‹ LamartineChapitre 46 sur 46 · CONCLUSION · texte numérisé non relu

CONCLUSION

vieillie : « Vous êtes toujours le Roi^ »1 C'est par cet amoureux hommage que tous ceux qui l'ont approché, ou qui ont vécu dans l'intimité de son œuvre, terminent tous leurs discours sur lui. Il est beau de les voir, si différents qu'ils soient par ailleurs, s'incliner dans une acclamation unanime devant celui qu'ils sentent si grand. Il est beau de voir les artistes les plus impeccables, les plus précieux, les plus rares, — un Heredia par exemple, — admirer avec une tendresse toute filiale ce poète sans art, et saluer en ce nouvel Orphée « le héros moderne " » . Car c'est là son signe à lui, qu'on ne puisse l'admirer sans l'aimer^. D'autres conquièrent l'admiration de haute lutte, ou l'imposent par l'énormité même de leur génie ; l'admiration qu'on donne à Lamartine est une admiration affectueuse, qui se sent séduite, et qui ne peut se détacher ; c^est aussi une admiration reconnaissante, où nous lui disons merci pour (nous avoir révélé dans ses vers le mystère de nos propres cœurs] et plus encore peut-être pour nous avoir montré dans sa vie diverse, et toujours belle, un

1. Charles Alexandre, Souvenirs sur Lamai-tine, op. cit., 381.

2. Discours de réception à l'Académie française, édit. cit., 20.

3. Lettre de Lacretelle à Lamartine, 4 avril 1847, Lettres a Lamartine, édit. cit., 229 : « Qui vous admire vous aime ».

exemplaire de très noble humanité. Il est, de tous les poètes français, — sans excepter Racine, et pourtant ! — celui qui a fait avec le plus d'élan, de magnificence, de générosité « le métier de vivre, triste et beau métier^ » !

I. Lettre à M. Dubois, ii août 1850, Correspondance, IV, 327.

Page 1