‹ Lambert DaneauChapitre 50 sur 136 · MO · texte numérisé non relu

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cette ville, a paru en 1854 dans le Bulletin de la Société de l'histoire du Protestantisme français ^ . Nous y renvoyons le lecteur désireux de détails plus amples que ceux que nous donnons ici. Il nous suffira de dire que l'Académie d'Orthez n'était que la continuation du Collège de Lescar. Jeanne d'Albret avait d'abord voulu se borner à modifier le personnel enseignant de ce collège, et remplacer ses professeurs, très catholiques comme la ville elle-même, siège de l'un des deux évêchés du Béarn ^, par des professeurs évangéliques. Les habitants de Lescar ayant refusé, Jeanne d'Albret se décida, dès 1564, à fonder la nouvelle Académie. Elle ne fut cependant instituée qu'en 1566. Dès le début, la reine voulut en faire une Académie importante oii l'on enseignerait la théologie, la philosophie, les mathématiques, sans parler des langues hébraïque, grecque et latine.

L'Académie serait certainement devenue très prospère sans les circonstances politiques et les tiraillements constants, pour la posséder, entre Lescar et Orthez, qui en arrêtèrent le développement.

Cependant en 1583, elle était très florissante. Henri de Navarre l'érigea (sept. 1583) en Université ■% confirma les privilèges octroyés par sa mère, et y ajouta le droit de conférer les

l. Bulletin, etc., ill., 280 el suiv.

"1. Lescar est une petite ville à 7 kilomèlres de Pau. De sou ancieune splendeur, il reste encore une belle église; de son ancienne importance, rien.

3. Avant cet édit du mais de septembre 1583 (si réellement il est bien de celte époque), Henri do Navarre avait donné uu grand développement à son Académie d'Orthez. Voici, en effet, ce que dit Uaneau, dans la dédicace de son Recueil d'Opuscules, et à la date du h' août ir)83: NihUpotuit, Viri Clarissimi (il s'agit des professeurs de l'Académie d'Orthez), mihi contingevc optalins, quant ut ad vos vestramque iUainjamcelebreni Acadciniaui a Patent iss. Principe et vere Christiana illa Johanna d'Alliret Navarreiiorum Rer/ina primuni conditam, post autem a Sereniss. Henrico Borbonioillius filio et tum pietatis tumRegni liœrede locuplctatnm aucfnmque evocatus, et nunc primum adccniens^ cum hoc omnium Opusculorum nostrornm Theologicorum munusculo' accéder cm, vosque salntarem. »

grades de bachelier, licencié et docteur, pour toutes les facultés de sciences, de droit, de médecine et surtout de théologie. 11 accorda aussi des privilèges aux libraires qui voudraient venir s'y étabhr, et fonda une bibliothèque royale dans les bâtiments de l'Académie. Ajoutons que le premier imprimeur — dit imprimeur du roi — de l'Université d'Orthez, se nommait Louis Rabier* . Le premier ouvrage sorti de ses presses à Orthez paraît avoir été. la traduction en béarnais du Psautier, faite parle ministre Arnaud de Salette. Il l'édita en 1583. Il édita également en 1588 et en 1590 deux ouvrages au moins de Daneau, dont on trouvera l'indication dans la partie bibliographique de notre travail- .

M. Lourde-Rocheblave cite dans sa notice sur l'Académie le nom de plusieurs professeurs qui y enseignèrent. Nous remarquerons parmi les prédécesseurs de Daneau dans l'enseignement de la théologie , Pierre Viret, qui mourut à Orthez en 1571, et Nicolas des Gallars, S'deSaulles. Au nombre des régents en fonctions lorsque Daneau arriva, se trouvaient Jean Fauga, Etienne de Garthié,Gratien de Saint-Gaudens et autres. Enfm comme collègues dans le ministère, il trouva les pasteurs Solon et Sonis. Ce dernier fut parrain du premier enfant (Théodore) qui naquit à Daneau à Orthez, et que Solon baptisa. Plus tard, lorsque naquit Josias Daneau (1587), ce fut Sonis qui le baptisa ^ .

1. Si l'on en croit M. H. Ilerluison, ce même Louis Rabier avait été imprimeur à Orléans. Voy. Recherches sur les imprimeurs et libraires (T Orléans (Orléans, H. Herluison, 1868) p. 34. — Un autre Louis Ilabier, fils du précédent, peut-être, — car il paraît difficile que ce soit le même — fut imprimeur à Montauban à la fin du xvi" siècle. — 11 se pourrait aussi que le Louis Rabier de Mor tauban fût le mêrtie que celui d Ortliez ; mais il semblerait alors plus naturel de supposer qu'il s'agit d'un fils de l'imprimeur d'Orléans, qui imprimait déjà en 15(33 au moins. — Au reste il ne serait pas impossible que ce fût le même Louis Rabier pour lestrois villes.

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