Justaucorps (xvii«s.); 2. Justaucorps de femme
JUS
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Justel Christophe), érudit et canoniste protestant, né à Paris (1580-164-9). Il était le secrétaire de Henri IV, au moment de son assassinat.
justelette [jus-te-U-U] n. f. Flacon de table plus petit que la juste,
justemeilt Ijus-te-man] adv. Avec justice : trancher justement un différend. Avec raison, vérité : comme on l'a dit justement. Précisément : voilà justement ce qu'il nous faut. Ant. Injustement.
juste-milieu n, m. Méthode de gouvernement, qui consiste ii se tenir également éloigné des partis extrêmes. Partisan de cette méthode ; c'est un justemilieu. Nom donné particulièrement au gouvernement de Louis-Philippe qui, dans un discours de 1831, disait : « Quant à la politique intérieure, nous chercherons à nous tenir dans un juste milieu ». Adjectiv. : député juste-milieu.
justesse [/ws-té-se] n. f. (de juste). Qualité de ce qui est exactement adapté, approprié : la justesse d'une vis pour un écrou ; la justesse d'une balance. Qualité qui fait apprécier ou exécuter d'une façon exacte : la justesse de l'oreille, du tir. Fig. Exactitude, véiùté, raison : la justesse d'une observation. Turf. Gagner de justesse, se dit d'un cheval qui devance de très peu son principal adversaire, et seulement dans les dernières foulées : » sur le poteau ».
justice [jus-ti-se] n. f. (lai. justitia ; de jus, le droit). 'Vei’tu qui fait que l’on respecte le droit d'autrui, et que l'on rend à chacun ce qui lui appartient : la justice n'est pas toujours facile à pratiquer. Bon droit, vérité : ne vous fiez pas uniquement à la justice de votre cause. Fn bonne justice, selon ce qui est de droit. Action ou pouvoir de prononcer sur les droits de chacun, de punir ou de récompenser : la justice divine. Exécution capitale. (Vx.) Action de reconnaître les droits de quelqu’un ; demander justice. Haute justice, celle qui donnait aux seigneurs le droit de prononcer des peines capitales. Basse justice, celle qui ne s’appliquait qu’à des affaires de peu d'importance. Juridiction ; justice civile, criminelle. Ensemble des tribunaux, des magistrats : la justice française. Personnification de la justice considérée comme divinité (en ce sens, prend une majuscule). Faire justice à quelqu'un, réparer le tort qui lui a été fait. Faire justice de quelqu'un, le traiter comme il le mérite. Faire justice d'une chose, la s\ipprimer ; la signaler telle qu'elle est. Se faire justice, se venger soi-même ; se condamner et se punir soi-même. Bois de justice, la charpente de l'échafaud. Descente de justice, v. la partie encycl. Allus. BIST. : Justice immanente, paroles célèbres de Gambetta (discours de Cherbourg, 9 août 1880). Le tribun y fait allusion, à propos du rapt de l'Alsace et de la Lorraine par les Allemands, à une justice réparati’ice, immanquable et nécessaire. Allus. LiTTÉR. V. PEDE PÆNA CLAUDO. Ant. Injustice.
— Encycl. Dr. L’administration de la justice est confiée au ministre de la justice, qui est en même temps garde des sceaux, et, à ce titre, veille à la garde du sceau de l’Etat, l'appose sur les lois, traités, actes de chancellerie, et conserve les originaux des lois.
L’organisation judiciaire date, dans ses lignes générales, d'une loi des 16-24 août 1790, modifiée par celle du 30 août 1883. En principe, la justice émane du chef de l’Etat, et est rendue en son nom ; mais ceux qui la rendent sont inamovibles, et ainsi ils sont indépendants du gouvernement.
Les corps constitués pour exei'cer le pouvoir judiciaire portent le nom général de tribunaux. Ceuxci se divisent en tribunaux ordinaires (tribunaux d arrondissement et cours d’appel) et tribunaux spéciaux ou d'exception (justices de paix, tribunaux de commerce, conseils de prud'hommes), suivant que leur compétence est générale ou spéciale. On les divise encore en tribunaux de première instance et cours d'appel, suivant qu’ils jugent en premier ou en deuxième ressort. Chaque tribunal exerce la justice sur une certaine partie du territoire appelée ressort.
Les circonscriptions judiciaires correspondent à peu près aux circonscriptions administratives. Ainsi, il y a : une justice de paix par canton, un tribunal de première instance par arrondissement, une cour d’appel pour un ou plusieurs départements, une Cour de cassation pour toute la France. Quant aux tribunaux de commerce, il y en a seulement dans les villes commerçantes, et des conseils de prud'hommes jugent, dans les villes manufacturières, les difl'érends entre patrons et ouvriers.
En dehors et au-dessus des divers tribunaux, la Cour de cassation a pour fonction de veiller à l’application des lois et des formes de procédure i elle juge non pas les affaires, mais les jugements. V. COUR.
Il y a. enfin, des tribunaux administratifs : conseil d'Etat, Cour des comptes, conseils de préfecture, etc.
La magistrature se divise en magistrature assise (magistrats du siège, chargés du jugement) et la magistrature debout (membres du ministère publie ou des parquets). Seule, la magistrature assise est inamovible.
Le principe de l’inamovibilité, sur lequel repose notre organisation judiciaire, est une garantie d'in dépendance.
Sont inamovibles les conseillers à la Cour de cassation, à la Cour des comptes et aux cours d'appel, les juges des tribunaux de première instance ; mais sont amovibles les juges de paix, les membres des parquets, les membres des tribunaux de commerce et des conseils de prud'hommes.
Les magistrats sont présentés à la nomina-tion du chef de l'Etat par le ministre de la justice. L'àge (de vingt-deux à trente ans) varie suivant les fonctions.
Avant d'être installés, les magistrats de tout ordre sont tenus de prêter serment.
La Cour de cassation constitue le conseil supérieur de la magistrature.
Les organes directs de la justice sont les juges ; mais auprès d'eux se placent ; d'une part, les membi'es du ministère public, qui requièrent, au nom de l'Etat ou de la société, les décisions de la justice ; d’autre part, les avocats, chargés de présenter, en les développant, les moyens des parties ; enfin, des officiers ministériels (huissiers, avoués, greffiers), qui, revêtus d’un caractère public, ont mission d'assister soit les juges, soit les parties.
En matière criminelle, on distingue, selon la gravité de l'acte punissable, les contraventions, les délits et les crimes, qui sont respectivement de la compétence des tribunaux de simple police, des tribunaux correctionnels et des cours d'assises.
Le tribunal de simple police, c'est la justice de paix jugeant les contraventions. Le tribunal correctionnel, c'est le tribunal d' arrondissement statuant sur les délits. Les crimes sont déférés aux cours d'assises.
Déni de justice. 'V. déni.
Haute cour de justice. V. sénat.
Maison de justice. V. rrison.
Descente de justice. On distingue : 1“ la descente sur lieux en matière civile, c'est-à-dire le transport d’un juge, soit d’office, soit sur réquisition d’un tribunal ou des parties, en vue de recueillir sur place des renseignements utiles à la cause. La partie requérante doit consigner au grefl'e les frais de transport ; 2o la descente sur lieux en matière pénale, effectuée soit par le juge d'instruction accompagné du procureur de la République, soit par ce. dernier magistrat seul en cas de flagrant délit. Elle a pour objet le transport de la justice sur les lieux pour s'éclairer, notamment en reconstituant la scène du crime.
Justice de paix. Il y a une justice de paix par canton, et le tribunal est composé d'un seul juge, qui a pour auxiliaires deux juges suppléants, et qui est assisté d’un greffier. Les juges de paix sont nommés par déeret et révoqués de même, car ils ne jouissent pas du privilège de. l’inamovibilité. Ils doivent, ainsi que leurs suppléants, être Français, âgés de trente ans, jouir de leurs droits civils et politiques.
Les suppléants ne reçoivent aucun traitement ; le second suppléant n'exerce ses fonctions qu'à défaut du premier.
A Paris, il y a une justice de paix par arrondissement.
La justice de paix forme le premier degré de la hiérarcliie judiciaire.
En matière civile, les juges de paix ont une triple mission : 1» comme conciliateurs avant tout, ils cherchent à arranger à l'amiable tous les différends qui prennent naissance dans leurs cantons respectifs ; 2» comme juges, ils statuent sur les affaires de leur compétence ; 3» enfin, en vertu d'attributions extrajudiciaires, ils convoquent et président les conseils de famille, délivrent des actes de notoriété, etc. En matière pénale. Us sont juges de simple police et officiers de police judiciaire.
Le juge de paix agit comme conciliateur, tant dans les affaires de la compétence du tribunal de première instance (grande conciliation) que dans celles de sa compétence propre (petite concitiation.)
Toutes les causes civiles sont en principe soumises au préliminaire de conciliation.
Le délai de convocation est de trois joufs francs entre le jour de la citation et celui de la comparution ; une citation remise le 1er convoquera donc pour le B au plus tôt.
La citation permet aux parties qui ne se concilient pas de porter leur demande devant les tribunaux.
Les procès de la compétence des juges de paix sont soumis à la petite conciliation, en dehors de l'audience. Dans ce cas, la partie demanderesse fait parvenir à son adversaire un avertissement sur papier timbré, écrit par le greffier, et expédié par la poste. Le juge de paix délivre un permis de citer, s’il n'y a pas conciliation ou si le défendeur fait défaut.
La petite conciliation est appelée aussi conciliation sur avertissement, et la grande, conciliation sur citation.
Devant les justices de paix il n’y a pas de ministère public, ni de constitution d'avoué. Les parties comparaissent en personne ou par mandataire.
La loi donne aux juges de paix la connaissance de toutes les actions purement personnelles ou mobilières ; elle fixe de 100 francs à 300 francs en dernier ressort et de 200 francs à 600 francs en premier ressort la valeur des demandes sur lesquelles ces magistrats sont appelés à statuer : c'est leur compétence ordinaire, l^es affaires qui rentrent dans leur compétence extraordinaire se divisent en trois classes ; 1“ pour les unes (par exemple, contestations entre hôteliers et voyageurs), ils prononcent sans appel jusqu’à la valeur de 300 francs et à charge d’appel jusqu’à i.BOO francs ; 2» pour les autres (baux à loyer, etc.), ils connaissent sans appel jusqu'à la valeur de 300 francs, et à charge d'appel à quelque valeur que la demande puisse s'élever ; 3° pour d'autres, enfin, ils ne statuent jamais qu'à charge d'appel (par exemple, demandes de pension alimentaire, actions possessoires).
Des lois spéciales ont étendu à quelques autres matières la juridiction des juges de [>aix (contestations en matière de douanes, etc.).
Les parties peuvent convenir de « proroger », c'est-à-dire d’étendre volontairement la compétence du juge de paix. La prorogation de compétence a pour but : de donner au juge le droit de statuer en dernier ressort là où il ne devrait statuer qu’à charge d'appel.
Le juge de paix qui, lorsqu’il rend des jugements, fait acte de juridiction contentieuse, a en outre des attributions qui ne supposent l’existence d'aucun différend, d'aucun litige : il fait alors acte de juridiction gracieuse.
Les fonctions extrajudiciaires des juges de paix sont nombreuses. Elles consistent notamment : à convoquer et présider les conseils de famille, pour tout ce qui concerne les mineurs et les interdits ; à faire l'apposition et la levée des scellés, soit après décès, soit en cas de faillite ou do liquidation judiciaire ; à dresser les actes d’adoption, de tutelle officieuse et d'émancipation ; à délivrer des certificats de vie et de propriété et des actes de notoriété.
Le juge de paix, comme officier de police judiciaire, est chargé dans son canton de la recherche des délits et des actes d'instruction criminelle, comme auxiliaire du procureur de la République. 11 est on outre chargé exclusivement de juger les contraventions de police dans sa circonscription cantonale (tribunal de simple police), et il est assisté
en ce cas d’un commissaire de police faisant les fonctions de ministère public.
Les personnes citées en justice de paix peuvent se présenter elles-mêmes ou bien se faire représenter par un avocat régulièrement inscrit, un avoué ou un mandataire porteur d’une procuration spéciale sur papier timbré, et enregistrée.
— Dr. milit. Tribunaux militaires. Les tribunaux chargés de juger les délits et crimes militaires portent le nom de conseils de guerre-, ils sont composés d'officiers. Dans certains cas déterminés, les jugements des conseils de guerre peuvent être déférés en appel à un tribunal supérieur dit conseil de révision.
La justice militaire pour l’armée de mer est rendue par des conseils de guerre, un conseil de révision, et des conseils de justice. Les deux premières de ces juridictions siègent soit à terre, soit à bord. Permanentes dans le premier cas, elles ne sont constituées à bord que pour des affaires déterminées. Les conseils de justice siègent à bord, et sont toujours temporaires.
En temps de paix, la Cour de cassation est juge d’appel des décisions des tribunaux militaires et maritimes siégeant à l'intérieur du territoire.
Justice (Palais de), à Paris, situé dans l’ile de la Cité. Il sei-vit longtemps de château fort et de palais royal. Robert le Pieux le fit reconstruire presque en entier. Saint Louis y fit ajouter par l'architecte Pierre de Montereau des constructions considérables. De cette époque datent la Sainte-Chapelle, les tours rondes de la Conciergerie et la grande salle voûtée dite cuisine de Saint-Louis. Charles ’V commença à délaisser cette demeure royale pour l'hôtel Saint- Paul. Le Pai-lement y éiait installé depuis Philippe
le Bel. Louis XII fit construire la Cour des comptes. Détruit en grande partie par un incendie en 1618, l3 Palais fut reconstruit par Jacques Debrosse. Les incendies de 1737, 1776, 1871 furent l’occasion de nouvelles constructions (bâtiments de la cour de Mai, de la cour de la Sainte-Chapelle, parties voisines de la tour de l'Horloge, façade sur la place Dauphine).
Justice (la), poème philosophique de Sully Prudhomme, d'un style énergique et sobre et d'une inspiration élevée (1878).
Justice la), fresque de Raphaël, aux Chambres du Vatican.
Justice de Trajan (la), tableau de Delacroix, au musée de Rouen ; peinture du dessin le plus énergique, de l’exécution la plus fougueuse, du coloris le plus hardi.
Justice et la 'Vengeance divine poursuivant le Crime (la), chef-d'œuvre de Prudhon (Louvre), magnifique allégorie, d’une poésie lugubre et saisissante. (V. p. 1261.)
justiciabilité \jus-ti-si-a] n.f. Etat, condition de justiciable.
justiciable [jus-ti] adj. et n. Qui doit répondre devant certains juges : les ministres sont justiciables de la Haute Cour.
justicie \jus-ti-sî\ n. f. Genre d'acanthacées.
— Encycl. Les justicies (justieia) ou carmantines sont des arbustes élégetnts ou plantes herbacées, à tige cylindrique ou anguleuse, originaires des régions chaudes, mais cultivées en Europe (serre chaude ou tempérée). Plusieurs espèces de justicies ont des propriétés médicinales.
justicier fius-ti-si-é] adj.
et n. m. Qui avait droit de rendre la justice sur ses terres :
seigneur haut justicier. Qui aime à faire régner la justice : saint Louis fut un roi justicier.
justicier [jus-ti-si-é] v. a.
(Se conj. comme prier.) Punir en exécution de sentence ou d’arrêt : justicier un criminel.
justifiable [jus-ti] adj.
Qui peut être justifié. Ant. Injustifiable.
justifiablement \jus-ti, man] adv. D'une manière justifiable.
justifiant [jus-ti-fi-an], e adj. Théol. Qui rend juste intérieurement : grâce justifiante.
justificateur, trice [rus-tv. adj. Qui tend à justifier : témoignage justificateur. N. m. Fond, tjipogr. Ouvrier qui justifie les caracières d'imprimerie ; instrument dont il se sert.
Palais de Justice (Paris).
Justicie.
JUS
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La Justice, peinture de Raphaël, au Vatican.
justificatif, ive [jus-îi] adj. Qui sert à justifier quelqu’un, ou à prouver quelque chose : mémoire justificatif.
justification [jus-ti, .si-Oîi] n. f. (lat. justificatio). Action de justifier, de se justifier : écouter la justification de quelqu'un. Preuve d’une chose, d’un acte ; la justification d'un fait. Acte par lequel l'homme passant du péché à l’état de grâce devient digne de la vie éternelle. Impr. Longueur des lignes d'impression comprises entre les marges.
justifier [jus-ti-fi-^] v. a. (lat. justificare ; de justus, juste, et facere, faire. — Se conj. comme prier.) Démontrer, prouver l’innocence : avocat qui a justifié son client. Fig. Légitimer : le mérite seul justifie l' ambition. Donner la preuve : justifier un acte. Théol. Rendre juste. Typogr. Mettre à la longueur admise pour les lignes. V. n. Justifier de, donner la preuve de. Se justifier v. pr. Prouver sou innocence. Etre justifié.
justifieur [jus-tij n. m. Typogr. Principale partie du coupoir.
justin (mot bret., tiré du français ajuster). N. m. Corsage ajusté des Bretonnes.
Justin le Martyr (saint), philosophe et apologiste chrétien, né à Naplouse, martyrisé à Rome vers 165, auteur des deux Apologies de la religion chrétienne. Fête le 13 avrU.
Justin, historien latin de l’époque des Antonins (il® s.), qui, dans ses Histoires philippiques, a abrégé l'Histoire universelle de Trogue-Pompée. •
J UStin empereur
d’Orient de 518 à 527. Paysan illyrien, il avança dans l'armée et s’empara du trône à la mort d’Anastase. 11 rétablit un moment l’union avec Rome. Oncle de Justinien. — Justin II, neveu et successeur de Justinien, empereur d'Orient de 565 à 578.
Justine (sainte), née à Antioche, martyrisée à Nicomédie (Ismid) vers 304, par ordre de Dioclétien. Fête le 7 octobre.
Justine de Padoue (sainte) ; elle subit le martyre sous Dioclétien. Fête le26 septembre.
Justine, impératrice romaine, épouse de Valentinien 1er ; m. à Thessalonique en 388.
Justinien [ni-in] I", né en Dardanie d’une famille de paysans illyriens , empereur d'Orient de 527 à 565. Il profita de la fortune de son oncle Justin Ier, qui l'associa â l’empire. Servi par les généraux Bélisaire et Narsès,
il triompha de la sédition Nika, combattit les Vandales et les Perses, conquit l'Afrique et l'Italie ; il fit compiler le Digeste, les Institutes, les Novelles et les Codes et construisit d'admirables monuments ; entre autres, Sainte-Sophie de Constantinople. La législation de Justinien a exercé dans le monde une longue influence, et ses institutions administratives ont été le point de départ de la réforme des thèmes. Justinien épousa une ancienne comédienne, Théodora. — Justinien II, empereur d Orient en G85, exerça un pouvoir tyrannique ; détrôné par Léonce en 695, rétabli en 705, assassiné en 711.
justitium '\jus-ti-si-oni']n. m. (mot lat.). Antiq. rom. Clôture des tribunaux par suite de vacances régulières, à l'occasion d'un deuil public, etc.
justum et tenacem propositi virum, mots lat. signif. ; l'homme juste et ferme en son dessein. Commencement d'une ode (III, 3, 1), où Horace développe cette idée que le monde se briserait sans émouvoir l'homme juste et ferme. V. impavidum.
jutô n. m. (sanscr. jMta). Nom vulgaire de lacirète capsulaire [corchorus capsularis). Matière te.xtile fournie par les fibres de cette plante.
— Encycl. Le jute, pitt ou patt, est une grande herbe de la famille des tiliaoées, voisine des tilleuls, originaire de l’Inde et cultivée en Chine et en Indochine.
On le sème en mai, et on le coupe en septembre, avant la maturité des fruits. Les tiges sont mises à rouir, et l’on sépare facilement alors les fibres. La matière textile est utilisée depuis la plus haute antiquité ; elle prend bien la couleur.
juter [<éj V. n. Rendre da jus: rôti qui jute. Arg. Baver d’étônnement.
Jutes, peuple de la famille gothique, qui habitait la Chersonèse Cimbrique et a donné son nom au Jutland.
juteux, euse [teâ, eu-ze] adj. Qui a beaucoup de jus ; bifteck juteux. Pop. Elégant;, excellent. N. m. Ai'g. milit. Adjudant.
Jutland, presqu’île du Danemark, au N. du Slesvig. (Hab. Jutlandais.)
Jutland {bataille navale du). La bataille navale du Jutland , livrée le 31 mai 1916 entre la flotte allemande de von Hipper et les navires anglais de Beatty, a été la seule bataille navale importante de la Grande Guerre. Elle a eu lieu dans la mer du Nord, à l'ouest du Jutland, à la hauteur du Limfjord. Elle a d'abord été tenue pour une victoire britannique, mais semble bien avoir été pour la marine anglaise moins heureuse qu'on ne l’avait cru d'abord, Néanmoins, depuis lors, la flotte allemande n’a plu's essayé de sortir de ses ports pour se mesurer avec les escadres britanniques.
Jllturne, nymphe romaine, protectrice des eaux, qui fut aimée de Jupiter. Une petite source située sur le Forum, près des temples de Castor et de Vesta, lui était dédiée. Le monument de la fontaine Jllturne a été retrouvé, et l'eau y surgit encore.
juveignerie [và-gne-rî] n. f. (du lat. junior. plus jeune). Dr. anc. Rang de naissance d'un fçère puîné.
juveigneur [vè-gneur] n. m. Dr. anc. Frère puîné ayant un apanage.
Juvénal (Decimus Junius Juvenalis), poète satirique latin, né à Aquinum (Apulie) vers 42, m. vers 125. Les quatorze Satires qu'on possède de lui sont pleines d'énergie et d'indignation contre les vices de Rome, qu’il se complaît à raconter, à flétrir, non sans quelque dêclamaiion.
Juvénal ou Jouvenel des Ursins
(Jean l'i), magistrat français, prévôt des marchands en 1388, né à Troyes, m. à Poitiers (1360-1431 ). En 1408, il fit donner la régence du royaume à Isabeau de Bavière. — Son fils,
Jean II, magistrat, prélat et historien français, archevêque de Reims, né à Paris, m. à Reims (1388- 1473), auteur d'une Chronique de Charles VI, révisa le procès de Jeanne d’Arc. — Guillaume, frère de
Jean II, né et m. à Paris (1400-1472), fut chancelier de France sous Louis XL
juvénalesque [iès-fte] adj. Qui imite Juvénal, qui ressemble à J uvénal.
juvénat [na] n. m. (du lat. juvenis, homme jeune). Stage en usage chez certains religieux, dans lequel on revoit ses études classiques pour se jiréparer au professorat.
JuvencuS, poète latin chrétien du temps de Constantin, né en Espagne, imitateur du style de Virgile.
juvénile adj. {la.t. juvenilis ; de juvenis, jeune). Qui tient à la jeunesse : calmez cette ardeur juvénile. Ant. Sénile.
juvénilement [man] adv. D’une manière juvénile. (Peu us.)
juveuilla [ué] n. m, pl. (mot lat. signif. choses de jeunesse). Titre donné souvent à des poésies écrites dans le jeune âge de l'auteur. (Les plus connues sont les Juvenilia de Th. de Bèze [1548].)
juvénilisme [lis-me] n. m. (de juvénile). Pathol. Ensemble des caractères de retard que présentent souvent, à l'âge normal de la puberté, les descendants de tuberculeux, d’arthritiques, etc.
juvénilité n. f. Caractère de ce qui est juvénile. (Peu us.) Ant. Sénilité.
Juveuta) déesse de la jeunesse, chez les Romains.
Juvlgné, comm. de la Mayenne, arr. et à 26 kil. de Laval ; 2.460 h.
Juvigny, ch.-l. de c. (Manche), arr. et à 9 kil. de Mortain, entre la Sée et la Sélune ; 750 h. (Juvignasiens). — Le cant. a 9 coram., et 4.840 h.
Juvigny, comm. de l’Aisne, arr. et à 10 kil. de Boissons ; 368 h. (en 1914). Ch. de f. Attaquée par l’armée Mangin pendant la deuxième bataille de Noyon, du 17 au 29 août 1918, elle fut prise par elle le 31 suivant. Presque entièrement détruite.
Juvigny -so US -Andaine, ch.-i. de c.
(Orne), arr. et à 12 kil. de Domfront, sur l’Andainette ; 1.360 h. {Juvignasiens) . Ch. de f. Et. — Le cant. a 13 comm., et 8.810 h.
Juvincourt-et-Damary, comm. de r Aisne, arr. et à 25 kil. de Laon, sur la Miette, affluent de l'Aisne, en Champagne Pouilleuse ; 568 h. (en 1914). Juvincourt a été le théâtre de nombreux engagements pendant la deuxième bataille de l’Aisne, puis en novembre 1917 et en mars 1918. A moitié détruit.
J uvisy-sur-Orge, comm. de Seine-et-Oise, arr. et à 12 kil. de Corbeil, non loin de la Seine ; 4.250 h. Ch. de f. Grande-Ceinture, Orl. et P.-I;, M. Pépinières. Parc dessiné par Lenôtre. Pont des B elles-F ontaines.
JUXOU ljuks-onn'] (William), prélat anglais, né à Chiches (1582-1663), évêque de Londres ; c’est à lui que Charles I®'' adressa ses dernières recommandations et le fameux « Romember ! » {Souvenez-vous !). A la Restauration, il devint archevêque de. Cantorbéry.
juxta-COUraUt n. m. Physiq. Nom donné parfois au courant induit ordinaire, par opposition à extra-courant.
juxtalinéaire [juks-ta, è-re] adj. (du lat. juxta, à côté, et linea, ligne). Se dit d'une traduction où le texte et la version occupent deux colonnes contiguës (une ligne de oeUe-ci correspondant à une ligne de celui-là).
juxtaposer [juks-ta-po- zi] v. a. (du latjuxta, à côté, et de poser). Poser à côté d'une autre chose.
juxtaposition [juks-ta-po-zi-si-on] n. f. Situation d’une chose à côté d’une autre, sans rien qui les sépare. Mode d'accroissement dans les corps inorganiques, qui consiste dans l’application successive de nouvelles molécules sur le noyau primitif.
juxtatropical [juks-ta, kai] e, aux adj. Qui est dans le voisinage des tropiques.
juzal n. m. Nom vulgaire de l'éléphantiasis.
Juzenneoourt fâowr], ch.-l. de c. (Haute- Marne), arr. et à 16 kil. de Chaumont ; 270 h. [Juzennecourtois). — Le cant. a 24 comm., et 4.380 h.
jyngipicUS [jin-ji, kuss] n. m. Genre d'oiseaux grimpeurs, famille des picidés, comprenant des épeiches ou petits pics bariolés de gris, de blanc et de noir, avec le ventre fauve clair grivelé de brun, et qui habitent l'Asie septentrionale.
Justinien, d’après la mosaïque de Saint-Vital, à Ravenne.
[ka ou ke\ n. m. Onzième lettre de l’alphabet et la huitième des consonnes : un IC majuscule ; un k minuscule.
Paléogr. Considéré comme signe graphique, le K représentait la gutturale dure, tandis que le C avait primitivement la valeur de notre G.
Lorsque, vers le iii» siècle av. J.-C., le G fut inventé pour représenter le son doux, C prit le son dur, et le K fut supplanté et éliminé. Il ne subsiste guère dans les langues latines que pour exprimer les mots d’origine étrangère. Au contraire, les langues germaniques en font largement usage. Comme signe graphique, le K subit de nombreuses modifications, suivant que le caractère est de 1 an-
ÉcRITURES MODERNES
XÂ. Xh
Anglaise
Ronde
Bâtarde
glaise, de la ronde, de la bâtarde, de la coulée, ou du romain, de l'italique, de la normande, de l’égj-ptienne, etc.
— Numism. K désignait l’hôtel des monnaies de Bordeaux.
symbole chimique du potassium (kalium).
ka, nom égyptien du double. (V. double.)
Kaaba. V. Càabà.
Kaalund (Ilans WUhelm), poète danois, né à Copenhague (1818-1885)); auteur de Fables et poésies mêlées, de Fables pour enfants, de drames romantiques ou lyriques: la WalkyrieGcenUul, Fulvia, etc.
Kaarta, pays de l’Afrique-Occidentale française (Sénégal), sur la rive dr. du Sénégal ; 300.000 h. environ. Conquis par le colonel Apchinaixl en 1890-1891. Ch.-l. Nioro.
kabak n. m. En Russie, lieu public où l’on vend du vin, des liqueurs, etc.
Kabardlen, enne [di-in, ê-ne], population du Caucase, appartenant au groupe tcherkesse et en grande majorité musulmane.
kabary n. m. a Madagascar, assemblée populaire, où une tribu discute les décisions à prendre.
kabin n. m. Somme d’argent que, chez les mahométans. le mari est tenu de payer à la femme qu’il répudie.
Kablé (Jacques), homme politique alsacien, né â Brumath, m. à Strasbourg (1830-1887). Député de Strasbourg au Reichstag, il fût un des plus énergiques protestataires contre le traité de Francfort.
Kaboul on Caboul, capit. de l'Afghanistan, sur ia rivière de Kaboul, afû. de l'Indus ; 80.000 h. Porte citadelle, plusieurs fois occupée par les Anglais. Bazars. Commerce de soieries, étoffes, fruits.
Kabr-Ibrakim ou El-Ktialîl d’ancienne Hébron), v. de Palestine, sur un plateau qui sépare la Méditerranée de la mer Morte ; 13.000 h. 'Vignobles ; cotonnades.
kabyle n. m. Grand châle commun, à petites fleurs détachées, sur un fond tissé en armure, sergé de quatre en quatre.
Kabyle, habitant ou originaire de Kabylie : les Kabyles. N. m. Langue parlée en Kabylie. Adjectiv. : coutumes kabyles.
Kabylie, partie de l’Algérie à l'E. d'Alger, dans les dép. d’Alger et de Constantine. Elle se divise en Grande Kabylie et Petite Kabylie ou Kabylie (les Babors. Le Djurdjura entoure comme une haute muraille la Grande Kabylie, région agricole, fertile
Kabyles.
et bien arrosée. Les principaux cours d'eau sont : l isser, le Sahel et le Sehaou. Les habitants. Kabyles, sédentaires et agriculteurs, très laborieux, sont de race berbère. Leur langue, bien qu'écrite en caractères arabes, est restée berbère.
La Kabylie fut conquise en 1857 par le maréchal Randon. Les Kabyles se sont soulevés plusieurs fois contre ia domination francise et ont été domptés définitivement par l'expédition de 1871.
Kâchan, v. de Perse (Irak-Adjemi), au centre du plateau de l’Iran ; 45.000 h. Soieries. Tapis.
Kacbauik. Géogr. v. Kajanix.
kache n. m. Mets polonais, fait avec de l’orge mondée, que l’on cuit dans du lait et à laquelle on ajoute des œufs frais battus et de la crème aigre pour cuire ensuite.
Kacbgar, v. du Turkestan chinois, sur le Kachgar-Uaria ; 50.000 h. Commerce important.
Kackoubes, groupe slave de la plaine allemande, établi sur la rive gauche de la basse t^istule et rattaché par les ethnographes soit aux Polonais, soitaux Slaves de Poméranie. Le traité deVcrsailles (juin 1919) en a fait pour jiartie des Polonais. N. m. Langue voisine du polonais, parlée par ce peuple.
Kacim, région de l'Arabie centrale, entre 1 Hedjaz et le djebel Chômer.
kadia n. m. Textile extrait d'une espèce du genre sida, que les Hindous emploient pour tisser certaines étoffes.
Kadi-Keuï, v. de la Turquie d’Asie, près de l'entrée du Bosphore ; 26.000 h. C’est l’antique Chalcédoine.
kadin ou kadine n. f. (turc kadun). En Turquie, dame, femme d’un rang élevé.
KadjarS, dynastie turcomane, qui occupe le trône de Perse depuis 1786 et dont le premier représentant fut Aga Mohammed Kadjar.
kadoseb, kadoche ou cadocke n. m.
(hébr. kadash, sacré). Haut grade de la franc-maçonnerie du rit écossais ancien.
kadsura n. m. (m. japonais). Genre d’arbrÎBseaux sarmenteux de Java et du Japon, à fleurs d’un blanc jaunâtre et à baies rouges : les dames japonaises emploient l'inf usion de kadsura pour dégra isser leurscheveux.
kæmpférie [kèmpfé-rî] n. f.
Genre de zingibéracées, comprenant des herbes à rhizomes tuberculeux, qui vivent Kadsura ; a, fruit,
dans TAfri -
que et l’Asie tropicales. Une espèce, la kæmpferia rotunda, fouimit à la pharmacie la racine de zédoaire.
KaeStner (Abraham Gotthelf;, mathématicien et littérateur allemand, .né à Leipzig, m. à Gœttingue (1719-1800), un des plus remarquables vulgarisateurs de l’Allemagne.
kafal n. m. Résine d'Abyssinie, provenant d’un baumier.
Kaffa. Géogr. v. Caffa.
KAF