SCÈNE V
LAKMÉ, NILAKANTHA, puis La Foule,
NILAKANTHA.
C'est un pauvre qui mendie, Une diseuse de chansons...
Cette foule étourdie S'éloigne quand nous passons!
Sous ce vêtement misérable Voit-on le justicier qui poursuit un coupable ? Ces Anglais sentent-ils tout leur sfl'jg se fige En lisant sur mon visage Que je vais me venger?
Brahma nous défend-il d'oublier un outrage ?
NILAKANTHA.
L'outrage d'un étranger l
Lakmé, ton doux regard se voile, Ton sourire s'est attristé, Comme on voit pâlir une étoile Une ombre assombrit ta beauté.
C'est que Dieu de nous se retire, C'est qu'il attend la mort du criminel. Mais je veux retrouver ton sourire Et dans tes yeux je veux revoir le ciel !
Le cœur rempli d'ardentes fièvres J'ai voulu t'écouter dormir. Un rêve passait sur tes lèvres Et je voyais ton front rougir.
C'est que Dieu de nous se retire, C'est qu'il attend la mort du criminel. Mais ie veux retrouver ton sourire Et dans tes yeux je veux revoir le ciel !
Ah ! c'est de ta douleur que je me sens émue, Ma gaîté reviendra, vois, elle est revenue,
NILAKANTHA.
Si ce maudit s'est introduit chez moi, S'il a bravé la mort pour arriver à toi, Pardonne-moi ce blasphème, C'est qu'il t'aime!