Grantley Manor^ vol. I, p
238 CHAPITRE IX — (i 846-1848)
du talent. C'est parce que les ouvrages de Lady Georgiana abondent en passages de ce genre, et qu'à cet égard ils ne ressemblent à aucun de ceux de ses plus illustres devanciers, que leur retentissement fut si grand à leur apparition, et qu'après quarante ans écoulés, leur intérêt dure encore, sans que la renommée de leur auteur se soit à peine affaiblie.
RéTolution de Paris. — Visite de lady Georgiana au roi Louis- Philippe et à la reine Marie- Amélie à Ciaremont. ^ Manifestation des chartistes à Londres, le 10 arril. — La princesse de LieTen. -^ M. Guizot. -^ Lettre du duc de Broglie»
Mais l'esprit public fut bientôt occupé d'événements si graves, qu'il n'y eut plus aucune place pour des préoccupations littéraires, et assurément Tune des plus promptes à les mettre de côté, ce fut Georgiana elle-même. La Révolution de 1848, c'était la foudre éclatant dans un ciel serein, et tombant sur tous ceux qu'elle avait connus, sur le pays qu'elle aimait, sur les lieux qui lui étaient le plus chers ! et, après tant d'autres secousses, si le souvenir de celle-là est encore vivant dans quelques esprits, ils se rappelleront qu'au premier moment l'effondrement de la France sembla précéder celui de l'Europe tout entière I
On devine quelles furent les émotions qui accompagnèrent pour Georgiana cette accablante surprise, et avec quelle anxiété elle attendit les nouvelles de France; mais jamais le vrai et le faux ne se trouvèrent plus confondus que dans les premiers récits de la catastrophe du 24 Février qui parvinrent au dehors.
Les lettres de Lady Georgiana reflètent les bruits qui circulaient, les nouvelles plus ou moins exactes que les amis dispersés se transmettaient les uns aux autres , et elles ont l'importance historique de tout récit écrit à la date même des événements qu'il retrace. Il est intéressant aussi de voir comment ees terribles événements étaient appréciés par une étrangère, sincère amie de la France, et qui les jugeait de loin, avec une pleine connaissance du pays où ils s'accomplissaient. Hélas! que de douloureuses réflexions ce rapprochement entre le passé et le présent fait naitre!...