Ch, Sun Ange, 8 e vision
8ubb'me se dégage de cette vision. Le sublime de la Bible réside en effet dans le contraste sans cesse éclairé de la toute puissance de Dieu et de la fragilité dès créatures. D'une part l'action souveraine de Jéhovah, l'éclat de son verbe, les miracles de son intervention ; d'autre part l'humilité de la nature, ses agitations et ses tremblements, l'attitude incertaine de sa matière infiniment méprisable. Job, David et les Prophètes sont exaltés par la vue de ce contraste, et ils le marquent dans des raccourcis d'expression, d'un jet direct et impétueux. Certaines phrases, très courtes, sans épithète, ont une envergure immense. La force de l'expression est tout entière dans le verbe qui élargit la sensation et la rend démesurée cotnme l'action divine, ou dans l'image, sobre et forte, qui se dresse brusquement en lumière, éclairant les misères de la créature.
« Cieux, entendez ma voix; terre, écoute les paroles de ma bouche 1 . »
Lamartine dit aussi énergiquement :
Sous les pieds de vos rois, terre, remuez-vous 1 .
Les éclairs sont les regards de Dieu qui dans sa colère foudroie l'univers.