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IV. —— GROUPE DES ALCOOLS (Joliy, Politzer

À) ALCOOL ÉTHYLIQUE

Rappelons les expériences de JozrY, sur l'injection intra-péritonéale de quelques gouttes d’alcool éthylique à 60° ou 80°, qui provoque dans le thymus du Rat une onde de pycnoses assez intense, ayant son maximum à la 15° et 18° heure. Une étude plus intéressante pour nous à été faite par Porrrzer, qui à repris les travaux antérieurs de Porowzow et Gurwircx, de More et Kor- FELD. Ën soumettant des larves de Salamandre à l’alcool éthylique, il obtient une chute brusque de l’index mitotique et la cellule ne peut arriver au stade du spirème. Chose intéressante à noter, l’alcool à 5 % provoque en même temps la narcose. C’est la première fois que nous rencontrons cette association de propriétés mito-inhibitrices et narcotiques, que nous retrouverons bientôt.

B) ALcoor, MÉTHYLIQUE

Etudié par Moine et KorreLp, il a une action analogue,

GROUPE DES N ARCOTIQUES

À) L’éraer. — Etudié par NarHaxsox (1900), Wrzson (1901), More et KoRFELD (1925), enfin PoLrTzer, il fait baisser l’index mitotique, avec minimum à la 7° heure, et provoque chez Spirogyra des irrégularités de division, qui furent interprétées au début comme des amitoses.

PB) Le carorororme (WILsoN). — A une action analogue.

C) La cxLoréraone (Moine et KoRFELD, dr trichlorbutylalcool. A la dilution de 1/25° et 1/50° 1 provoque d’abord la narcose, puis des FAURE ee res des cellules au repos (cellules nécrosées, tuméfiées, arrondies) et des pseudo- amitoses, comme te action des rayons X ou du rouge neutre. Les caryocinèses ont des chromosomes allongés et répartis dans tout le cytoplasme.

Porirzer considère qu’à l’inverse de l’auramine, ce corps provoque une dispersion de l’appareil mitotique.

D) L’HYDRATE DE cHroraL (NEMEC, SAKAMURA, VAN REGEMORTER, GAVAUDAN, GARRIGUES). — Le plus important de tous ces narcotiques, dont la cytotoxicologie est connue, est, sans contredit, le chloral. Wasicreskr avait observé son action sur lés racines de Vicia Faba el, cette fois encore, les images observées avaient été prises pour des divisions directes. Nemec (1904) avait bien vu des cellules devenues tétraploïdes par défaut de cloisonnement et des irrégularités caryocinétiques. Mais STRASSBURGER et KempP avaient rejeté cette manière de voir. Reprise par SAKAMURA, puis par van REGEMORTER, elle s’impose avec les recherches ultérieures de Garrr- GUES, GAVAUDAN, Lerèvre. Ces derniers ont établi les lois générales de l’action du chloral chez les Végétaux, mais, à notre connaissance, son effet sur les animaux n’a pas encore été étudié. Voici les caractères généraux de cette action pour des concentrations de. 0,5 % ou 1 %:

a) Macroscopiquement, on observe chez les Végétaux une réduction simple de la croissance, sans aucun de ces signes observés avec la colchicine (renflement subterminal et ébauches radicellaires). L’allongement des racines est inhibé par le

chloral plus que par la colchicine, et leur teinte devient orisâtre, après action du premier.

b) Cytologiquement,

— Jes noyaux au repos sont souvent altérés, irrégulièrement plurilobés et parfois pyenotiques ; leur taille est généralement diminuée et leur réseau chromatique contracté;

— les prophases sont augmentées en nombre et paraissent ralenties, le noyau est À ce moment agrandi et arrondi; les anses chromatiques, plus épaisses que normalement, sont parfois altérées, elles tendent à se grouper au centre du noyau, le clivage peut se faire;

— la métaphase (pseudo ou stathmo-métaphase) est caractérisée par l’inhibition du fuseau;,les chromosomes déjà clivés peuvent dont être en nombre double, toujours disposés sans ordre régulier; ils sont parfois entourés d’une zone de protoplasme hyalin, rarement ils sont en croix ou en X. Au début de l’action, ils représentent « une plaque équatoriale terminée allant commencer l’anaphase, mais arrêtée et modifiée par l’action du chloral ». Et, dit Gavaupan, « on a l'impression qu’avec le chloral les mitoses sont restées fixées au stade où les a laissées l’action de la drogue »;

—— l’anaphase est généralement inhibée. On peut cependant observer un déplacement des chromosomes, qui se passe toujours dans la zone hyaline, mais se fait sans la présence du fuseau;

— la pseudo-télophase ou stathmotélophase est rare, si on laisse le matériel sous l’influence du toxique; elle

reparaît, si on la replace en milieu normal (liquide de Knop) ;

— le cytoplasme, enfin, n’est pas égargné: le chondriome et les leucites de la cellule vég étale sont progressivement détruits.

Van RecGemorrer a observé des modifications dans la polarisation de la division, la plaque équatoriale étant perpendiculaire à ce qu’elle était normalement, ce qui aboutit à des cloisonnements anormaux ou obliques: il conclut que ce poison, agissant sur la polarisation de la prophase (d’où l’aspect sphérique de celle-ci), il en résulte une halte à la métaphase et la substance fusoriale, quand elle n’a pas été dissoute, persiste autour des chromosomes pour constituer une zone hyaline, ce qui n’empêche pas l’achèvement du clivage sans fuseau. Il arrive qu’on observe plusieurs centrosomes à la fois, qui peuvent aboutir à des mitoses multipolaires : ce serait un indice d’un retour à la division normale.

SAKAMURA ajoute des notions du plus haut intérêt — quand l’agent toxique agit fortement, les chromosomes forment un amas serré ; — quand il cesse d’agir, ceux-ci se délient ; — quand il agit faiblement, il n’y a pas de zone hyaline. Ces éffets sont beaucoup moins évidents que ceux de la colchicine. S’ensuit-il que le chloral soit moins tokique? Pas du tout. GARRIGUES remarque que la première a des effets itératifs, c’est-à-dire se reproduisant au même moment de la division, mais sans empêcher l’entrée en prophase et le renouvellement de la mitose: le second, au contraire, est beaucoup trop toxique, ses seuils d’action et de toxicité sont trop voisins, il inhibe trop brutalement le mécanisme de la division pour que son effet soit itératif. Cette opinion est confirmée par son action sur le chondriome, que ne possède pas la col-

chicine. C’est un « poison de la structure », tandis que la colchicine est un « poison du fonctionnement»; le premier aboutit tout au plus à la tétraploïdie, et encore rarement; la seconde peut obtenir des polyploïdies à chiffre plus élevé et des noyaux géants. Par contre, la colchicine accélère la différenciation cellulaire, tandis que le chloral altère la cellule, sans la pousser à se différencier.

= Nous connaissons chez les animaux un travail de WiLzson, qui a obtenu chez les Eponges (Microciona) la fragmentation du syncitium épidermique en zones ayant un faux aspect de cellules, et cela par dégénérescence vascuolaire du protoplasma entre les noyaux, qui peuvent d’ailleurs dégénérer à leur tour. La chlorethone a un effet semblable, preuve supplémentaire de l’action de ces deux corps sur le cytoplasme, qui est due vraisemblablement à un phénomène de surface.

Avant de quitter ce groupe de substances narcotiques, dont certaines (vératrine, nicotine, morphine) sont encore en cours d'étude, il faut signaler d’intéressantes analogies :

a) Comme pour les huiles et les corps gras, On a pu attribuer leur action à une « déshydratation du kinoplasme » (SxiGenaGa), à une influence sur Pactivité de certaines déshydrogénases (Lerèvre), à un abaissement de la viscosité protoplasmique, empêchant les variations cycliques de cette dernière, au cours des différentes phases de la mitose. Beams et Kinc ont montré pour la colchicine que la centrifugation déplaçait davantage les chromosomes des cellules lésées, que ceux des cellules normales.

Nous retrouverons des analogies parallèles, en étudiant les carbures mito-inhibiteurs ;

b) Il faut rapprocher de cette propriété du chloral son effet narcotique, qui est certainement en rapport avec une action sur les cellules nerveuses, par inhibition de l’influx nerveux. Cette action est peut-être d’ordre physique. Notons, dès maintenant, la répétition de ce fait, que nous retrouverons encore à propos des

carbures mito-inhibiteurs.

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