‹ Lacaune Station d'EnfantsChapitre 3 sur 17 · INTRODUCTION · texte numérisé non relu

INTRODUCTION

Comme la plupart des pays d'Europe, la France, autrefois pays agricole par excellence, voit sa population rurale émigrer petit à petit vers les grands centres urbains. Conséquence du développement de l’industrie, apanage de la vie moderne, ce déplacement ne va pas sans inconvénients. Parmi ceux-ci le problème du logement se pose avec une acuité de plus en plus grande car le nombre des habitations ne s’accroît pas aussi rapidement que le chiffre de la population. Aussi de nombreuses familles sont-elles obligées de s’entasser littéralement dans des taudis malsains. La Maladie, dont la propagation est déjà favorisée par l’atmosphère saturée de germes pathogènes, trouve un terrain de choix avec des sujets débilités par la sous-alimentation, le manque d’air pur et de lumière.

Le législateur s’est depuis longtemps ému devant ce danger; des innovations heureuses ont été réalisées, dont l'efficacité s'accroît de jour en jour grâce aux perfectionnements qui leur sont sans cesse apportés. Des mesures spéciales surtout prophylactiques ont été prises en faveur de l'enfance et de l’adolescence particulièrement exposées. Mesures qui ont pour but l’amélioration des conditions de vie. Indépendamment des avantages matériels accordés à la partie la plus défavorisée de la société qui sortent du cadre de cette étude, l’hygiène a été l’objet des soins les plus attentifs. L’aération et surtout le soleil étant les meilleurs agents de désinfection, la multiplication des colonies de vacances, des terrains de sports, des établissements scolaires rationnels est un des principaux buts poursuivis.

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La lutte contre les grands fléaux sociaux a été elle aussi l’objet d’une étude attentive. Un des plus terribles et qui exerce des ravages considérables est, nul ne l’ignore, la tuberculose.

Ce n’est pas sans raison que le législateur prévoyant le bienfait que peut retirer la collectivité toute entière d’une lutte efficace contre cette grave maladie se préoccupe au plus haut point d’en améliorer la prophylaxie, le dépistage et le traitement.

Nous ne parlerons pas des diverses lois qui ont vu le jour à ce sujet, nous bornant à signaler ce véritable monument qu'est le décret du 24 mai 1948 (1) englobant l'ordonnance du 31 octobre 1945 et le décret du 20 août 1946. Cette disposition législative a, en effet, complètement remanié les mesures antérieures trop sporadiques, suivant un plan d'ensemble minutieusement étudié.

D’après le texte même de ce décret, l’organisation de la lutte contre la tuberculose comprend :

1° Des dispensaires antituberculeux ; 2° Des centres départementaux de phtisiologie; 3° Des établissements de cure.

Je ne m’étendrai pas sur le rôle des deux premiers de ces organismes malgré leur importance cependant considérable, me réservant de développer seulement ce qui fait l’objet de cette étude, c’est-à-dire l'AERIUM qui constitue avec le Préventorium et le Sanatorium l’ensemble des établissements de cure.

À première vue, l'intérêt que présente l’Aérium dans la lutte contre la tuberculose peut sembler très secondaire. Cependant il n’en est rien. En effet, si l’Aérium ne reçoit pas les tuberculeux avérés ou évolutifs, il joue

(1) J, 0. du 26 mai 1948, décret n° 48.886,

un rôle primordial pour la protection des enfants prédisposés. D’après ces indications mêmes, l’Aérium doit offrir un climat tonique dont le type est le climat de moyenne altitude. Soumis à des influences très diverses, notre territoire possède de nombreuses stations de cette nature aux caractères multiples et variés. Parmi cellesci LACAUNE-LES-BAINS, par sa physionomie tout à fait spéciale, mérite une mention particulière. Les études dont cette station climatique avait été l’objet jusqu’à ces dernières années, envisageaient uniquement les avantages qu'offrait son séjour d’été. Maïs la création de centres permanents pour enfants a prouvé très nettement que le climat d'hiver présentait un intérêt au moins aussi grand. Les observations, dues à l’obligeance du Docteur H. Vr- GUIER, dont la compétence est appuyée par une longue expérience de ce climat, ne laissent aucun doute à cet égard.

Nous croyons utile de diviser ce travail en deux parties distinctes : Premièrement, la climatologie qui peut paraître au premier abord dépourvue d'intérêt alors qu’en réalité elle servira de base à l’étude des propriétés thérapeutiques qui constituera la deuxième partie. Nous appuierons les éléments nouveaux que nous essayons d'apporter par un nombre assez important d’observations. Enfin, nous croyons utile de rappeler pour terminer, les propriétés fort intéressantes des eaux thermales si bien étudiées par le Docteur H. SALABERT dans sa thèse Contribution à l'étude de Lacaune climatique et hydrominéral.

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