‹ Larousse universel en 2 volumesChapitre 1145 sur 1225 · ITALIE · texte numérisé non relu

ITALIE

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Vrt italien • 1 Frise romane, à Lucques (xii' s.;; 2. Grille, à Prato fxv' s.); 3. Chapiteau florentin; i. Pilastre de Saint-Marc (vi® s.); o. lionde d enfants, par L. délia Robbia, cath. de Florence; 6. Ambon de bronze, par Donatello, Saint-Laurent, à Florence ;7. L’enfant emmailloté, par A. délia Robbia, ! de ’ " ■■ - ” - ■- ' . '

I aux Enfants Trouvés

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entrée dans la lutte en 1915 (23 mai) et a combattu d’abord contre les seuls Autrichiens, puis contre les Austro-Allemands, s'efforçant sous les ordres, d’abord de Cadorna, puis de Diaz, de conquérir les parties irrédentistes de la contrée. Elle y avait en partie réussi, soit dans le Trentin et dans le pays des Dolomites, soit sur les bords de l'Isonzo (à Gorizia), lorsque le désastre de Caporetto a fait perdre à l'Italie toutes ses conquêtes et livré la Vénétie à l’invasion étrangère. Bientôt arrêtés, les Austro- Allemands ont été refoulés, après la victoire de Vittorio Veneto, sur le territoire austro-hongrois. La paix de Saint-Germain-en-Laye a donné le Trentin, Gorizia et Trieste à la couronne d’Italie et (en 1920) Fiume, occupée pendant un temps par d’Annunzio et par ses volontaires, a été incorporée au royaume.

Depuis lors. l’Italie a travaillé à panser les maux ne la Grande Guerre et à maintenir la paix en Europe. Elle a envoyé, comme la France et l’Angleterre, des troupes dans la Ilaute-Silésie, a cédé le Dodécanèse à la Grèce et retiré ses soldats de l’Anatolie. Avec les autres Grands Alliés, elle s’efforce d’affermir la paix dans l’Europe centrale et de la rétablir dans le Levant.

— Langue. L’italien est un rameau de la branche italique des langues indo-européennes. 11 est dérivé pour une notable partie du latin populaire, le latin classique ayant fourni le reste avec quelques radi¬

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caux gothiques ou lombards. Sa formation commence avant le xi« siècle, et s’achève au xiv®. L’italien n’a pas de voyelles muettes, ni de voyelles composées ; c’est une langue sonore, harndonieuse et cadencée. L’italien possède un grand nombre de dialectes : le vénitien et le napolitain sont les deux principaux.

— Littér. Bornée d’abord à l’imitation provençale et française, l’Italie ne produit pas d’œuvre littéraire en langue nationale avant le xiii® siècle, époque où la poésie italienne apparaît dans les œuvres lyriques de l’empereur Frédéric II, de son fils Enzio, de Pierre des Vignes, Guittone d’Arezzo, Cino da Pistoia, Dante da Majano, Jacopone da Todi, Guido Cavalcanti, et la prose avec des chroniqueurs comme Dino Compagni, avec les recueils de contes comme le Novellino. Le xiv^ siècle est pour l’Italie un grand siècle littéraire, puisqu’il compte trois noms illustres ; Dante, l’auteur de la grandiose trilogie qui forme la Divine Comédie; Pétrarque, le poète élégant des Sonnets et des Triomphes ; Boccace, qui donne dans son Décameron le modèle de la prose italienne. A ces maîtres, on peut joindre : les poètes Fazzio degli Uberti, Cecco d’Ascoli, Francesco da Barberino, les chroniqueurs Gino Capponi et les deux Villani, saint François d’Assise, l’auteur des exquis Fioretti, l’écrivain ascétique sainte Catherine de Sienne, les conteurs Sacchetti et Giovanni Fiorentino. Le xv» est un siècle d’érudits et d’humanistes, qui écrivent en latin (Pontanus, Sannazar, le Pogge, Marsile P’icin, Pic de La Mirandole, etc.) ; mais c’est en italien que Laurent de Médicis compose ses poésies lyriques, Ange Politien ses Stances, Pulci son épopée comique iVorgante, Savonarole ses sermons, Sannazar son Arcadie, et que se constitue la Comedia delV arte ou comédie improvisée. Au XVI® siècle, la littérature italienne arrive à la perfection de la forme. La poésie épique est représentée par Bojardo, TArioste, le chantre fécond du Roland Furieux, Berni, le Tasse, le poète harmonieux de la Jérusalem délivrée; la poésie didactique par Ruccellaï, Alamanni, Tansillo ; la poésie lyrique par Bembo, ’Vittoria Colonna, TArétin, le sculpteur Michel-Ange, Chiabrera. Le théâtre antique est imité de près dans les tragédies de Trissino et de TArétin, les comédies du cardinal Bibbiena, de TArioste, de Machiavel, TArétin, Piccolomini, Bentivoglio, et du Ruzzante. Le Tasse (t Aminte) et Guarini (le Pastor fido) cultivent la comédie pastorale. Les grands prosateurs du siècle sont l’écrivain politique Machiavel, l’historien Guichardin, B. Castiglione l’auteur du Courtisan, les conteurs Luigi da Porta, Bandello. Firenzuola, Strapparola, Grazzini, les artistes Léonard de Vinci, Benvenuto Cellini et Vassari, le précieux biographe. Le xvii® siècle est littérairement un siècle de décadence ; il voit pourtant les poètes Marini, Kilioaïa, Tassoni, Bracciolini, Salvator Rosa, les historiens Sarpi et Davila ; mais les meilleurs écrivains de ce temps furent les savants comme Galilée et Torricelli. Au xviii® siècle, la tragédie se renouvelle avec Gravina, Maffei, Martelli, Conti, Blanchi, Alfieri. Apostolo Zeno et Métastase composent des drames lyriques, Goldoni inaugure la comédie de mœurs, Gozzi la comédie d’intrigue et la comédie fiabesque (féerique). Citons les historiens et érudits ; Muratori, Tiraboschi, Vico. L’influence française se révèle chez les philosophes Algarotti, Bettinelli, Cecarotti, les Verri, Beccaria, Filangieri ; à la fin du siècle paraît un véritable poète, Parini. Au xix® siècle, les poètes Monti et Ugo Foscolo (celui-ci également prosateur) sont encore des classiques ; puis bientôt apparaissent les chefs du mouvement romantique, qui sont mêlés de près au mouvement de l’indépendance : le poète Berchet, Silvio Pellico, l’auteur de mes Prisons, Manzoni, le nstaître du roman historique dans les Fiancés, Massimo d'Azeglio, Grossi, Guerrazzi, le grand lyrique pessimiste Leopardi. Par réaction contre le romantisme E’est formée l’école païenne de Carducci et de ses disciples, S. Ferrari, Guido Mazzoni, G. Pascoli. Citons encore les poètes A. Graf, G. d’Annunzio, Salvatore di Giacomo. Parmi les prosateurs se distin-

fuent les historiens ou érudits Botta, Balbo, Gioerti, Cesare Cantu, Rossi, Ascoli. De Sanctis, D'Ancona, De Gubernatis, P. Villari, Rajna, les romanciers Giovanni Verga, fondateur du vérisme.

Fogazzaro, d’Annunzio, L. Capuana, Matilde Serao, Grazzia Deledda, le conteur et polygraphe De Amicis ; les auteurs dramatiques Giacosa et G. Rovetta.

— - Archil. Au début de Tère chrétienne, les basiliques païennes furent appropriées aux nécessités du culte. C’est seulement au vi« siècle que T.U'chitecture byzantique pénètre sur certains points de l'Italie. Du xi® au xiii® siècle, Tarchitecture romane se révèle à Pise, à Assise, à Modène, â Parme, à Milan, etc. Au xiii® siècle, le style gothique entre en lutte avec les traditions romano-byzantines. Mais la forme ogivale n'est adoptée que sur la façade des édifices ; à l’intérieur, la voûte romane subsiste.

Avec la Renaissance, c’en est fait de Tarchitecture gothique. Brunelleschi applique sévèrement les ordres antiques. Bramante inaugure une période nouvelle pour la Renaissance. L'ampleur et la sobriété du style caractérisent ses œuvres, en particulier le plan de Saint-Pierre. Peruzzi, San Gallo furent d'habiles continuateurs de Bramante. Michel-Ange, à qui revient l’honneur de la coupole de Saint-Pierre, Raphaël. Jules Romain, Vignole, Serlio, Palladio, Fra Giooondo, Alessi, Vasari, Sansovino, Giacomo délia Porta, etc. emplissent le xvi® siècle de leur gloire. Au xvii® siècle, le déclin se manifeste avec rapidité par Tétrangeté, l’absence de goût, la prodi galité des ornements. Le xviii® et le xix® siècle ne marquent pas un relèvement sensible de Tarchitecture. Bornons-nous à nommer Ivara ou Juvara, Salvi, Vantitelli, Servandoni.

— Sculpt. Les sculptures de la période romanobyzantine sftnt d'une exécution sommaire. Nicolas de Pise, le premier, a eu souci de remonter aux sources antiques. Jean de Pise lui succède. Andrea de Pise sculpte les deux portes du baptistère de Florence. La plupart de ces maîtres sont architectes, sculpteurs et peintres. C’est ce qui explique la tendance générale à ne voir dans la sculpture et la peinture qu’un décor des édifices. L'art statuaire ne sera pratiqué d’une manière indépendante qu'au XVI® siècle. Florence est le centre d'activité le plus remarquable au xv® siècle. Ghiberti s'y inspire de la nature plus que des Anciens. Il forme : Desiderio de Settignano. Andrea Verrocchio. Verrocchio sera le maître de Michel-Ange et de Léonard de Vinci. Leopardo, Michelozzi, Luca et Andrea délia Robbia, Civitali, Mino da Fiesole, Modanino, etc. appartiennent aussi au xv® siècle. Michel- Ange domine l’école, au siècle suivant. Sansovino fonde une école brillante à Venise ; Cellini, Ammanati, Jean Bologne, Francavilla, Merliano da Nola, San Gallo, Lombard!, etc. peuplent Florence, Pérouse, Naples, Orvieto, Lorette de travaux appréciés.

Bernin remplit le xvii® siècle de sa renommée, mais il tombe dans le pittoresque à outrance, et ses continuateurs au xviii® siècle, TAlgarde, Madei-nq, Rossi, Rusconi, Foggini, sont des artisans de décadence.

Une sorte de relèvement se manifeste au début du xix® siècle avec Canova, épris de l’antique, et avec Bartolini. Vers le milieu du siècle, Tart fait place au métier. Vers 1878, la sculpture italienne se ressaisit. Barzaghi, Calvi, Belliazzi, Civiletti, et principalement Monteverde donnèrent le signal d’un réveil. Ferrari (Ettore), Gemito, Danielli, Maccagnani, Pereda et Sodini (Dante), Bazzaro, Nono, Salvini, Blondi, Alberti, Apolloni, Astorri, Balzico, d'Orsi, Gallori, M“® Lancello-Croce, Rosso, Bistolfl, Cifariello, Trentacoste, Troubetzkoy, Calandra. etc. marquent une régénération sérieuse de la sculpture moderne, par Tétude approfondie de la nature.

— Peint. Cimabue est l'ancêtre de la peinture en Italie (xiii® s.). Il rompit avec les traditions byzantines. Mais c’est avec Giotto (126G-1337), son élève, que commence une transformation des types auxquels vont recourir les peintres. Ses disciples ou ses continuateurs sont : Cavallini, le Giottino, Taddeo et Agnolo Gaddi, Buffalmacco, etc. C’est Andrea Orcagna qui occupe le premier rang par ses fresques au Campo-Santo de Pise. Bernardo Orcagna son frère, Simone di Martine, Lippo Memmi, Duccio di Buoninsegna, Pietro et Ambrogio Lorenzetti, etc. travaillent avec éclat au xiv® siècle.

Le siècle suivant s’ouvre avec Fra Angelico da Fiesole, peintre d'une exquise candeur et d’une foi touchante. Son disciple Benozzo Gozzoli est, avec Masaocio, le précurseur de la Renaissance. Uccello, Dello, Castagno, Fra Filippo Lippi, Verrocchio, Pollajuolo-Botticelli, Ghirlandajo. Mantegna, Gentile et Giovanni Bellini, Vivarini, Centile da Fabriano, le Pérugin, Luca Signorelli, le Sodoma, etc. assurent le renom de l’école au xv® siècle.

Au XVI® siècle, l'âge d’or de la peinture, les chefs de l’école sont, par ordre de naissance, Léonard de Vinci, Michel-Ange, Raphaël, Fra Bartolommeo, Andrea del Sarto, Corrège, Titien, Giorgione. A Léonard se rattachent Andrea Solario, Gaudenzio Ferrari, Bernardino Luini. Les suivants de Michel- Ange sont Sebastiano del Piombo,'Daniele da Volterra, Vasari, Salviati, le Bronzino, Allori, le Rosso. Raphaël est l’éducateur de Jules Romain, Penni dit IC le Fattore », Caldara dit « le Caravage », le Garofalo, Perino del Vaga, etc. Corrège aura pour imitateur le Parmesan. Des innombrables disciples de Titien, les deux plus illustres sont le ’llntovet et Véronèse.

Vers la fin du xvi® siècle, les Carraches dominent l’école ; à leur suite viennent le Dominiquin, le Guerchin, Schidone, Lanfi’anco, le Guide, TAlbane, etc. Avec ces maîtres, nous sommes au milieu du XVII® siècle, et la décadence s’accentue d'une façon rapide. Au siècle suivant pourtant, Solimena, Tiepolo, Canaletto, Guardi, Battoni méritent d'être nommés.

Plus pauvre encore est l'école, pendant la première moitié du xix® siècle (Appiani, Rayez, Camuecini, Benvenutl, etc.). Dans la seconde moitié du siècle, on peut signaler les noms de Fontanesi, Ussi de Florence, Gastaldi, Miola, Busi, Gordigiani, Pio Joris, de Nitlis, Massini, Pasini et Pagliano, Castiglione, Galli, Fontana, Boldini, Silvio Rotta, Bazzaro (Leonardo), Carcano, Ciardi, Maocari, Morbelli, Sartorio, Segantini, G. Previati, Balcstrieri, Joris, Michetli, Morelli, E. Tito. V. florentin, romain, VÉNITIEN.

— Grav. La gravure sur bois, en Italie, date de Tapplicaiion de la typographie. Au xvi® siècle, la plupart des maîtres gravent certaines de leurs compositions. On attribue à Hugo da Carpi la découverte de la gravure en camaïeu, à Maso Finiguerra la découverte de la gravure sur cuivre. Marc-Antoine Raimondi, disciple de Raphaël, est un merveilleux interprète des oeuvres du maître. Augustin Vénitien,

Marc de Ravenne, Caraglio, Bonasone constituent la lignée de Marc-Antoine.

Le Parmesan a porté Teau-forte à un rare degré de perfection. Véronèse, Primatice, Baroche, Farinati, Palma, Fontana de Vérone, Giacomo F'ranco, Cesare Vecelli, Mazza, Camoccio, etc. s’adonnent avec éclat à ce mode de gravure.

Au XVII® siècle, les Carraches fixent à Bologne le centre de productions de Teau-forte. Au xvni® siècle, les graveurs ne laissent après eux que des œuvres sans style. Les Tiepolo, Canaletto, Cunego, Volpalto, Porporati. Piranesi, Longhi et Raphaël Morghen font toutefois exception. Au xix® siècle, deux noms sont à retenir : ceux de Calamatta et de Mercury.

— Mus. C’est par l’église que les premières manifestations musicales se produisirent en Italie. Saint Ambroise régla le mode d'exécution des chants religieux. Plus tard, au vi® siècle, saint Grégoire le Grand compléta son œuvre et organisa ï Antiphonaire. Plus tard, au xi® siècle, c’est au moine Guido d’Arezzo qu'on doit une méthode rationnelle d'enseignement de la musique.

A partir de ce moment jusqu'aux approches de la Renaissance, l’Italie compte peu de musiciens nationaux. C’est le temps où les grands contrapontistes de l’école franco-belge visitèrent TItalie, et y firent souche d’élèves : Jean Tinctor, Adrien 'Willaert, Claude Goudimel. Grâce à leurs leçons, surgirent une foule de musiciens remarquables, dont le plus grand est Palestrina, le réformateur de la musique religieuse. L’oratorio commença de fleurir grâce à saint Philippe de Néri.

C’est à Florence qu'un petit cénacle de gentilshommes amateurs, de poètes, de savants, •d’artistes, conçut la pensée d’unir les instruments aux voix dans des espèces d’aclions scéniques rudimentaires, d’abord à un seul, puis à plusieurs personnages. C’est l’origine de l'opéra. Monteverde perfectionna le système musical, en y introduisant l'harmonie dissonante, et par conséquent, la modulation.

Après lui, Francesco Cavalli, son élève, dans l’espace de trente années, de 1639 à 1669, ne fit pas représenter moins de trente-huit opéras. Venise, alors, comptait six théâtres. Ce n'est qu’en 1668 que Naples vit s'ouvrir sa première scène lyrique, en 1778 que Milan inaugura le théâtre de la Scala.

Gregorio Allegri, l'organiste Frescôbaldi, le P. Martini, Jean-Paul Colonna, Carissimi et plus tard Porpora se distinguaient dans le genre de Toralorio, et surtout de la cantate, qui peu à peu s’était substituée au madrigal. Quant à la grande école italienne de violon fondée par Arcangelo Corelli, elle fut illustrée par Geminiani, Locatelli, Lorenzo et Giambattista Somis. C’est aussi à cette époque que Tart de la lutherie prenait tout son essor avec les Amati, les Maggini, les Guarneri, les Bergonzi, les Montagnana et Antonio Stradivari.

De Venise, l’opéra alla s’installer à Naples, d’où il rayonna sur toute TItalie d’abord, sur l'Europe ensuite. Pendant tout le xviii® siècle, l’histoire de la musique en Italie se concentre tout entière dans les exploits de la grande école napolitaine, dont Alessandro Scarlatti doit être considéré comme le chef et l’initiateur. C’est des consei-vatoires de Naples que sortent Gaetano Greco, Durante, Pergolèse, Duni, Gizzi, Jommelli, Paisiello, Piccinni, Porpora, Fenaroli, Guglielmi, Sacchini, Cimarosa, Léo, Tritlo, Sala, Mandanici, Zingarelli, Manfroce, et plus tard Carlo Conti, Mercadante, Bellini.

Dans le reste de TItalie, on peut citer à la grande époque les compositeurs dramatiques Caldara. Galuppi, Rinaldo de Capoue, Francesco Conti, Marcello de Padoue, Nasolini, Ciampi, Gazzaniga, Storace, Gnecco, Sarti, Mengozzi, et surtout Salieri , et, parmi les compositeurs religieux et les organistes, Benedetto Marcello, le P. Mattéi, Pitoni, etc. ; les violonistes Viotti et Paganini. Nous trouvons, au commencement du xix® siècle : Valentino Fioravanti, Paêr, qui se partage entre la France et TItalie, Pavesi, les frères Giuseppe et Luigi Mosca, Carlo Coccia, puis deux grands maîtres à qui la France devait donner la gloire : Chérubin! et Spontlni. Puis vint le plus grand des derniers grands Italiens, Rossini. Presque en même temps, brillaient Bellini et Donizetti.

Autour d’eux on ne voit surgir que de pâles imitateurs Raimondi, Morlacchi, Carafa, Vaccaj, Coppola, Pacini, Mercadante. les deux frères Luigi et Frederico Ricci. Verdi est le dernier représentant de cet art.

L’école musicale italienne n’est plus aujourd’hui qu’un souvenir en dépit de Mascagni, de Leoncavallo, de Puccini, de Giordano, d’Alberto Franchetti, et de don Lorenzo Perosi, qui s’efforce de renouveler le genre de l’oratorio.

— Marche royale italienne. Il n’existe pas, à proprement parler, d’hymne national italien, avec paroles. Une Marche royale, composée en l'honneur de la maison do Savoie par Galleotti, en tient la place dans les cérémonies officielles.

Italie (Histoire d'), par Guichardin (1561). C’est le récit impartial, et en quelque sorte indifférent, des événements dont TItalie fut le théâtre de 1490 à 1534.

Italie ( Voyage en), par H. Taine (1866). Très belles descriptions, dans unirtyle éclatant et concis, parfois un peu tendu.

Italie (guerres d’). On comprend sous le nom de guerres d'Italie l’ensemble des expéditions et des conflits dont TItalie a été Tenjeu et le plus souvent le théâtre de 1494 à 1559, et dont les acteurs principaux ont été la France, l’Espagne et l’Empire. La richesse de TItalie, les querelles intestines des petits Etats et des villes qui se partageaient son sol expliquent les convoitises de l’étranger, ainsi que la durée et la complication de la lutte, dans laquelle on distingue trois périodes :

1® De 1494 à 1521, la France, gouvernée par le chevaleresque Charles VIII, fait valoir sur le royaume de-Naples les droits de la maison d’Anjou. Une rapide conquête (1495) livre aux armées françaises le sud de TItalie ; mais bientôt une coalition générale de l’Autriche, de l’Angleterre, de Venise et de l’Aragon oblige Charles VIII à abandonner son éphémère conquête, et il doit, à la bataille de Fornoue, se frayer un sanglant passage vers la France. Louis XII ajoute un objet nouveau à la lutte, en revendiquant sur le Milanais les droits de Valentine Visconti, duchesse d’Orléans ; mais il a peine à se défendre contre Ferdinand d’Aragon (batailles de Seminara et deCerignola), et contre le pape Jules II, qui, après s'être servi de lui pour battre les Véni-

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tiens à Agnadel (1509), se retourne contre la France, et noue contre elle la Sainte-Ligue avec l'Autriche, l'Angleterre et 1 Aragon. Malgré la victoire de Ravenne, il doit, après l'échec de Guinegatte, abandonner ses conquêtes, aux traités d'Orléans et de Londres (IBU). Seule, la mort de Jules II permet au nouveau roi de France, François l'r, de reconquérir le Milanais à la journée de Marignan (1515).

2» De 1521 à 1529, la lutte prend la forme d’un duel entre François I»' et Charles-Quint, dont la redoutable puissance territoriale, enserrant de tous côtés la France, tend à la monarchie universelle. En 1522, la défaite de La Bicoque coûte le Milanais à François Ier. Celui-ci n’a pas su s'assurer, à l'entrevue du camp du Drap d'or, l’alliance de Henri VIII d'Angleterre, ni retenir sur la pente de la trahison le connétable de Bourbon. Lui-même est défait et pris à Pavie (1525), et réduit, après un an de captivité, à signer le désastreux traité de Madrid, bientôt désavoué. Mais, en 1529, Charles-Quint, inquiet des progrès de la Réforme, signe avec la France la trêve de Cambrai, qui laisse la Bourgogne à François I®'', et l'Italie à l'Empire.

3“ Pendant la troisième période, la lutte s’étend. François If cherche partout des alliés : les protestants coalisés à Smalkalde, la Suède, le sultan Soliman, dont l’intervention sur le Danube oblige l'empereur, après un échec en Provence en 1537, à signer la trêve de Nice (1538), qui dure six ans. En 1544, la reprise des hostilités est marquée par la victoire française de Cérisoles, et terminée par les traités de Crespy et d'Ardres. Après la mort de François If (1547), Charles-Quint continue la lutte avec son fils Henri II ; mais, découragé par son échec devant Metz, il signe la trêve de Vaucelles (1556). Enfin, la vaine tentative d'invasion de Philippe II et la reprise de Calais par le duc de Guise amènent le traité de Cateau-Cambrésis (1559), où la France, renonçant à l’Italie, moins Pignerol, gardait Calais et les Trois-Evêchés. C’était un mince résultat pour de si longs efi'orts. Par ailleurs, la France avait trouvé

Marche royale italienne.

en Italie l’exemple d'un mouvement intellectuel et artistique dont elle allait largement profiter, mais qui entrava de plus de deux siècles le mouvement de la tradition française. V. Renaissance.

Italie (campagne d') [1796]. Ce fut la^ première des grandes campagnes de Bonaparte qui,^ a la tete d'une quarantaine de mille hommes, mal vêtus, mal Hourris, eut pour mission de retenir en Italie les forces autrichiennes de Beaulieu, campées dans la vallée de la Bormida, et l’armée sarde de Colli. Le jeune général réussit à séparer les deux adversaires, battant à Montenotte le corps de Beaulieu, puis à Mondovi les troupes sardes. L armistice de Cherasco signé avec la Sardaigne. Bonaparte poursuivait Beaulieu vers le Tyrol. entrait a Milan, puis investissait Mantoue. A quatre reprises, les Autrichiens essayèrent de débloquer la ville. I ne première tentative, conduite par Wurmser, échouait aux combats do Lonato et de Castiglione. La seconde, dans laquelle Wurmser essaye à nouveau de se frayer un passage par la vallée de la Brenta, aboutit aux échecs de Primolano et de Bassano. Enfin deux tentatives malheureuses d’Alvinzi (combats d'Arcole et de Rivoli) amènent la reddition do la place. Bonaparte, s'enfonçant dps le Tyrol, arrivait jusqu'à Leoben, où étaient signés (18 avr. 1797) les préliminaires de la paix de Campo-Formio. Cette campagne avait coûté à l’Autriche quatre de ses meilleures armées, plus de 80.000 prisonniers et de 400 canons.

Italie [campagne d') [1800]. Les forces autrichiennes étaient représentées on Italie, au début de la campagne de 1800, par l’armée du vieux maréchal Mêlas, que retenait devant Gênes 1 héroïque résistance de Masséna. Bonaparte, se concentrant très habilement à l’entrée du Valais, réussisaita force d’audace à franchir, du 10 au 20 mai, le col tm Grand-Saint-Bernard, dépassait le fort de Bard, entrait à Milan, puis marchait sur Plaisance, attaquant ainsi sur sa ligne de retraite 1 armée de Mêlas,

dont Lannes écrasait un corps avancé au combat de Montebello. Le 10 juin, Bonaparte se heurtait, à Marengo, aux forces autrichiennes, et, après un très pénible combat, les écrasait grâce à l'appui de la division Desaix, amenée en toute hâte par son chef. Coupé du Tyrol, Mêlas devait, par la convention d'Alexandrie, restituer Gênes, et se retirer au delà du Mincio. Cette courte et décisive carnpagne est la plus parfaite peut-être que Napoléon ait dirigée.

Italie [guerre d') [1859]. Entreprise par Napoléon III contre l’Autriche, elle eut pour résultati sinon pour objet, 1 affranchissement de la nation italienne, et son unification sous la dynastie de Savoie- L'entrevue de Plombières (sept, 1858) avait décidé do l’alliance franco-italienne. Provoquée par les armements du Piémont, la guerre fut déclarée dès la fin d'avril 1859 par l'Autriche, dont les troupes envahirent ce pays. Les hostilités devaient être courtes. Concentrée dans la plaine d’Alexandrie, l’armée française dégageait aux combats de Montebello et de Palestre le Piémont envahi. Puis, tandis que s’insurgeaient sur la gauche des Autrichiens la Toscane et les Légations, ainsi que Parme et Modène, Napoléon III franchissait en face d'eux le Tessin, résistait assez longtemps près de Buffalora pour permettre à Mac-Mahon de remporter à Magenta un succès sanglant mais décisif. Milan était occupé, après le combat de Melegnano, Enfin, la ligne du Mincio était conquise à la journée de Solférino, Cependant, ces succès français alarmaient le patrioti.sme allemand, La Prusse, se croyant menacée, mobilisait. Devant ces menaces de complications, Napoléon III crut devoir signer avec l’Autriche les préliminaires de la paix de Villafranca, qui posa les bases du traité de Zurich. Quelques mois après, la France trouvait le bénéfice de son intervention dans la cession, d’ailleurs approuvée par le vote presque unanime des habitants, de Nice et de la Savoie.

Italie [médaille d'), décoration commémorative accordée par décret du 11 août 1859 à tous les marins et militaires ayant pris part à la campagne d’Italie. Ruban rouge à six raies verticales blanches.

Italie (la Jeune), association fondée en 1831, à Marseille, par Mazzini, avec Bianco et Santi, pour assurer l'indépendance et l'unité de l'Italie sous le régime républicain.

Italien, enne \li-in, è-ne], habitant ou originaire de l’Italie : les Italiens. Adjectiv. : coutumes italiennes. N. m. Langue italienne. Guide extérieure dans les voitures légères à deux chevaux. N. m. pi. Théâtre italien de Paris ; aller aux Italiesis.

— Enoycl. Linguist. 'V. Italie.

Italienne à Alger [V), opéra bouffe, poème d’Arelli, musique de Rossini (1813) ; partition d’une gaieté franche et vive. Le trio Papataci est classique.

Italiens [H-in] [théâtre des), ancien théâtre de

Paris, y. THEATRE ITALIEN.

Italiotes, nom général qu’on donne aux populations primitives de l'Italie centrale : Latins, Ombriens. Samnites, etc.

itaiiq.U© adj. Qui a rapport à l’Italie ancienne : les langues italiques. N. m. et adj. Impr. Caractère d’imprimerie un peu incliné vers la droite, comme l'écriture ordinaire, et inventé en Italie par Aide Manuce : un bel italique ; des caractères italiques.

Enoycl. Les langues italiques, parlées pendant

la période romaine dans l'Italie centrale, étaient le latin et ses dialectes : le groupe ombrien-samnite, gQix^pi’cnant 1 ombrien et 1 osque ou samnite, le sabellien.

Italique [école), nom donné à Técole de Pythagore, qui enseigna longtemps en Italie.

italitlué [ké], eadj. imprimé en caractères italiques.

italisme [lis-me] n. m. y. ITALIANISME.

Italus ou Italos. Myth. Roi grec qui passait pour avoir donné son nom à l’Italie.

I-Tcliang, V. de la Chine (Hou-Pé), sur le Yano-’lsé-Kiang; 40.000 h. Important commerce de cotonnades, opium ; port fluvial ouvert aux Européens.

Itéa, petit port de Grèce, sur la côte septentrionale du golfe de Corinthe, au pied du Parnasse ou Parnès. Le port d'Amphissa, capitale du nome de Phocide-et-Phthiotide, a été une base navale pour les Alliés pendant la Grande Guerre.

ite et docete, mots lat. signif. ; Allez et enseignez. Mots de l'Evangile selon saint Matthieu [XXVIII, 19] que Jésus, prenant congé de ses disciples, leur adresse pour leur ordonner d’aller porter la bonne nouvelle chez tous les peuples et les baptiser au nom du Père, du Fils et du Saint-Esprit.

Itegliem, comm. de Belgique (Anvers, arr. de Malines), sur la Grande Nèthe ; 2.450 h. Huile.

item [tèm'] adv. (m. lat.). En outre, de plus. (S’emploie surtout dans les comptes, les énumérations.) N. m. invar. : il y a dans ce compte trop d'item.

ite missa est, mots lat. signif. ; Allez, la messe est dite. Formule liturgique de la messe, qui précède la bénédiction finale donnée par le célébrant. Moment où ces paroles sont prononcées : sortir à Vite missa est.

Itenberg, plateau de Belgique (Flandre-Occidentale, arr. de Roulers), enlevé par les Français le 14 octobre 1918, au début de la bataille de Roulers, qui fait partie de la deuxième bataille de Belgique (28 sept.-ll nov.).

itératif, ive adj. (du lat. iterum, derechef). Fait ou répété plusieurs fois ; sommation itérative.

itération [si-on] n. f. (de itératif). Action de répéter, de faire de nouveau. (Peu us.)

itérati'Vement [»ian] adv. [àe itération). Pour la seconde, troisième, quatrième fois.

itérer v. a. Syn. aujourd’hui inusité de réitérer.

ithaginis [la-ji-niss] n.m. Genre dhiseaux gallinacés très répand vis dans 1 Inde, et qui ont laspeet et les mœurs des francolins.

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