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place afifiigiiée, mais simplement que telle zone — toujours la même pour tous les cerveaux d'hommes — préside à telle sorte de sensations ou commande
A, centre pour Paudition en général. — A', centre spécial pour randition dea mots. — V, centre ponr la viaion. — V, centre spécial pour la vision des mois. — G, centre pour le sens du goût. — L, centre pour le langage articulé. — E, centre pour l'écriture. — T, centre pour lea nouTementa dn tronc. — Y, caïUxe pour les movremcnts conjugués de la tôtc et des yeux. — Y', centre pour les mouvements des globes oenlairea. — C, eentre pour le« mocnremento de la euisae. — G', pour le genou. — C, pour la cheville. — G, 0, pour le gros orteil. — P, 0, pour les autres orteils.
à telle variété de mouvements. S'il arrive que la zone V est dilacérée par une hémorragie cérébrale, par une apoplexie, le sujet deviendra et restera aveugle; si la lésion destructive porte sur toute la partie supérieure et moyenne de l'hémisphère, il y aura paralysie des mouvements de la jambe et du bras, et le malade sera hémiplégique.
C'est que le point V est le lieu du cerveau où vient finir le nerf optique; c'est là qu*il épanouît ses terminaisons, là qu'il apporte et dépose pour ainsi dire les vibrations nerveuses cueillies par la rétine au contact du monde extérieur, c'est-à-dire les notions de couleur et de forme : c'est donc là seulement que peut se faire la perception visuelle. Au point G', aboutissent de même tous les nerfs sensitifs qui, sans cesse, nous renseignent sur l'état des muscles, des ligaments, de la peau du genou, sur les contacts, sur les sensations de chaud ou de froid, que subit cette région de notre être, et de ce même point repartent les filets nerveux centrifuges qui président aux mouvements de l'articulation du genou.
A l'heure actuelle, les expériences sur les animaux, et les études cliniques complétées d'autopsies sur l'homme paralysé ^, ont permis de fixer avec la plus grande précision l'aboutissant cérébral de nos principales sensations, et le point de départ cérébral de la plupart de nos mouvements, de nos actes.
Si, maintenant, nous étudions les centres nerveux sur une coupe verticale mettant à nu l'intérieur des
1. La comparaison des symptAmes arec las lésions (méthode anatomo-clinique de Gharcot) est notre seul moyen de nous renseigner scientifiquement sur les localisations cérébrales chez l'homme.
Fio.
C> G, hémisphère gauche du cei>veau. — C, D, hémisphère droit. — E, G, écorce grise. — f^ p, fibres dites de projection: la fibre ondulée est sensitive et va du monde extérieur an cerreau; la fibre droite est motrice et centrifuge. — c. c, cellules cérébrales. — h, a, fibres d'association, reliant entre elles toutes les parties de l'écorce grise. — E, P, entre-croisements de pyramides : les fibres de projection y passent de droite à gauche, et réciproquement, en sorte que c'est le cerveau gauche qui commande aux mouvements du côté droit du corps, etc. — c, a, eome antérieure de la moelle épinière on aboutit la fibre motrice et d*où repart le nerf moteur qui aboutit au muscle M. — c. p, corne postérieure où aboutit le nerf sensitif n, £, et d'où repart la fibre sensitive (ligne ondulée) qui va porter jusqu'à l'écorce cérébrale les impressions du monde extérieur, ou les notions sur l'état de nos propret organes. — S, surface tenubl*.
deux hémisphères et de la moelle épinière qui leur fait suite, nous voici à même de faire une nouvelle série de constatations utiles. Nous y voyons d*abord (fig. 2) que la surface du cerveau, que son « écorce >, toute plissée de circonvolutions, est faite de substance grise, tandis que les parties sous-jacentes se constituent de substance blanche entièrement striée de fibres qui, groupées en faisceaux dans la moelle épinière, rayonnent vers Técorce.
Contentons-nous d'envisager deux de ces fibres. L'une d'elles — que, pour la distinguer de l'autre, nous représentons ondulée — naît d'une des surfaces sensibles de notre organisme S. Nous la voyons gagner la moelle épinière, se jeter dans la corne postérieure où elle fait relais, pour remonter, s'entre-croiser avec ses congénères du côté opposé, prendre son rang, parmi mille autres, dans la substance blanche du cerveau, aboutir à l'écorce, et se terminer au contact d'une grande cellule de la substance grise.
De cette cellule repart une autre fibre, rectîligne dans notre image, et centrifuge, celle-là. Après avoir subi l'entre-croisement en E, P, cette fibre descend dans la moelle, fait relais dans la corne antérieure, repart, et aboutit, en M, à l'oi^ane moteur, au muscle qui agit.
Une sensation qui vient à nous, et un mouvement que nous accomplissons, c'est là l'essentiel du mécanisme de la vie, qu'on pourrait, je) crois,
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définir : la réponse par un acte aux excitations du monde extérieur. Les énergies de la nature, qui nous baignent de toutes parts, sont, en effet, la véritable source de notre propre force : elles entrent en nous sous forme de vibration nerveuse, par nos nerfs sensitifs, et nous les restituons au milieu ambiant par la voie de nos nerfs moteurs qui font se contracter nos muscles, gesticuler nos membres, parler notre larynx, écrire notre main.
Le lieu précis où la sensation se change en mouvement, où l'ondulation nerveuse venue du dehors se réfléchit et devient centrifuge, c'est la cellule cérébrale, point culminant des trois règnes de la nature, lieu précis où Psyché s'incarne.
Or, ce manteau de substance grise qui recouvre les hémisphères est constellé de ces cellules qu'en raison de leur forme on appelle pyramidales, et qui s'y pressent, aussi nombreuses que les étoiles à la voûte nocturne.
Voici l'image de Leur forme et de leur disposition (fig. 3).
Triangulaire, écornée, chevelue, la grande' cellule nerveuse de l'écorce cérébrale est munie de prolongements disposés suivant un ordre constant :
1. Sa grandeur est, comme on pense bien, relative : elle ne dépasse pas 50 à 100 millièmes d'un millimètre, poar le corps mâme de la cellule, car le tube nerreuz qu'elle émet, quand il ya, par exemple, du sommet du cerveau jusqu'à la partie inférieure de la moelle épinière, est long de près d'un m^ètre.
prolongements latéraux (/?, /), prolongements de tête (p, /?), prolongement ou tube nerveux (r, n). Ce dernier filament, que la cellule émet vers le milieu de sa base, est précisément celui que nous avons vu tout à rheure (fig. 2) descendre dans la substance blanche, passer du côté gauche au côté droit ou réciproquement, et s*en aller d*une venue jusqu'à la corne antérieure de la moelle épinière, d'où il repart sous la forme d'un nerf moteur. Quant au prolongement de tête (p y p), prolongement protoplasmique^ pour employer le mot technique, il est beaucoup plus court : il ne dépasse pas quelques centièmes d'un millimètre. C'est à proximité des arborisations de son panache que vient mourir l'épanouissement terminal du tube nerveux sensitif (/i, s) qui apporte au cerveau les vibrations, les sensations communiquées par le monde ambiant.
Au moyen de cet appareil, dont j'ai tenu à mettre sous les yeux de mon lecteur le rouage le plus intime et plus délicat, notre cerveau transforme ses sensations en rfctes : c'est le mécanisme réflexe, celui de nos actions promptes et irréfléchies, celui de nos élans immédiats, de nos colères, de nos brutalités.
Mais le cerveau de l'homme n'est un organe noble, il ne domine la nature entière que parce qu'il sait refréner ces réflexes, différer ces désirs, ralentir ces impulsions, et, comme disait Brown-Séquard, les inhiber. C'est que notre substance grise est par-
FlO. 3. — ScBliltA d'cMB GiUirDB CBLLULB PTRAMISALB Dl L*éC0RCI céa^BRALB.
e, corps de la cellule. — p, p» prolongement de Mte, cellnlipète. — (, n, tube nerveux, cellulifuge, qui te prolonge, d'une venue jusque dans la moelle épinière. — 6, fibres collatérales. — n, s, tube nerveux sensitif apportant du dehora les stimuli externes.
dessus tout un organe d'association , de comparaison, de jugement.
Reprenons notre image. La cellule nerveuse n'a pas que son prolongement de tête et son tube nerveux : elle a ses prolongements latéraux (/?, /) et ses fibres collatérales {b) dont le rôle est de prendre contact, d'une manière intermittente, avec les émanations des cellules voisines, avec les neurones *• voisins. Rien de plus curieux que la façon dont ce contact s'établit et prend fin.
Les belles recherches de l'Italien Golgî et surtout celles de l'Espagnol Ramon y Gajal ont nettement montré que le neurone constitue une individualité distincte, sans relation de continuité avec ses congénères. Une cellule et ses prolongements n'affectent, avec les prolongements des cellules environnantes, que des relations de contiguïté. L'onde nerveuse ne se transmet que par contact. Or, — voyez l'importance philosophique de ces notions d'anatomie, — ce contact n'est pas constant. Semblable à ces amibes qui étendent des bras hors de leur masse cellulaire et qui les ramènent en elle, la cellule cérébrale a le pouvoir d'ériger ses tentacules dans les moments de vitalité haute, de les pousser jusqu'au contact des tentacules d'une voisine, ou, au contraire, de les rétracter légèrement, de se
1. On appelle meuivne l'enaeinble oonstitué par la ceUiale et ses prolongements.