EPILOGUE
Tunique loi de la charité, ne sera donc qu'un retour vers les origines. Et en même temps qu'elle se trouvera plus conforme aux besoins de Thomme, cette religion de l'avenir sera encore plus représentative de la vraie nature de Dieu.
Dans ces données générales, on retrouve les lignes d'une théorie du christianisme qui aura dans le protestantisme libéral ses professeurs les plus systématiques et les plus résolus. 11 ne serait pas difficile d'y saisir aussi quelques traces des rêveries qui hantèrent les cerveaux des mages de l'humanité nouvelle, au temps de Louis-Philippe. Assurément, de Lamennais à tous ceux là, la différence est grande, et au point de départ et au point d'arrivée. Mais comme eux, il en est venu à une sorte de religion sociologique, vide de toute la dogmatique chrétienne. Et cette dissolution complète, dans son âme, de toutes les vérités de notre foi, a justifié, par un irrécusable exemple, la logique de VEssai acculant au plus vague déisme les esprits rebelles au catholicisme romain. Dans cette Introduction à la Dwine Comédie qui est la dernière œuvre de sa plume, il a dénoncé, avec autant de vigueur que les plus fameux rationalistes, l'intolérable confiscation que l'Église prétendrait faire de la raison et de la liberté des hommes.
Après Tencyclique Singulari nos ^ il écrivait à Montalembert : « La parole qui autrefois remua le monde ne remuerait pas aujourd'hui une école de petits garçons. Et après cela, dites que la Providence ne prépare pas quelque chose d'inattendu ! Ce pape clôt une époque » *.
Pie IX a ceint la tiare après Grégoire XVI, Léon XIII et Pie X ont recueilli l'héritage apostolique de Pie IX. Les encycliques de ces trois papeà, comme celles de leur prédécesseur déjà lointain, ont continué à fixer la vérité, pour tous les vrais catholiques. Les théories menaisiennes et Tesprit menaisien n'étant pas morts avec Lamennais, l'occasion s'est offerte à Rome, plusieurs fois, de choisir entre les enseignements particuliers de VA i^enir ou de V Essaie et ceux des encycliques Mirari uos et Singulari nos. En 1888 et en 1864, Léon XIII et Pie IX ont signé des lettres qui eussent révolté Lamennais, parce qu'ilyaurait vu la solennelle réprobation de ses théories les plus chères. Et il n'aurait pas agréé non plus le langage dans lequel Pie X s'est élevé, en 1905 et en 1907, contre la séparation de l'Église et de l'État ou l'indépendance de la raison en matière religieuse.
Au lendemain des Paroles d'un Croyant^ l'auteur écrivait à Salinis une lettre amère où
^ Lam. à Montalembert, p. 3i8. Lettre du 5 août i834-