IV PREFACE
sa cause, les démarches de nos diplomates, du nonce de Paris, des cardinaux et du pape, de i83â à i834, — toutes choses à peu près insoupçonnées — seront exposées pour la première fois, en des chapitres faits sur pièces décisives. Au sujet de la censure des doctrines menaisiennes portée par M^ d'Astros et souscrite par la majorité des prélats français, plus de lumière était à désirer.
Toute celle dont ma main a pu atteindre le foyer a été projetée sur cet acte épiscopal.
La période qui s'étend de 1820 à i83o est plus connue. Les livres de Lamennais, sa correspondance, les journaux et les revues de l'époque, ont permis aux biographes de caractériser les controverses philosophiques, théologiques, politiques, soutenues par le grand homme. Sur tous ces points, il y a encore beaucoup à dire.
Mais surtout il restait à préciser quelle fut, aux diverses phases du combat, l'attitude de Rome. Autant que les documents me l'ont permis, j'ai essayé de le faire.
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^Naturellement cette partie du récit sera plus courte, bien qu'elle embrasse un plus grand nombre d'années. Il n'y avait pas à reprendre par le menu des faits déjà contés à loisir, mais à rappeler les plus saillants, ceux dont Rome eut à s'occuper.
Cette brève synthèse, d'un point de vue déterminé et spécial, n'est pas sans inconvénients. Mais, d'une part, etle est commandée par le sujet propre de cet ouvrage ; et d'autre part, il a paru possible, avec quelques précautions, d'éviter les raccourcis et les contrastes qui donneraient aux événements une physionomie défor* mée et de fausses couleurs.
Au reste, en publiant un certain nombre de lettres inédites de Lamennais, j'ai eu l'occasion de m'expliquer sur bien des pages importantes de sa vie. On me permettra de me référer à ces études partielles. Elles fournissent au lecteur la justification de ce que souvent j'énonce ici en peu de mots ; avec les travaux d'autrui, elles l'aideront aussi à corriger lui-même
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les illusions d'optique où pourrait Tentrainer la brièveté des deux premiers chapitres de ce livre.
Il m'a paru superflu d'indiquer avec minutie, au bas des pages, en quoi je m'écarte de l'opinion des autres auteurs.
A quoi bon cet étalage? Renfermer les afiirmations dans les limites des preuves et les jugements dans celles de la justice, c'est le devoir élémentaire de l'historien. J'ai essayé de m'y tenir du mieux possible. Et je souscris d'avance à ma condamnation, pour les manques de critique ou d'équité que l'on pourrait reprocher à mon travail.
L'étude attentive de mon sujet m'a laissé la conviction profonde que la perte de Lamennais est venue de lui-même ; que ses amis lui ont nui plus encore que ses adversaires ; que le pape a usé envers un fils errant, ombrageux, rebelle, des ménagements les plus évangéliques et de la plus touchante longanimité ; que les sentences portées par le juge suprâme de la