‹ LamartineChapitre 12 sur 38 · AVANT-PROPOS. XVII · texte numérisé non relu

AVANT-PROPOS. XVII

faire notre devoir c'était de ne point abaisser Tesprit de la France, de continuer notre œuvre au bruit du canon, dans nos maisons qui, après tout, pouvaient à chaque instant tomber en ruines. Ces cinq mois compteront peut-être à ceux qui, avec une modeste fermeté, sans s'interrompre un moment, sans illusions, sans forfanterie, ont fidèlement monté leur faction sous le drapeau du patriotisme et des idées justes. Combattre par les armes, c'était beaucoup sans doute, c'était digne de nos soldats et de leurs chefs, qu'on exaltait en ce temps-là, dont on s'est plu depuis à diffamer tous les efforts. N'était-ce point aussi quelque chose de surmonter les émotions de la lutte, les incertitudes poignantes de l'isolement, le dégoût des séditions intérieures, les impossibilités croissantes, quelquefois la

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maladie, pour tenir jusqu'au bout, pour reprendre chaque jour ce travail de l'esprit qui avait à peine une chance de touver un écho dans le monde? Et ce n'était pas toujours facile, même matériellement, dans cette vie de siège dont on pressentait la limite, où tout s'épuisait à la fois, où les influences décourageantes venaient si souvent glacer les espérances et les résolutions. J'en appelle aux souvenirs de nos compagnons de combat et de misère, à la Revue des Deux-Mondes , où ces pages paraissaient avec quelques autres. Je pourrais en appeler aux souvenirs de tout ce monde intelligent de Paris qui se faisait un honneur de ne point interrompre son œuvre, de ne point abdiquer devant l'ennemi campé sur nos collines.

Certes, ce nesl pas le moment des

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