‹ Lamartine et ses amisChapitre 16 sur 29 · AVANT-PROPOS. XXVI I · texte numérisé non relu

AVANT-PROPOS. XXVI I

« ... Rendez- VOUS compte, dans un cas pareil^ de ce qui se passerait dans Paris. Comment défendrez-vous à la fois vous et vos remparts contre iétranger, lordre public, les fortunes, le seuil^ la vie des citoyens contre la masse turbulente qui aura reflué dans vos murs? Les approvisionnements seuls^ je me suis fait faire un tableau de ceux qui seraient nécessaires pour une pareille multitude, cela fait reculer le calcul; mais j'admets que vous puissiez nourrir cette multitude, comment contiendrez-vous le moral de cette population dans des circonstances semblables?

Comment, dans une ville entourée d'ennemàs, sans communication avec les départements, contiendrez-vous une masse de deux ou trois cents mille prolétaires sans travail? Voilà vos rues sans circulation, vos fleuves sans navigation; voilà

XKVIir AVANT-PROPOS.

le gouvernen:ent sans cesse en butte à des assauts toujours renaissants....

«« Comment contiendrez-vous le moral d'une population placée dans des conditions de turbulence et d'émotion pareilles? Quel sera le gouvernement, quelle sera la force publique qui pourrait y résister ? Comment I voilà une population composée à moitié de femmes, d'enfants, de ^•ieillards. Les tableaux de vos hospices, les statistiques de votre armée démontrent qu'au bout d'un certain nombre de jours il y aurait quatre-vingt-dix mille malades. Voilà une population qui, pour toute distraction^ n'aurait que des rumeurs et des nouvelles sinistres !.. Je dis qu'il n'y a pas une pensée prévoyante, qu'il n'y a pas une imagination vraie qui puisse se porter sur les tableaux d une situation pa-

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