HISTORIQUE
L'introduction dans la thérapeutique obstétricâle de l'extrait hypophysaire en 1909 parut apporter aux accoucheurs le remède idéal de l’inertie utérine.
Depuis longtemps les procédés simples et les moyens mécaniquesdestinés à lutter contrele fléchissement du muscle ütérin étaient jugés inefficaces.
Parmi les médieaments « ocytociques » l’érgot de séigle, dont on avait tant usé et abusé, était banni, laissant derrière lui la triste renommée d'accidents aussi graves que nombreux ; le sulfate de quinine n'avait qu'une action bien capricieuse.
L’extrait du lobe postérieur d’hypophyse apparut comme le « remède magique » accélérant le travail et abrégeant les fatigues de la parturiente.
Les travaux se succédèrent, prônant les bienfaits du nouveau médicament. Hofbauer, en Allemagne, fit, le premier, un travail d'ensemble sur les qualités ocytociques de l'extrait d’hypophyse, et entraîna la conviction de nombreux auteurs, tant en Allemagne qu'en Angleterre et en France. L'Ecole de Nancy, cependant, avec Parisot et Spire n'obtenait que des. résultats médiocres, mais que l’on mettait sur le
compte de la forme pharmaceutique employée. Et . quelques années plus tard, Pouliot ét Vayssièré, dans les travaux d'ensemble, apportaient le résultat remarquable de léurs expérimentations cliniques. Puis Mandell, Mile Chneërson, précisèrent, dans des travaux très complets, l'emploi et lescontre-indications du médicament.
Enfin, à l'enthousiasme, peut-être excessif, des premiers temps, succéda, après la guerre, la méfiance et la critique qui dévint rapidéméent acerbe. Des statistiques américainés (1) méntionnèrent des désastres consécutifs à l'emploi de l’hypophyse employé sans discérnement par les médecins ét les sages-femmes. Cés travaux éntraînèrent la conviction de la majorité des accoucheurs que l‘hÿpophyse était un médicament dangereux, à supprimer de l’arsenal thérapeutique obstétrical.
Que reprochait-on à l’hypophyse ? avant tout, la contracture de l’utérus,la tétanisation pouvant aller jusqu’à la rupture utérine L
Et les partisans convaincus, les enthousiastes de
la première heure, encore fidèles au médicament, répondaient avec Pouliot et Truchard que ces désastres ne se rencontraient que dans les cas où les médecins ignoraient les conditions indispensables de son emploi : « Bassin normal, présentation longitudinale du fœtus complètement engagée, col souple, segment inférieur très aminci, musculature
1. En particulier un article de Rucken et Haskell, paru en 1921 dans le Journal de l'Association médicale américaine.
utérine non affaiblie par de nombreuses grossesses ou par une opération césarienne antérieure, absence de toute complication cardiaque ou rénale, enfin inertie utérine caractérisée » trop souvent confondue d’ailleurs. avec la contracture.
Et les adversaires publièrent alors de nouvelles statistiques accumulant les catastrophes survenues, alors qu’il n’existait aucune contre-indication à l’emploi de la drogue.
Il n’est pas, dans nôtre intention, de refaire ici le procès de l’hypophyse. Nous voulons simplement rappeler, dans ce court apercu historique, les phases parcourues par ce médicament. Ainsi avertis, nous étudierons un point particulier de son emploi jusqu’alors peu précisé : son action sur le muscle utérin au moment de la délivrance.
HF
Nous rappellerons tout d’abord comment agit sur les muscles l'extrait hypophysaire, sans entrer dans le détail de la physiologie de la glande pituitaire qui a été étudiée longuement par maints auteurs.
L’extrait du lobe postérieur d’hypophyse exerce son action sur la fibre musculaire lisse. Cette action a été reproduite expérimentalement sur des segments d’artère (Pal et Boris), sur les fibres radiés de l'iris (Cramer), sur l’utérus des animaux (Dale), sur la vessie (Frank Hochwart et Frœæhlich). Dale a montré que l’action sur la fibre musculaire lisse ne se fait pas par l’intermédiaire du système nerveux ; l'extrait hypophysaire rend la fibre musculaire plus sensible à ses excitants et en particulier à l’action de sympathique.Haskell et Rucker ont confirmé ces faits sur leurs tracés ; sur l’animal ils ont vu que l'extrait hypophysaire provoque une augmentation persistante du tonus utérin, avec petites contractions superposées. Chez la femme, ils ont observé une augmentation du tonus persistant pendant trentecinq minutes. Les ondes de contraction partent de l'extrémité abdominale de la trompe et se dirigent