DE LA PROPOSITION
Le soldai qui porte les armes, le magistrat qui juge, l'administraleur qui organise tous les services, travaillent aussi ntii lemenl que celui qui fait uaitre le blé, qui coufectioune des tissus, qui cansiruil des maisons. De mâme que le laboureur produit du pain pour celui qui lisse, et réciproquement, l'un el l'autre doivent labourer et lisser pour celui qui monte la garde, applique les lois ou administre le pays. Ils lui doiveut nue partie de leur travail en échange de la protection qu'il leur donne.
11 fout donc que le laboureur, le tisserand, le maçon payent l'impôl, dont le produit est destiné à récompenser le travail el la peine de ceux qui portent les armes, jugent, administrent et gouvernent pour eux. (A. TuiEEts.)
Exercice 1S4
Composez huit pliraie» renrermant chacune su moini deux propositions : une principale et uae incidente, détermi native ou explicative. — Faites entrer les verbes suivants dans les propos iliuu a |iriDci|iales :
Modèle du devoir : PËNËTnEn. — Le loup pénilre dans la bergerie, qui u'esl pas bien dose ni bieu gardée.
Ecraser. Recomiallre. Mûrir. Apercevoir.
Uemercier. Apprendre. Récolter. Tailler.
Exercices 155 et 1S6 |3Se-393i
Relevez, dans la morceau suivant, les propositions lubordonnéet el dites ai elJûs ioul camf^etivet ou circonsfancieUe$. Failes connaître las pro(jDsilions dont elles dépendent.
Modèle dudevoir : —Quand, par tes première! brumes d'octobre, un peu avanl l'hiver, le pauvre bûcluron vient eherclier dam ta foret M chéiive provision de boi$ mort : proposition lubordoonée circoasiancielle, subordonnée à la principale : un petit oiseau l'approclte de lui, attiré par le bruit de ta cognée.
Le rocgehjokge. — Quand, par les premières brumes d'octobre, un peu avant l'hiver, le pauvre bûcheron vient chercher dans la forêt sa chétive provision de bois mort, un petit oiseau s'appi'oche de lui, attiré par le bruit de la cognée; il circule à ■es câtés et s'ingénie à lui faire fête eu lui chaulant tout bas s plus douces chanson ne tl es. C'est le rouge^orge, qu'une ! charitable a député vers le travailleur solitaire, pour lui re qu'il ï a encore quelqu'un dans la nature qui s'intéresse à i. Quand le bûcheron a rapproché l'un de l'auEre les tisons la veille, engourdis dans la cendre, quand le copeau et la Jicbe sèche pétillent daus la fiamrae, le rouge-gorge accourt
6e DE LA PROPOSITION.
en chantant pour prendre sa part du feu et des joies du bâche
Quand la nature s'endort et s'enveloppe de son manteau de neige, quand on n'entend plus d'auire, »oiï que celle des oiseaux du Nord qui dessinent dans l'air leurs Iriangfes rapides, ou celle de la bise qui mugit et s'engouffre dans le chaume des cabanes, un petit chant QAté, modulé à voix basse, vient prolester encore, au nom du travail créateur, contre l'atonie universelle, le deuil et le chômage. Ouvrez de grâce, donnez-lui quelques miettes et un peu de grain; s'il voit des visages amis, il enlrei'a dans la chambre; il n'est pas insensitile au feu qui le réchauffera quelques instants; par ce court été, le pauvre petit va plus fort rentrer dans l'hiver. Comment se (ait-^l qu'aucun poète n'ait chanté le rouge-gorge? Mais l'oiseau même est son poète. Si l'on pouvait écrire sa petite chanson, elle exprimerait parfaitement l'hurahle poésie de sa vie. (Michelet.) Exercice 157
Composez huit phrases renfermant chacune au moin$ deux propositions, di>nt une principale et une subordonnée, complétive ou circonslancielle. — Failss entrer les verbes suivants dans les propositions principales.
Modèle du devoir : bcbaser. — Quand le vendangeur a recueilli le misin, ii l'écrase pour en tirer la liqueur qui, en fermentant, deviendra du vin.
Perdre. Aborder. Méconnaître. Savoir.
Tromper. Mépriser, Recueillir. Camper.
Exercice 158
Relevez oralement loufei tes propositions du morceau suivant et indiqueï-en la nature.
Modèle du liefoir: — La premiËre phrase ne renferme qu'une seule proposition : proposition principale.
La seconde phrase renferme six propositions. La première est -.Et ... on s'étonne, proposition principale. La seconde est : qu'un genre de vit tout à ta foii >i pénible et si périlleux ait dea attraits irrésittibtes jmar cevx, proposition subordonnée complétive. La troisième est : qtii en ont pris rhabilude. propoiition incidente délcrmina''-* La qualriéme est : Quand on sait, proposition subordonnée cire stancïelle. La sixième est : commenJ se fait cette cliatse, propos! subordonnée complétive.
La chasse ac chamois. — La chasse au chamois occ beauci>up d'habitants des montagnes, et enlève souvent à la fl de leur âge des homines précieux à leurs familles. Et quant'
DES FIGDRES DE GRAHMArRE. 69
sait comment se fait cette chasse, on s'étonne qu'an gnivi? ilo vie tout à la fois si pénible et si périlleux ail des attraits irrésistibles pour ceux qui en ont pris l'babitude.
Le cliasscur de chamois part ordinairement dans la nuit, pour se trouver à la pointe du jour dans les pâturages les plus T'Ii^vùs où le chamois vient pattre avant que les troupeaux } arrivi^nt. Des qu'il peut découvrir les lieux ob il espère les trouver, il en fait la revue avec sa lunette d'approche. S'il n'en Toit pas. il s'avance et s'élève toujours davantage ; mais, s'il en voit, i[ tJchc de monter au-dessus d'eux et de les approcher en longciml quelque ravine ou en se coulant derrière quelque éminenc« uu quelque rocher.
Arrivé au point de pouvoir distinguer leurs cornes, i-'est à cela t|u'i! juge de la distance, il appuie son fusil sur un roflier, ajuste son coup avec bien du sang-froid et rarement il le manque. Ce fusil est une carabine rayée, dans laquelle h halle entre à force, et souvent ces carabines sont à deux coups quoique à un seul canon ; les coups sont placés l'un sur l'autre et unies tire successivement. S'il a tué le chamois, il court ù sa proie, s'en assure en lui coupant los jarrets, puis il coiinicli^re le chemin qu'il lui l'esté à faire pour regagner son vHLt^iv Si ta route est très difficile, il écorche le chamois et ne prruil <|iie sa peau, mais pour peu que le chemin soit praticable, il < li:ii'ge sa proie sur ses épaules et la porte chez lui, souviil au travers des précipices et à de grandes distances;!! se iiourrit avec sa famille de la cbair, qui est très bonne, surtout quand l'animal est jeune, et il fait sécher la peau pour la vendre. (De Saussuul'.)