‹ L’Action de l’Hypophyse sur la DélivranceChapitre 10 sur 25 · PHYSIOLOGIE DE LA DÉLIVRANCE · texte numérisé non relu

PHYSIOLOGIE DE LA DÉLIVRANCE

Avant d'aborder l'étude de cette action de l'hypophyse sur la délivrance, nous résumerons les principaux phénomènes physiologiques provoquant le décollement du placenta et des membranes.

Plusieurs périodes se succèdent ; après l'expulsion du fœtus ; une première période de reposdure quinze à vingt minutes : c’est la rétraction de l'utérus, Elle est suivie d’une période de contraction amenant le décollement, puis. l’expulsion du placenta et des membranes.

Dans le premier temps,le muscle utérin ne se contracte pas, il se rétracte de par sa seule élasticité. Pinard et Varnier ont démontré qu'aucun décolle ment nese produisait du fait de la rétraction, détruisant la thèse des anciens auteurs qui attribuaient à la rétraction post-partum la cause du décoliement placentaire.

L'utérus est rénitent et souple, donnant l’impression classique du globe de sûreté. Le fond de l’utérus est situé à un travers de doigt au-dessous du niveau de l’ombilic.

Après cette pause,les contractions réapparaissent,

plus ou moins douloureuses. Elles énucléent le placenta qui se décolle suivant un plan de clivage très variable au niveau de la caduque inter-utéro-placentaire. Une collection sanguine apparaît derrière le placenta qui s’inverse en descendant, hématome peu . abondant qui,normalement, ne provoque ni décollement des membranes, ni augmentation de volume appréciable de l’utérus qui garde la même hauteur.

Le placenta,en descendant, s'engage dans le segment inférieur qui se déplisse,amenant alors une ascension du fond utérin qui dépasse de trois ou quatre travers de doigt le niveau de l’ombilic.

A ce moment, le placenta s’est engagé dans le vagin, se présentant presque toujours par sa face fœtale. Il va être expulsé par contraction des releveurs ou effort abdominal. Le fond de l’utérus se trouve alors à un travers de doigt au-dessous de l’ombilic.

La délivrance a demandé ainsi, laissé strictement à elle-même, un temps variable de trente minutes à deux heures.

Nous allons examiner quelle modification lui fait subir l'extrait hypophysaire.

Dès les premiers travaux sur l’emploi de l'extrait hypophysaire en obstétrique, on avait signalé l’action du médicament sur la délivrance.

De nombreux auteurs prétendaient que les contractions provoquées par l’hypophyse donné pendant le travail se continuaient avec intensité pendant la période de délivrance et que celle-ci était plus précoce.

Pour d’autres au contraire,les injections de pituitrine faites pendant le travail prédisposaient à l'inertie secondaire.

A côté de cette prolongation de l’action du médicament,on expérimenta l’hypophyse dans les retards du décollement placentaire.

Le problème de la délivrance se posait ainsi sous deux aspects :

4 L'action exercée sur l'expulsion de l'arrière faix par l'injection hypophysaire faite pendant le travail.

2° L'action de l’hypophyse injectée après l'expulsion de l'enfant, sur le décollement placentaire.

Ces deux modes d’action sur la délivrance, s'ils

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doivent aboutir au même but, se différencient conplètement quant à leur comportement sur l'utérus et c’est après avoir remarqué les cas heureux de la première question du problème etles déboires de la seconde, que notre attention s’est portée sur ce point encore peu étudié du problème de lhypo-

physe.

I. — L'ACTION EXERCÉE SUR LA DÉLIVRANCE PAR L'EXTRAIT HYPOPHYSAIRE INJÉCTÉ PENDANT LE TRAVAIL

Cette action a eté notée, en bien ou en mal, par nombre d'auteurs.

Stern conclut à une délivrance spontanée, rapide

et sans perte considérable de sang.

Fabre et Rhenter, sur 9 malades traitées pendant l’accouchement ont eu 6 délivrances normales et 3 délivrances artificielles.

Siguret constate que la délivrance s'effectue toujours assez rapidement.

Hofbauer prétend que l’atonie secondaire ne se rencontre que dans les cas où la dose d’ hypophyse injectée a été trop faible. A

Pour Jœger,l'hémorragie est à craindresi unintervalle de plus d’une heure sépare l'expulsion de l'en: fant du moment où l'hypophyse a été injectée.

Delestre signale que la délivrance s'effectue en général plus rapidement quand: on a ‘injecté de l'extrait hypophysaïre au cours duttravail::

P. Burger injecte l'hypophyse vers la fin de la

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période d’expulsion : la délivrance se fait facilement et rapidement.

- Reeb emploie l'hypophyse pour prévenir les hémorragies dans la période de délivrance ; il l’injeete chez les multipares qui avaient eu des hémorragies Par atonie dans les accouchements antérieurs,

Pour Stern, l'injection d’hypophyse pendant le travail accélère la délivrance.

Vayssières prétend que la délivrance se fait en temps normal, ni plus vite, ni plus tard,

Devin, dans sa thèse, signale que dans les accouchements ayec injections d'extrait d’hypophyse, la déliyrance se produiten généralrapidement(1/2heure en moyenne après l'accouchement) et ayec une perte de sang minime (100 grammes environ).

Rübsamen montreque tout dépend du tempsécoulé entre la dernière injection d’hypophyse et la délivrance. Quand ce temps dépasse une heure et demie ou deux heures, l'influence de l’extrait hypophysaire ne se fait plus sentir. Elle est, au contraire, bienfaisante quand elle est faite moins de trois quarts d'heure avant l’accouchement. |

Dans ces dernières conditions, selon Pouliot, la délivrance est toujours spontanée, précoce « et comme on n'est tenté de faire ni expression, ni traction, elle est complète, et les membranes viennent intactes ». D'autre part, ajoute-t-il, « on ne cite aucun fait caractérisé de rétention de l’arrière-

faix. »

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