AVANT-PROPOS. IX
le mépris et le néant de l'apostasie. Ainsi doit raisonner un prêtre soumis docilement aux décisions du Saint-Siège.
Tel ne pouvait être mon propre point de vue.
Je ne me suis pas proposé de glorifier, non plus que de blâmer et de flétrir les opinions successives de Lamennais. Gomme je n'adopte ni les unes ni les autres, je me suis contenté de les exposer, en expliquant sa conduite par ses idées. Mais par cet exposé même et à raison du détachement impartial que j'y ai apporté, on verra comment je n'ai ni su ni voulu me défendre contre le sentiment de profond respect que j'éprouve pour ce noble et chimérique esprit, si ardent et si sincère dans les doctrines les plus extrêmes. Quant à des sympathies pour sa personne, je ne crois pas que nul de ceux qui voudront s'approcher de son cœur puisse refuser de lui payer le tribut de reconnaissance et d'admiration que l'on doit à un homme qui a tant souffert pour la cause de la justice et de la vérité.
La seconde partie de l'existence de Lamennais et les œuvres qu'il a produites sur les confins de sa vieillesse chagrine et abandonnée sont moins connues que les premières, et cependant elles ne méritent pas moins d'admiration que les plus célèbres ouvrages écrits par lui dans toute la force de son intelligence, et au temps de sa plus grande activité. Ce sont, clans tous les cas, parmi ses