parcouru les anses, où ils ont pêché avec grand succès, Les rivières, les essences forestières, les minerais surpassent leur attente, et ils feront un rapport absolument favorable.” Oui, ils ont exploré l’île autant qu'ils l'ont voulu, mais en en faisant le tour seulement, Pour ce qui est de l’intérieur, il n’y avait pas à songer même à y pénétrer, à cause des terribles moustiques que l’on sait : citoyens de la République francaise ou sujets britanniques, c’est tout un pour ces féroces ennemis,

Le 14 juillet, nos explorateurs se trouvaient à la Baie-des- Anglais, et convièrent à un banquet toute la population de l'endroit, à l’occasion de la solennité du jour, que l’on célèbre aujourd’hui comme la fête nationale de la France.

Les Anticostiens avec qui j'ai causé de la translation prochaine de la propriété de l’île, manifestaient de l'inquiétude en pensant à l'avenir. Ce sentiment était bien naturel chez ces gens, qui n’occupent leurs emplacements qu’à titre de locataires, Je dois ajouter, du reste, que la visite de M. Despecher et de ses compagnons a fait bonne impression chez les habitants de l’Anticosti. Les marques d'intérêt qu’ils ont données pour le soutien des écoles de la Baiïe-des-Anglais et de l’Anse-aux- Fraises étaient certes de bon augure, Et, à ce propos, j'aime à citer ici cet extrait de la conclusion de la Notice publiée par M. Despecher :

“ Le territoire de l’île est assez vaste pour que de nombreux nouveaux venus y trouvent leur, place, à la condition que ce soit de véritables travailleurs : pêcheurs, marins, cultivateurs et hommes de métier, que ne rebutent pas la rigueur du climat et le rude labeur que nécessitent partout les débuts d'un

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établissement dans un pays neuf. Dans ces conditions, ils trouveront de grandes facilités pour se créer une position et un chez-

soi, dans des circonstances peu ordinaires d'indépendance et de

bien-être, pour eux et leur famille,”

Un membre de l’nnportante corporation des reporters nous a fait part, précédemment, des confidences qu’il a pu obtenir des explorateurs français, à leur retour à Québee de lAnüicosti, 1] sera encore plus intéressant, me semble-t-il, d'entendre l'un même de ces explorateurs nous dire ses impressions, Aussi vais-je citer ici l'article écrit dans un journal de Paris par M. P. Combes, quand on fut rentré en France, c’est-à-dire en septembre ou octobre 1895.

“ L'ile d’Anticosti, bien que découverte par Jacques Cartier le 15 août 1535, c’est-à-dire depuis trois cent soixante ans, bien que située à l'embouchure du Saint-Laurent, sr” l: route des navires, était aussi inconnue, même au Canada dont elle dépend, que les régiors polaires les plus inaccessibles, auxquelles on l’assimilait volontiers.

“ Fort heureusement, cette île, qui a une superficie d’un million d'hectares, est devenue dernièrement la propriété d’un Francais, et j'ai été chargé de l'étudier à tous les points de vue.

“ Or, les résultats de :on exploration détruisent de fond en comble la légende d’Anticosti “lInhospitalière.”

“ C’est un plateau de roches siluriennes légèrement inclinées au sud-ouest, Ce plateau, dénudé et raboté par les phénomènes glaciaires, est recouvert d’un sous-sol de marnes calcaires argilacées, et d’un sol d’humus, d’un mètre d'épaisseur en moyenne, composé de détritus organiques qui s'accumulent à la surface de l’île depuis que la première végétation y-est apparue, à la fin des temps quaternaires.

“Sur un million d'hectares de superficie, y a à Anticosti 900,000 hectares de forêts. Or, il ne s’agit pas ici, comme à

Terre-Neuve, d'arbres rabougris et contournés, ainsi qu’on l'avait prétendu, Ce sont des épicéas, des mélèzes', des bouleaux, qui atteignent 30 mètres de hauteur, et qui (au prix des gros bois sur le marché de Québec) représentent une valeur de ‘ cinquante millons de francs,”

“ D'ailleurs, la flore entière de l’île est remarquable par sa

richesse autant que par sa vigueur, et elle est composée d’es.

Album Gregory).

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