INTRODUCTION XIII
Il faut le dire pour leur excuse : les magistrats conservateurs •— j'entends imbus des doctrines classiques sur le libre arbitre et le droit de punir — se sont violemment heurtés»
pour commencer, à la conception exclusive, simpliste et fausse, révoltante pour le boa sens, du criminel-né de Lombroso. Le pre* mier article de foi qu'on leur a demandé d'ad* mettre, c'est la croyance aveugle au type ana* tomique du criminel, à une structure de l'homme qui implique la fatalité, la nécessité de voler ou de tuer un jour ou l'autre. C'était trop pour des néophytes, ils refusèrent d'aller plus loin. En vain les disciples de l'école de Turin, Enrico Ferri, Garofalo, Sergi, Morselli, Ottolenghi, Virgilio multiplièrent-ils les publications les plus subtiles ; en vain quelques savants français, ceux notamment de l'école lyonnaise, Lacassagne et ses élèves, surent-ils ramener la question sur son vrai terrain, et faire la part de l'élément social dans la genèse du crime ; en vain des philosophes de l'envergure d'Alfred Fouillée, et des physiologistes tels que M. Binet consacrèrent-ils aux idées nouvelles des pages importantes; en vain M. Gabriel Tarde apporta-
XIV IMT«ODOCnON
i-il à ce débat les inépuisables ressources d*un esprit profond, lucide, ingénieux, vraiment philosophique, et les séductions du style le plus abondant, le plus imagé, le plus disert. Une légende avait pris cours et faisait loi : beaucoup de bons esprits, abusés par elle, estiment encore aujourd'hui que les idées scientifiques modernes sur le crime et le criminel sont, dans le domaine juridique, l'équivalent des idées anarchistes, ou tout au moins collectivistes, dans le domaine politique.
La petite étude que voici voudrait contribuer k dissiper cette légende.
On y verra bien vite à quelles modestes revendications, à quelles modifications partielles, à quelle paisible, à quelle imperceptible révolution nous aboutissons en fin de compte et comme il serait simple de ise mettre prudemment d'accord, sans rien perdre de son prestige, avec la science et la philosophie, qui finissent toujours par avoir le dessus.
Un peu moins de colère vengeresse, un peu plus de sérénité, un moindre souci de punir, au sens étroit de ce vieux mot, un plus vif désir d'empêcher, de prévenir, d'organiser la prophylaxie du raal^ est-œ donc beaucoup demander?
On ne trouvera, dans cette courte série d'articles, qu'un exposé très succinct, très déblayé, et, j'espère, très net, eu coté médical, physiologique et psychologique de ce vaste sujet de méditations. Je n'y ferai point étalage de belle érudition : ceux d*entrc mes lecteurs qui puiseraient îet le goèt de ee genre d'études trouveront, grâce au simple petit index bibliographique que voici, de quoi satisfaire amplement leur curiosité et leur souci d*approfondir.
mOIGATlOm BfSLIOGRAPHIQUES
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G. LOMBRO80 • « • • J/Uom9 deUnquente (Roma, Torino, f ircauK). Traduction française chez F. Aican.
A^fiicaUomê de t anthropologie crimi"
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Baron Garofalo. . . CrinUaol^gia.
Enkico Ferri. • • ^ / AaMwv ^rittonti,
VOmieidi; Varchivio di P^ychiatritL (osgAAe d6 Técole de Tnrifi).
P. HuMX. ..•••• ^ela nature humaine,
Maudslet Le crime ei la folie.
La pathologie de Ve$prijL ■firuÂRi Mnx • • • • Système de logique»
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DiMiTRi Drill. . . . Les enfanté criminel*.