‹ Lady Georgiana FullertonChapitre 72 sur 196 · LB MÊME A LA MÊME · texte numérisé non relu

LB MÊME A LA MÊME

Chère Dody, je voulais aller vous voir aujourd'hui à FernHill^, Mais je viens de voirLeveson* qui veut que j'aille au Stud House. Mais je vous y verrai mercredi, je suis horriblement pressé et n'ai que le temps de vous dire que votre triomphe est complet et que vous devez avoir la tête un peu tournée.

1. Lieu aux environs de Londres, habité par Lady Granville, et où Lady Georgiana allait souvent séjourner avec sa mère.

2. Devenu Lord Granville par la mort de son père, mais auquel ses parents et amis continuaient, dans l'intimité, à donner le titre] qu'il avait porté jusque-là. Il était alors grand veneur. Le Stud House est une habitation près de Windsor, qui appartient à ceux qui sont revêtus de cette charge pendant le temps qu'ils l'exercent.

FANNY KEMBLE S3i

Vous avez lu V Examiner , et je pense aussi VAthe^

neum, qui, quoique un peu moins flatteur. Test cependant beaucoup aussi, et dont les critiques vous seront utiles à lire. Nous causerons de tout cela mercredi... Quel plaisir cela me fera aussi, de me retrouver avec la chère Susey ! A vous affectueusement, H. G.

Je vous envoie ci-inclus la lettre d'une de mes amies.

DE FANNY KBM)bLB (Conteaue dans la lettre d'Henry GroTille *.)

Je viens d'achever le premier volume de Grantley

Manor, J'en suis charmée ; je le préfère infiniment à Ellen Middleton. Je l'ai lu pendant tout le temps de mon dîner, et les yeux si attentivement fixés sur ses pages que j'ai porté à mes lèvres mon pot de moutarde au lieu de mon verre de vin de Bordeaux, que j'avais voulu prendre sans lever les yeux I

II faut avouer pourtant que pour dernière lecture, le soir, je préfère Grote^, car quand j'arrive au bout d'un de ses chapitres, j'ai tout juste le temps de prendre mon éteignoir et je suis endormie presque avant d'avoir pu le placer sur ma lumière, tandis qu'hier au soir j'ai lu jusqu'à la moitié de la nuit Grantley Manor, et que je suis demeurée éveillée à

y penser pendant l'autre moitié Celle qui écrit un

pareil livre doit être bien charmante !

(Quelques heures plus tard).

Tenez, je vous le renvoie, j'ai tant pleuré que j'ai très mal à la tète. C'est un livre magnifique et incomparablement supérieur au premier,

1. On sait assez qnelle était, comme critique» la valeur de son opinion, pour n'avoir pas à en relever l'importance. . 2. Histoire de Grèce.

La lettre que l'on va lire fut adressé à Lady Granville par Miss Berry, l'amie, alors déjà octogénaire, d'Horace Walpole, contemporaine des hommes célèbres de la fin du siècle dernier et du commencement du nôtre, qu'elle sut, pendant de longues années , grouper autour d'elle dans un salon fort modeste, mais devenu ainsi le rendezvous de tous les beaux esprits et de tous les hommes politiques d'une période, où le siècle qui s'achève était plus riche, à cet égard, qu'il ne l'a été depuis. Son nom figure dans tous les écrits qui conservent la mémoire de ce monde disparu. A ce titre, nous ne voulons pas omettre, ici, le témoignage apporté par elle à l'auteur de Grantley Manor; et d'ailleurs cette lettre dépeint Georgiana elle-même d'une façon intéressante.

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