‹ Lamartine: poète lyriqueChapitre 120 sur 218 · Souv. et Portr., t. I, p · texte numérisé non relu

Souv. et Portr., t. I, p

tude les appels des urnes et les bruits de Dieu. Les poètes sont « ceux qui ont l'oreille plus fine que les autres et qui entendent Dieu h travers ses œuvres 1 . » Ces sons et ces reflets, ces images et ces parfums sont les manifestations de la vie subtile qui s'agite dans les profondeurs du paysage, et dont la projection produira l'œuvre poétique de Lamartine.

Cette existence est tantôt calme dans les ténèbres, tantôt ardente. Le flambeau intérieur n'éclaire pas toujours ces tableaux mouvants. Il s'éteint spontanément ou se rallume, selon que le poète se laisse prendre aux incidents de la vie extérieure ou aux charmes de la vie du rôve. Quand sa lumière s'efface, elle anéantit les beaux mensonges qui tiennent nos désirs en éveil :

Quand le bonheur n'a plus ni lointain ni mystère, Quand le nuage d'or laisse à nu celte terre, Quand la vie une fois a perdu son erreur, Quand elle ne ment plus, c'en est fait du bonheur 1 .

Alors le poète éprouve le regret du passé, la nos-

. 1. Nouv. Méd. % La Solitude Commentaire.

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