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INTRODUCTION

Les vases qui font l’objet de cette étude forment une série homogène et nettement caractérisée. Ce sont des œnochoés d'un type particulier, inconnu à l’époque classique, et que désignait spécialement, comme j'espère le prouver, le nom de Agyuvos. Un enduit blanc les recouvre, laiteux et lustré, sur lequel se détachent de légers motifs, peints d’une couleur unique mais nuancée.

Le lagynos hellénistique méritait quelque attention, à plusieurs titres; non pas seulement pour l'originalité de sa forme et de son décor, mais parce qu'il y est fait d’assez nombreuses allusions dans les textes historiques et littéraires. Comme accessoire et symbole d'une certaine sorte de banquet, il intéressait spécialement les auteurs de comédies et d’épigrammes. Plusieurs pièces de l’Anthologie lui sont dédiées et trouveront dans les pages suivantes leur commentaire archéologique.

Comme type céramique, le lagynos nous montre, aux derniers siècles avant notre ère, la survivance d’une très ancienne technique, celle du décor brun monochrome sur enduit blanc. La peinture de vases à fond clair, à laquelle s'oppose le style dit de Gnathia, comporte alors trois variétés principales, également répandues, semblet-il, dans tous les pays de culture grecque:

1° Le décor brun monochrome peint, non pas sur enduit, mais à même la terre; surtout représenté par des

vases béotiens, apuliens et par la série des hydries funéraires d'Hadra, portant des inscriptions”.

> La peinture polychrome sur couverte blanche, dont les plus beaux spécimens appartiennent à une autre série d’hydries alexandrines? et à la fabrique chyprioteÿ.

3° La peinture monochrome, brune, sur couverte, représentée par nos lagynoi.

Leur ornementation, comme leur forme et leur technique, assigne à ces derniers vases une place distincte dans la poterie hellénistique. Elle n’a son équivalent exact dans aucune autre série. Si l'exécution est en général peu soignée et ne révèle jamais la main d'un maître, l'examen des motifs et de la manière dont ils sont traités ne laisse pas d’intéresser l’histoire de l’art ornemental.

Sans qu’elle passät tout à fait inaperçue, cette sorte de vases n’a pas encore été spécialement étudiée. Les séries archaïques ont longtemps accaparé l'attention et fait du tort aux plus récentes. Divers Musées d'Europe possèdent de longue date des lagynoi à fond blanc, dont bien peu toutefois ont eu les honneurs d’une publication. Ce sont Dennis‘ et Brongniart qui les premiers firent reproduire des exemplaires de ce type céramique. Plus lard Stephaniô en signalait quelques autres, mais d’une technique anormale et qui ne comptent pas parmi les plus caractéristiques. Un assez beau lagynos du Musée de Vienne figure aussi dans le catalogue de Masner’:

1. Cf. Pagenstecher, Amer. Journ. of Archaeol., 1909, p. 387 et suiv.

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