PREFACE IX
même que sa part de lumière et de force, afin de les aider de son mieux à la conquête des âmes.
Son désir ne fut pas trompé : il put voir, dès icibas, les résultats de ses efforts, et se dire qu'il était vraiment un bon et fidèle serviteur. Ce témoignage, qu'il recevait de beaucoup d'autres consciences éclairées et raffermies par la sienne, n'était pourtant pas la gloire, telle qu'il devait la connaître plus tard. — (( Nous avions un roi, nous l'avons perdu, » disait, devant son cercueil, une pauvre femme de Sorèze, plus intelligente que ceux dont les jugements faisaient alors ce qu'on appelle Topinion publique. Un oubli systématique entourait les derniers jours de l'illustre Dominicain, préludant à l'oubli forcé où les désastres, qu'il avait prédits, parurent ensevelir sa mémoire.
Après cinquante ans, elle reprend un nouvel éclat, dont le rayonnement pénètre jusqu'aux profondeurs de sa vie religieuse. Le saint, qui se cachait derrière l'écrivain, l'orateur, le patriote, se révèle en l'héroïsme de son humilité, de son détachement, de son effrayante mortification. Sans rien ôterà la grandeur de l'esprit, la part de l'âme s'amplifie au delà de toute prévision, ajoutant à l'apostolat de la parole celui des actes, plus fécond encore et plus glorieux. Désormais l'avenir lui appartient : il est entré
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