‹ L’Anesthésie PériduraleChapitre 17 sur 42 · DIFFUSION DES LIQUIDES AQUEUX AVEC UNE SOLUTION DE BLEU · texte numérisé non relu

DIFFUSION DES LIQUIDES AQUEUX AVEC UNE SOLUTION DE BLEU

Dans ce cas, la diffusion est beaucoup plus importante qu'avec une solution d’huile.

FiG. 5. — Diffusion des solutions aqueuses (d’après DoGLiOTnr).

— En hauteur, 30 cm3 suffisent à obtenir la diffusion tout le long de la colonne, hormis le segment cervical.

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— Transversalement, DoGLriorr: a montré que le liquide diffuse largement le long des racines nerveuses, en particulier dans cet espace lymphatique que nous avons étudié. Au niveau des nerfs intercostaux, on réussit à infiltrer le nerf jusqu’à la moitié et même au delà de l’arc intercostal (fig. 6).

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F1G. 6. — Diffusion transversale des solutions aqueuses (d’après DocLioTri).

De cette série d'expériences, on peut conclure que la diffusion du liquide est fonction de trois facteurs essentiels :

1° la viscosité de la solution ;

2° la quantité de liquide injecté ;

3° la position du sujet.

1° La rapidité et l’importance de la diffusion sont inversement proportionnelles à la viscosité du li-

quide. Nous avons vu que les solutions huileuses avaient une diffusion plus lente et moins étendue que les solutions aqueuses. De ce fait physiologique les auteurs allemands ont tiré une conséquence pratique importante. Par des solutions gélatineuses, ils ont obtenu des anesthésies plus segmentaires et de plus longue durée.

2° Pour une substance donnée, la diffusion du liquide est proportionnelle à la quantité de liquide injectée. C’est un fait indiscutable qui se dégage de toutes les expériences.

3° La position du sujet semble avoir une importance considérable sur la diffusion de la solution. Il sera donc important en pratique de coucher le malade sur le côté pour les opérations strictement unilatérales, de l’incliner dans un sens ou dans l’autre, selon que la solution doit remonter vers le haut ou descendre vers le bas,

Il. — La pression négative péridurale

C’est BonNioT qui, le premier, remarqua l'existence d’une pression négative au cours de la traversée de l’espace péridural. Après avoir réalisé un certain nombre d’anesthésies péridurales selon la technique de SEBRECH, il fut frappé de ce fait qu'au moment où la pointe de l'aiguille atteignait l’espace péridural, il entendait un sifflement caractéristique dû à l’aspiration de l'air au travers de l’aiguille. Il eut l’idée que la dépression péridurale pourrait être plus forte qu’il ne le pensait. Il brancha son aiguille sur un mano-

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mètre à eau. Il remarqua des dépressions considérables, surtout dans la région dorsale.

Bonnior donna de ce phénomène une explication purement mécanique. Selon cet auteur, l’étui méningé constitue un tube à parois fiasques à l'intérieur d’un conduit à parois rigides, le canal rachidien. En po: sition verticale ou inclinée, le liquide qu’il contient tend, par suite de la pesanteur, à s'accumuler au point déclive, et à fuir les régions supérieures où les parois de l’étui méningé auront tendance à s’affaisser. L'espace péridural tendra donc à s’agrandir au point culminant et sa pression à baisser.

Pour confirmer cette théorie, il fit l'expérience suivante :

En vue d’une anesthésie rachidienne, le sujet est placé en décubitus ventral ; un coussin faisant bomber la région lombaire, la ponction est faite entre 12 et 13, point culminant du rachis en cette position. La dépression péridurale est très faible, à peine un demi centimètre.

Le sujet est basculé, tête basse, jusqu’à une inclinaison de 35°. Pendant ce mouvement, la dépression passe du demi centimètre à 5 centimètres. Le sujet est alors ramené en position strictement horizontale. la dépression tombe à 0. L’aiguille est alors poussée pour pénétrer dans les espaces sous-arachnoïdiens. Avant de perforer les méninges, elle les refoule et la dépression monte immédiatement à —8.

Le même phénomène se reproduit à chaque pression, même légère, sur l'aiguille, jusqu’au moment

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où les méninges étant traversées, la pression devient brusquement positive.

Du point de vue purement physique, la théorie de BonNior m'est pas critiquable. L’étui dure-mérien constitue une membrane déformable qui prend son volume maximum à son point déclive, son volume minimum à son point le plus élevé. Le fait de faire varier la pression de l’espace selon la position du sujet ne peut être discuté après l'expérience précédente. Mais, il est un facteur qui n’a pas été discuté, c’est l’élasticité propre du tissu péridural. En modifiant brusquement la position du sujet, on peut modifier la pression de l’espace. Mais cette variation de pression semble très temporaire. Et rapidement, la tension est rééquilibrée probablement par un mécanisme cellulaire.

En introduisant l’aiguille par lhiatus sacré, nous n’avons jamais noté une dépression manométrique notable. Par contre, on peut répéter l’expérience de BonNioT, l’aiguille étant dans le canal sacré et obtenir une déviation manométrique mais transitoire.

Selon notre maître, M. HoupaRp, la seule interprélation possible serait le cone de dépression formée par le refoulement de la dure-mère par la pointe de l'aiguille, créant ainsi un véritable espace mort. Dès 1934, il faisait remarquer le fait suivant: « Sur un sujet à rachis ouvert, on se rend parfaitement compte de visu qu’une dure-mère non tendue se laisse difficilement perforer, et que même avec une aiguille à ponction lombaire, on refoule notablement la dure-mère avant de la perforer ». |

Cette interprétation est démontrée dans la dernière partie de l’expérience de Bonnior. En effet, son aiguille est dans l’espace péridural, son manomètre est au 0. Il enfonce son aiguille, il voit une pression passer à —8 avant de devenir positive.

Cette discussion n’a pas qu’un intérêt purement théorique. En effet selon cette explication la déviation manométrique n’indique pas que l'aiguille vient de pénétrer dans l’espace péridural, elle indique, au contraire, que tout l’espace est déjà traversé, que la dure-mère refoulée est sur le point d’être perforée. Sa dépression manométrique traduit donc la phase ultime de la traversée de l’espace péridural.

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