ÉPILOGUE
l'Eglise fascinés par un menaisianisme quelconque soient dociles, sur un mot venu du pape, à se déprendrc de leurs chimères.
Dans sa Lettre sur le Saint-Siège^ Lacordaire a dit, non sans quelque emphase oratoire, ce qu'il avait trouvé à Rome pour la paix de son esprit et de sa conscience. Avec une simplicité plus impressionnante peut-être, il écrivait à un jeune prêtre troublé par l'encyclique Mirari vos : « Confiez-vous à l'Eglise ; laissezla vous gouverner ; soit qu'elle parle, soit qu'elle se taise, soit qu'elle ordonne, soit qu'elle insinue, prenez-la toujours pour votre boussole. C'est ma règle de conduite la plus sacrée, et celle de tout catholique \ » Plus intelligent et plus illustre, Lamennais aurait dû marcher le premier dans cette voie où l'appelaient ses principes ultramontains, des promesses formelles et répétées d'obéissance sans réserve, son devoir élémentaire de fils de rÉglise.
Mais l'histoire de sa révolte, aussi bien que le souvenir de ses combats pour la souveraineté pontificale, est faite pour notre instruction. De la couche où ir meurt sans prêtre, comme du champ clos où il disputait avec les hommes d'Etat régaliens et les évêques gal-
' H. Villars. Correspondance inédite du P. Lacordaire, p. 493. Lettre du 12 août i83:5.
licans, il donne aux esprits attentifs la même leçon ; celle que saint François de Sales résumait dans ce mot profond et juste : « le Pape et l'Eglise c'est tout un. »
N.B. — L'auteur des ^/foires c^e i?ome a réuni en appendice, dans son livre, les documents publics, émanés du pape, sur les doctrines de VAvenir et les Paroles d'un croyant. L'exemple est à suivre. On retrouvera ici, dans leur teneur intégrale, ces documents, avec les lettres de Lamennais (pour ainsi dire offlcielles) qui s'y rapportent. Cette double série de textes parallèles permettra au lecteur d'avoir présentes les formules authentiques que, dans cette cause célèbre, le justiciable et le juge ont voulu donner à leur pensée.
Cinq seulement de ces pièces sont inédites.