‹ L’Anesthésie PériduraleChapitre 6 sur 42 · INTRODUCTION · texte numérisé non relu

INTRODUCTION

Comme presque toutes les anesthésies récemment apparues, l’anesthésie péridurale a été l’objet des jugements les plus opposés et les plus définitifs. Les uns l’ont considérée comme la forme idéale d’anesthésie chirurgicale, sans contre-indication, sans accident possible. Les autres l’ont classée d'emblée comme une méthode dangereuse et sans valeur pratique. En Italie, où elle est née, elle a connu une vogue considérable. Depuis plusieurs années, on publie des statistiques de plusieurs milliers de cas. En Allemagne, elle tend à devenir une méthode courante d’anesthésie chirurgicale. En France, une discussion s’est ouverte en 1934 à la Société de Chirurgie. L’impression générale a été très défavorable. Plusieurs auteurs ont rapporté une proportion importante d'échecs et des accidents graves. On lui a reproché avant tout le risque d’une injection massive de novocaïne dans l’espace sous-arachnoïdien. L’argument a une valeur considérable. Cependant, il semble qu’avec certaines précautions on puisse exécuter une anesthésie sans aucun danger d'injection sous-arachnoidienne. De nombreux auteurs ont des statistiques de plusieurs milliers de cas sans avoir observé d’acci-

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dent. Après en avoir pratiqué plusieurs centaines, nous avons l’impression qu’il s’agit d’un danger plus apparent que réel. En procédant avec méthode et prudence, on peut l’éliminer de façon à peu près complète. Chaque fois que nous n’avons pas pu déterminer avec précision la position de laiguille par rapport à la dure-mère, nous avons foujours abandonné cette méthode d’anesthésie. Si on veut bien se plier à cette règle absolue, l’anesthésie péridurale n’est ni une méthode toujours dangereuse, ni une méthode acrobatique.

Par contre, le problème technique n’est pas tout en matière d’anesthésie péridurale. Beaucoup d’auteurs la considèrent comme une simple anesthésie régionale, sans perturbation physiologique importante, En réalité, l’anesthésie porte non seulement sur les racines sensitives, mais aussi sur les ramicommunicantes, c’est-à-dire qu’il se produit une paralysie des racines sympathiques de la moelle. Le problème physiologique, est complexe. Nous le discuterons longuement, car il est peu connu, car il peut être l'explication d’accidents graves ; il peut conduire à des déductions thérapeutiques importantes.

Nous envisagerons, au cours de ce travail, les notions anatomiques et physiologiques qui servent de base à l’anesthésie péridurale. Après une étude schématique des techniques déjà décrites, nous exposerons avec précision la méthode que nous utilisons,

les dangers à éviter. Nous discuterons les perturbations physiologiques qui peuvent résulter d’une anesthésie péridurale. Enfin, nous envisagerons les résultats obtenus, les accidents qui peuvent être observés.

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