PREMIÈRE PARTIE
: Choix du Tribunal
Dans l'exposé sommaire qui accompagne le présent mémoire, nous
‘avons donné à cette question du choix du tribunal tous les détails qui expliquent la position que nous sommes obligé de prendre aujourd'hui.
Nous n'avons pas à revenir :1r.ce sujet, et il ser ait inutile de le traiter plus au long.
Qu'il nous suftise de faire remarquer que nous nous sommes tout d'abord adressé au tribunal régulièrement constitué de l'Officialité mé tropolitaine de Québec, :
On à accepté notre dénonciation juridique et les pièces à l'appui.
pour lesquelles on nous à donné un reçu officiel, (Voix reçu au pied du document H et pièce N. 21). On à ensuite refusé de nous entendre, et aux efforts répétés.que nous avons ‘tentés auprès du président de l'Officialité pour obtenir de lui qu'il suivit la procédure indiquée par le
droit canon, on a constamment opposé .un refus aussi incompréhensible
que constant, On nous à forcé de nous adresser” à Rome, lorsque volontiers nous aurions accepté le tribunal de première instance dé notre pays.
ustice, par Ja perspective d'un lointain voyage et par mille insinuations abilement lancées, et allant à dire que nous perdrions certainement nbtre Cause si nous la portions devant la Propaganle, pour la bonne raison que le préfet de cette Congrégation était le Protecteur de l'U-. niversité Laval, que l'Archevèque de Québec et les prêtres de son Séminaire étaient puissants à Rome, qu'il serait téméraire de notre part de vouloir prouver que quelques-uns d'entre eux ont pu faillir et commettre l'injustice dont nous nous plaignions.
Peines inutiles. Repoussant comme souverainemént injurieuses contre Votre tribunal cès perfides insinuations, faites dans le seul but, croyonsnous, de nous décourager, nous venons, fort de la justice de ‘notre cause, donner la meilleure preuve de notre entière confiance en Vous
Pourquoi? On voulait, sans doute, nous décourager* par un déni de”
par la demande que nous Vous faisons aujourd'hui d'agir comme les arbitres de notre différend,
Nous ne voulons pas soumettre aux tribunaux civils de notre pays cette cause importante tant que nous conserverons l'espoir, mieux que cela, la certitude d'obtenir des juges ecclésiastiques toute la justice que nous en attendons, EL |
Voilà pourquoi, quittant notre pays, franchissant les dspaces, nous comparaissons devant le tribunal suprême du Saint-Siège. | | fer DEUXIÈME PARTIE.
Histoire des événements eauses du procès,
Avant de présenter les sujets de nos justes plaintes, il importe, pour la parfaite intelligence de la cause soumise au jugement de Vos Eminences, de faire connaitre, en quelques mots, l'histoire des événements qui l'ont précédée et qui l'ont fait naitre.
Nous ne pouvons faire mieux que de laissér la parole au D' Landry qui nous les raconte sous la foi du serment, (Voir pièces N. 1-c et N:3.)
“ M. l'abbé Lemieux ayant eu l'obligeance, après son retour d'Europe, de venir me dire la sainte messe chez moi, nous causâmes un peu de la situation vraiment déplorable de la société actuelle en Europe, grâce aux progrès effrayants que font les sociétés secrètes par lemonde entier. Je manifestai surtout mon étonnement à la vue du concours qu'on affirme être prèté aux sociétés secrètes par des membres du clergé, et cela à Rome même. J'ajoutai que les sociétés “ secrètes faisaient aussi de grands progrès au Canada, où on dit que quelques prêtres sont affiliés à ces sociétés ennemies de l'Eglise.
“ Quelques jours après ma conversation avec M. l'abbé Lemieux, “ M. l'abbé Bégin vint me trouver et me demander, au nom de l'Off- “ cialité diocésaine de Québec, si je voulais lui donner les noms des prè- “ tres canadiens que je disais être francs-maçons et lui dire d'où je “ tenais ces iiformations.
“ Je répondis à M. l'abbé Bégin que les renseignements que je “ pouvais avoir en dehors des documents publics sur les francs-maçons canadiens, je les tenais de confidences privées, et que, par conséquent,
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“ je ne pouvais pas en parler. Mais, cependant, j'ajoutai que, si on lo “ voulait, je pourrais donner (même au tribunal de l'Oficialité) quelques “ renseignements sur lesquels je ne suis pas tenu au sècret et que Je ° | | “ tiens de la bouche même de M. le Grand Vicaire Hamél. Ces rensei- | “ gnèments portent que lui, M. Hamel, alors recteur de l'Université | | “ Laval, avait fait tout te qu'il avait pu à Rome pour ture comprendre | | “ que les francs-maçons du €anada n'étaient pas aussi méchants ni aussi 1 | | “ dangereux que ceux d' Europe (et cela suns distinction aucune), attendu | | “ qu'ils ne sont considérés que comme des membres d'une société de \ RES bienfaisance ou de sec urs mutuels; mais qu'à Rome on ne voulait | js pas entendre raison sur) ce point et qu'on devenait tout rouge lors- [4 qu'on leur affirmait de telles choses.
“ Je dis alors à M. Bégin que sur les opinions de M. Hamel ex- | . posées à Rome et communiquées à moi ensuite, j'avais répondu que “les francs-maçons sont partout les mêmes vis-h-vis l'Eglise et la société ; | “ que M. Hamel m'ayant objecté, comme exemple, que M: le docteur “ Sewell (l’un des professeurs de l'Université Laval) était un homme L \ |
“ honorable, quoique tranc-maçon, je lui répondis que M. le docteur “ Sewell pouvait bien être respectable lorsqu'il n'agissait pas comme. M “ franc-maçon, ° “ Je dis encore à M. Be gin que si M. Hamel était convaincu, “ comme il le disait, que ‘la maçonnerie n'était en Canada qu'une société “ de bienfaisance ou de secours mutuels, je ne voyais pas pourquoi on ne : “ serait pas en droit de conclure qu'il, M. Hamel, pourrait parier dans 6 “ le même sens aux pérsonnes qui le consulteraient au confessionnal ou “ ailleurs, à savoir qu'il n'y à pas de mal à faire partie de la franc- “ maçonnerie en Canada, , e Ce témoignage assermenté du D° Landry est corroboré par le Très Révérend M. Hamel lui- -même, l'accusé en cette cause, lorsque celui-ci écrit, en date du 30 avril, les significatives paroles qui suivent : “ Je me rappelle, Monsieur le Docteur, que vous me fites alors la ts “ réflexion (qui était l'expression de votre opinion), que les francs-ma- “ çons sont ici ce qu'ils sont partout ailleurs. Comme la question se “ résumait pour moi en une question de personnes à l' égard desquelles “ j'avais mes preuves (les professeurs de l'Université), il n'était pas né- “ cessaire de discuter avec vous le principe général, et la conversation “ entre nous n'alla pas plus loin, (Voir pièce N. 1-b). Ce qui veut dire tout simplement que le Dr Landry ayant affirmé, ee
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en thèse générale, que les francs-maçons étaient les mêmes - partout, cette thèse ne renicontrait pas l'approbation de M. Hamel, qui l'appelait une expression de l'opinion du Dr Landry; mais, comme pour M. Hamel, la question se résûmait en une question de personnes, il ne trouva pas nécessaire de discuter le principe général et, comme il le dit, “ la con- “ versation entre nous n'alla pas plus loin. ;,
La conversation est donc prouvée, ‘la divergence d'opinions clairement établie, admise par M. Hamel lui-mème.
Cette entrevue de M. l'abbé Bégin avec le Dr Landry ent lieu vers la ‘fin d'octobre où dans les premiers ‘jours de novembre 1582.
Six mois plus tard, le 30 avril 1883, M. Hamel écrit au Dr Landry une lettre impertinente, remplie de sarcasmes, de fiel, de perfides insinuations, de noires calomnies, et qu'il termine en disant au Dr Landry qu'il est ou un fou où un homme aveuglé par le préjugé et l'esprit de
, parti. (Voir pièce N. 1-b). !
Au lieu de lui répondre par écrit, le Dr Landry envoie son gendre, le Dr A: LaRue, solliciter de M. Hamel la faveur d'une entrevue qui, si elle eùt été accordée, aurait pu amener une solution à l'amiable et terminer ainsi, le plus pacifiquement du. monde, un différend qui n'a causé que déboires et scandales. …
M. Hamel refuse, par une lettre en date du 1* mai (Voir pièce N. 2-a), dans laquelle il insère un plan de rétractation allant à dire que
le Dr Landry est un menteur, un calomniateur, un faiseur et un dissé-,
minateur de cancans et d'assertions erronées, et demandant au Dr Landry de vouloir bien signer cette pièce diffamatoire et boire ainsi sa propre condamnation.
Le Dr Landry, dans une lettre en date du + mai, lettre qui contraste singulivrement avec lu: violente épitre de M. Hamel du 30 avril, à laquelle elle est une réponse ferme, digne et tout à fait respectueuse, fait l'historique des événements, aftirme avoir entendx Lx conversation que M. Hamel lui a tenue, et termine en disant: |
“ Voila, M. le Grand Vicaire, ce que je puis déflarer’sous serment
“ en présence de tout tribunal ecclésiastique ou civil / (Voir pièce N. 1-0).
Et de fait c'est ce qu'il a attesté sous la f9i du serment (Voir pièce N. à). Ë
M. Hamel répond an Dr Landry qu'il est un entôté, lui donne le paternel conseil de ne rien jurer positivement, J'accuse d'avoir formulé contre le Cardinal .Franchi l'accusation d'être un franc-maçon, et insinue
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carrément, malgré qu'il prétende que ce ne soit pas une insinuation, que Mgr l'Archevèque de Québec n'a pas été à l'abri d'une telle accusation
de la part du’ Dr Landry.
Cette troisième lettre est aussi impertinente, aussi injurieuse et aussi calomniatrice que la première (Voir pièce N. 1-).
Le Dr Landry maintient derechef ses assertions premières dans une seconde lettre, en date du 7 mai, de quelques lignes seulement, et qu'il termine, comme la première, par cette déclaration: -
“ Voilà, encore une fois, ce que je suis toujours prêt à déclarer “ sous la foi du serment, dans les conditions que je vous indiquais dans “ ma dernière lettre , c'est-h-dire “ aussitôt qu'on m'en donnera l'occasion , (Voir pièce N. 1-e).
Vient alors une dernière lettre de M. Hamel qui contient l'étonnante admission que voici :
“ Je ne soupçonne aucunement votre bonne foi, dit-il au Dr Landry, et
“ je crois que vous êtes réellement sous cette impression , (c'est-à-dire sous l'impression que je vous ai tenu la conversation que vous m'attribuez). Et c'est après avoir ainsi admis la bonne foi du Dr Landry, après avoir reconnu qu'il est réellement sous cette impression, que M. Hamel le triste courage d'exiger une rétractation. ‘ Exiger une rétractation d'un homme dont on proclame la bonne
foi, exiger qu'il déclare faux ce que volontiers l'on admet être réellement
vrai pour lui, c'est tout simplement lui proposer une bassesse.
C'est ce que fait M. Hamel.
Et parce que le Dr Landry n'a pas voulu agir contre les dictées de sa propre conscience, parce qu'il refuse le déshonneur qu'on lui présente, que fait M. Hamel? -
“ Comme vous ne m'accordez pas la déclaration à laquelle je crois * avoir droit, di \, je fais publier notre correspondance, vos lettres
‘” * comme les miennes , (Voir pièce N. 1-f).
Et;"de fait, M. Hamel envoie toute la correspondance Hbina e entre
IT et le Dr Landry (moins la lettre dans laquelle il refuse l'entrevue * derñändée) au papier nouvelles Le Journal de Québec, qui publie toute
cette nièce diffamatoire dans son numéro du $ mai 1883, avec une lettre d'introductioh de M. Hamel et des réflexions er parte du même monsieur, en forme de résumé, réflexions aussi insultantes et aussi calomniatrices que les autres lettres de ce haut fonctionnaire ecclésiastique, comme il s'intitule lui-même.