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LA PROVENCE

Lorsque le voyageur descend les pentes du Rhône, à un certain moment, sur la gauche, les montagnes s'écartent l'horizon s'élargit, le ciel devient plus pur, la terre plus somptueuse, l'air plus doux : c'est la Provence. Adossée aux Alpes, elle les quitte lentement par des vallées qui perdent peu à peu l'âpreté des hautes cimes, et elle s'avance, comme un promontoire de la Grèce et de l'Italie, vers cette mer qui baigne tous les rivages fameux. La Méditerranée lui fait, après le Rhône et les Alpes, sa troisième ceinture, et un fleuve qui est le sien, la Durance, lui jette dans ses gorges et ses plaines la rapidité fougueuse d'un torrent qui ne meurt pas. On ne peut regarder cette terre sans y reconnaître bien vite une parenté de nature et d'histoire avec les plus célèbres contrées de l'antiquité. Des colonies grecques lui apportèrent de bonne heure le souffle de l'Orient, et Rome, qui lui donna son nom, y a laissé des ruines dignes de cette puissance qui ne refusait à personne une part de ses grandeurs, parce qu'elle en avait assez pour l'univers. Quand le monde ancien fut tari, longtemps la Provence, riche de ses souvenirs plus riche encore d'elle-même, conserva dans le démembrement des choses sa personnalité. Elle eut sa langue, sa poésie, ses mœurs, sa nationalité, sa gloire, tous ces dons qui, en de certaines conjonctures, font d'un petit pays une grande terre. Puis, quand les empires modernes eurent pris leur forme et dessiné leur territoire, la Provence, trop faible pour se soutenir contre la destinée, échut à la France comme un présent de Dieu, et après avoir été pour les anciens l'occident de la beauté, elle devint pour nous le

1. On trouve dans la Légende dorée le récit de nombreux miracles opérés par ces reliques. Citons-en un au hasard. Un noble de Hongrie était venu, avec sa femme et son petit garçon, vénérer les reliques du saint: Et comme l'enfant, tombé gravement malade, était mort, son père porta son cadavre devant l'autel de saint Dominique, et s'écria tout en larmes : « Grand Saint, je suis venu joyeux vers toi, et je m'en vais désole : Je suis venu avec mon fils, je m'en vais sans lui ! Je t'en prie, rends-moi mon fils, rends-moi la joie de mon cœur!» Aussitôt l'enfant se releva, et se mit à marcher dans l'église.

LACOBDAIRE

premier port où notre imagination rencontre l'Italie, la Grèce, l'Asie, tous les lieux qui enchantent la mémoire et tous les noms qui émeuvent le cœur.

l'amitié de JÉSUS

Voici comment saint Jean ouvre le onzième chapitre de son Évangile :

1. Il y avait un homme appelé Lazare qui était malade à Béthanie, dans le bourg de Marie et de Marthe sa sœur.

2. Cette Marje était celle qui oignit le Seigneur d'un parfum, et qui essuya ses pieds avec ses cheveux, et c'était son frère Lazare qui était malade.

3. Les deux sœurs envoyèrent donc vers Jésus pour lui dire : « Seigneur, celui que vous aimez est malade. »

4. En entendant cela, Jésus dit à ses disciples : « Cette maladie n'est pas pour la mort, mais pour -la gloire de Dieu, afin que le Fils de Dieu soit glorifié par elle. »

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