Reg. l'en. Comp., II. fol. I'20, r». Séance du 23 avril
Si des Registres de la Compagnie nous passons aux lettres ou dédicaces d'ouvrages de Daneau se rapportant à cette époque de sa vie, nous constaterons qu'elles nous apprennent bien peu de chose ^ur lui; il semble y avoir évité à dessein de parler de lui-même ou des siens.
Nousy voyons cependant qu'il regrettait beaucoup la France, à laquelle il réserve une place dans presque toutes ses lettres; parfois aussi il se plaint des ennuis qu'il a à supporter^ .
Cet amour pour son pays se reportait sur les réfugiés français. Tantôt nous le voyons dédier un ouvrage soit à un souverain, soit à tel personnage important, parce qu'ils ont bien reçu les réfugiés; tantôt c'est une communauté tout entière, comme celle de l'église française réfugiée de Baie, par exemple, qu'il recommande à ses correspondants '^
Ses lettres nous le montrent encore entretenant des relations avec un certain nombre d'hommes distingués, parmi lesquels nous citerons comme ayant été le plus liés avec lui. Th. de Bèze et le consul Roset^ Gomme tous les professeurs, il avait des pensionnaires. Il eut entre autres deux hommes dont nous aurons à parler plus tard, Bastingius et Vulcanins. Il paraît avoir également eu chez lui un jeune parent, dont il parle
1. Voy., par exemple, la lettre à Grynée, de Bàle, iio 29; celle àZanchius du 9 mars 1577, où il dit : Prœterea tanta rerum pertuvbalio in nostra Gallia accidit,iU penede re alla nalla, quam de miscrrimo illius statu {vincit cnim amor patriae, ut tiite scis caeteros) cogitaremus, quem neqiie satis animo possumus assequi, neqiie verbis exprimere, nequc denique deflere, atqiie dc- 'plorare. — Quant aux ennuis, voy. lettres à Daniel, no 25, et à Grynée, n" 29.
2. Voy., par exemple, la dédicace de l'ouvrage : Parai itla in D. Augustin! tomos duos prœcipuos, etc., et celle du Commentaire sur VEnchiridion de S.Augustin, aux.n^^ 7 et 22 de la Bibliographie. — En ce qui concerne l'Église de Bàle, voy. lettre à Grynée, n° 32, et lettre à Musculus, n" 33.
3. Pour les relations avec Roset, (jue M. H. Fazy (o/;. cit., p. 2i) appelle : € It; négociateur le plus qualifié de son temps », voy. lettres à Musculus, du 4 novembre, 1578, et du 10 décembre même année, aux n»' 35 et 36. — Pour ses relations avec de Bèze , voy. au n" 46 la lettre de celui-ci aux magistrats de Leyde.
sans le nommer dans une de ses lettres à Grynée \mais dont nous croyons avoir retrouvé le nom sur le registre d'immatriculation de l'Université de Bâle^ . Eniin, dans la troisième partie de cette étude, nous verrons qu'il correspondait d'une manière plus ou moins régulière avec plusieurs théologiens marquants du xyi*" siècle.
Nulle part nous n'avons pu trouver de détails sur l'objet et la nature de son enseignement. Il comprenait sans doute diverses disciplines théologiques; mais comme ses ouvrages les comprennent à peu près toutes, il est assez difficile de faire un choix. Au reste, à cette époque, l'enseignement de la théologie était plutôt fait en bloc, et par un ou deux professeurs seulement, que divisé en spécialités, chacune représentée par un professeur particulier. C'est ainsi que nous le verronsàLeyde seul professeur ordinaire pour la théologie. Quant à ce qu'on pourrait appeler le côté matériel de son enseignement, nous savons que suivant l'usage d'alors, usage qui d'ailleurs ne s'est pas perdu partout, — ce qui ne nous semble nullement regrettable, — Daneau lisait ses cours. Ajoutons qu'il les lisait trois jours par chaque semaine où il enseignait, c'est-à-dire de deux l'une ^ . On lit en effet dans ï Ordre du collège de Genève^ que