‹ Lady Georgiana FullertonChapitre 162 sur 196 · MÉCOMPTES · texte numérisé non relu

MÉCOMPTES

Plus d'une fois pendant cette période, il fut question pour eux de retourner à Rome, mais une série d'obstacles fortuits empêcha toujours l'exécution de ce projet. La parfaite résignation de Georgiana, dans les plus petites comme dans les plus grandes choses, devait être particulièrement mise à l'épreuve à l'occasion des pèlerinages qu'elle aurait eu le plus à cœur d'accomplir.

Entre tous, on peut se figurer si celui de Rome fut de ce nombre ! Rome ! où tant d'événements importants et douloureux s'étaient accomplis depuis qu'elle y avait séjourné pour la dernière fois. Rome ! où il lui eût été si doux d'aller porter aux pieds de Pie IX l'hommage filial d'un dévouement redoublé par ses épreuves, et par le besoin de réparer par un surcroît de respect les outrages et les amertumes dont les dernières années de son pontificat furent abreuvées. Ce désir était partagé par son mari, mais il ne se réalisa pas. Plu-> sieurs fois ils se crurent acheminés vers Rome, mais toujours une cause indépendante de leur volonté les obligea à s'arrêter et à rebrousser chemin.

Il en fut de même plus tard, nous le savons, pour le pèlerinage de Lourdes. Mais en ces occa« sions comme en toutes, Georgiana ne se servit de ces contrariétés que pour acquérir aux yeux de Dieu le mérite d'une joyeuse obéissance. Ce mérite, elle l'eut une fois de plus en quittant

vers 1873, pour n'y plus revenir, la demeure si aimée de Slindon. A dater de cette époque M. FuUerton et Lady Georgiana passèrent tous leurs hivers à Bournemouth, situé non loin de Southampton, sur la côte sud-ouest de l'Angleterre, où le climat et l'air sont d*une douceur et d'une pureté singulières.

Pendant quelques années leur établissement n'y fut que provisoire. Mais, en 1877, ils y firent l'acquisition d'une petite propriété, nommée Ayrfield, dont le site n'était point l'un de ceux auxquels Bournemouth doit la réputation qui y amène^ et le charme qui y retient chaque année tant de visiteurs, mais c'était une douce et paisible retraite à laquelle elle s'attacha en l'habitant; d'autant plus qu'elle y eut le privilège inestimable de posséder pour la première fois, sous son toit, une chapelle oii le Saint-Sacrement était présent. Aujourd'hui ce lieu est devenu cher à tous ceux qui l'ont aimée, car ce fut là qu'elle acheva sa vie et qu^avant de mourir son âme exhala ses derniers parfums !

En revenant maintenant aux détails de la période dont nous venons d'esquisser l'ensemble, nous allons encore puiser dans sa correspondance toujours active avec son frère.

La lettre que l'on va lire fut adressée à M. Leveson par sa sœur, après une discussion qu'ils avaient eue ensemble sur le sujet de la noblesse du sang

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