I. - Applications à la Tératologie expérimentale
Au même moment, AncEz et Suzanne LaLLEMAND en France, G.-H. Parr en Amérique, ont eu l’idée d’observer ce qui se passe, si l’on fait agir la colchicine sur des embryons de Poulet très jeunes.
Lés auteurs français, avec une dose minimum mortelle de 25 dixmillièmes de milligrammes, ont obtenu, soit une lordose de la partie moyenne du corps de l’embryon, par relèvement de la région caudale, soit, à un degré plus avancé, une cœlosomie totale, c’est-à-dire un aspect de l’embryon où les viscères sont à nu, par éversion de la paroi abdominale. Parfois, les parois ventrales éversées se continuent avec l’amnios, formant avec lui une cavité dorsale où se logent les membres. Cette
malformation, qui apparaît spontanément chez les Bovi-
‘dés, mais qui n’est pas connue chez les Oiseaux, s’ob-
serve chez l’embryon de Poulet, à la quarante-huitième heure de l’incubation, et chez 26 % des animaux colchicinisés. | SES
Chez les embryons plus âgés, on obtient, cinq heures
après, une lordose simple. Evidemment, on trouve chez
eux des mitoses bloquées à la métaphase, surtout dans le tissu nerveux — observation que nous ferons plus tard chez les embryons de Batraciens. Si l’on examine les embryons 24 heures après l’injection de colchicine, toutes les einèses-sont en pyenose, particulièrement dans les régions sensibles aux toxiques, c’est-à-dire dans le renflement caudal, le tube neural, les derniers somites, l’ectoderme et la somatopleure. Parfois, l’incurvation dorsale n’existe pas, mais seulement la déhiscence de la paroi ventrale: on dit alors que l’embryon est cælosomien. Ce type de déformation a été obtenu dans 45 % des cas.
Parr, travaillant sur des embryons du même âge, obtient chez un petit nombre d’entre eux l’apparition de plusieurs tubes neuraux et d’un renflement de l’épiderme, où la colchicine fait apparaître de nombreuses mitoses, ce qu’il interprète comme une preuve de l’action excito-mitotique. Il observe aussi des torsions, qu’il attribue à un développement excessif et retrouve à peu près les mêmes zones de mitoses bloquées que celles qui sont signalées par les auteurs français (avec en plus les ares branchiaux, le raphé amniotique, la vésicule auditive). :
La critique qu’on peut faire à ces expériences est basée sur l’existence de traumatismes, que la meilleure
technique ne peut éviter, surtout dans des tissus si délicats. Ces petits chocs peuvent faire apparaître des zones de cicatrisation, qui seront plus tard le siège de régénération et, par conséquent, montreront des mitoses bloquées. Enfin, remarquons que des deux groupes de travaux que nous venons de citer, l’un conclut à l’excitation, l’autre à l’inhibition de la mitose.