Le Passé, Nouvelles Méditations, i-ii
de sembler incohérents : « Arrêtons-nous sur la colline », dit le poète en ouvrant une méditation,
Arrêtons-nous sur la colline^ à l'heure où, partageant les jours, V astre dn matin qui décline, semble précipiter son cours;
et pour finir :
Levons les yeux vers la colline où luit rétoile du matin '■.
Mais cette incohérence du paysage est toute superficielle. L'effet général n'est point désharmonique, parce que l'évolution des sentiments a préparé le renouvellement du décor. L'ensemble, dans sa fluidité légère, offre une traduction subtile de cet état d'âme en mouvement qui commence par la lassitude et finit dans la confiance. La mélancolie du passé s'arrête sur la colline pour regarder ces jours de joie, rapides et fugaces, disparaître vers le couchant. L'espérance de l'éternité s'arrête au pied de la colline, pour contempler le lever de l'aube, l'aube de cette splendeur divine
qui n'a ni zénith ni déclin;