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LA SYLPHIDE

Etre divin, beauté touchante et pure, Que je rêvais dès mes plus jeunes ans, Qui que tu sois, esprit ou créature, Prête l'oreille à mes derniers accents ! Sur les rescifs d'une mer agitée, Tu m'as guidé, phare mystérieux :

Je vois le port, et mon âme enchantée Ira bientôt te retrouver aux cieux.

Je te cherchais sous les brillants portiques

Où vont ramper les séides des rois ;

Je te cherchais sous les chaumes rustiques

Ton ombre seule apparut à ma voix.

Peut-être, hélas ! mon œil trop faible encore Soutiendrait mal ton éclat radieux ; Veille sur moi, sylphide que j'adore.

Vierge immortelle, attends-moi dans les cieux.

Je te rêvais dans la grotte sauvage, Au souffle aigu des autans furieux ; Je te rêvais sous un épais feuillage, Aux doux accords d'un luth mélodieux.

Si tu n'étais qu'une vaine chimùre.

D'un cœur malade enfant capricieux !

Mon âme enfin va percer ce mystère, Vierge immortelle, attends-moi dans les cicux.

Je te rêvais au printemps de ma vie,

Le front paré de riantes couleurs ;

Pauvre et souffrant dans ma longue insomnie.

Je te rêvais plus belle dans les pleurs.

Mais de la mort j'entends la voix sévère,

Elle a brisé le prisme gracieux...

.Je n'ai plus rien qui m'attache à la terre,

Vierge immortelle, attends-moi dans les cieux.

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