L.es Licteurs fili mi
Marcus Juiiius Brulus.
BrutUS (Marcus Juniiis), fils d'une sœur de Caton d'Ulique et descendant du premier Brutus, né vers 80 av. J.-C. L’éducation stoïcienne qu'il reçut de son oncle et son nom jrnéiue décidèrent de sa destinée tragique. Irrité par l'ambition de César, qui aspirait ouvertement à l'autorité suprême. il était d'autre part excité par les reproches de ses amis, par les billets qu'on jetait secrètement sur son tribunal de préteur. (Voltaire, dans la Mort de Céfiar 'acte II, sc. 2] a donné h l un d'eux la forme suivante: Tu dors, Bnitus, et Borne est dans les fers!) Il entra avec son ami Cassius dans une conspiration contre la vie de César, qui passait pour être son père et qui l'avait toujours couvert de sa protection. Celui-ci, l’apercevant, le poignard levé, au nombre de ses assassins, cessa de se défendre et s'enveloppa la tête de son manteau en s'écriant: Tu qnoque,
«( Kt toi aussi, mon fils! >- Poursuivis par Antoine et Octave, Brulus et Cassius furent vaincus dans les plaines de Philippes (4-2 av. J.-C.). Brutus, désespérant alors du salut de la république, se retira du champ de bataille et, levant les yeux vers le ciel parsemé d'étoiles, il proféra, au témoignage de Plutarque, celte amère exclamation :
Virlus, novïen! «O vertu!
tu n'es qu’un mot ! » Puis il se jeta sur une épée que lui tendit un de ses amis, le rhéteur Straton (42 av. J.- C.). Aujourd'hui, le nom de Brutus sert à désigner un républicain infiexible, qui sacrifie tout, même sa vie, aux principes.
Brutus ou Des orateurs célèbres, ouvrage de Cicéron, où il trace l’histoire raisonnée de l’éloquence chez les Grecs et les Latins (ler s. av. J.-C.), l’œuvre la plus remarquable de cri tique littéraire que nous ait laissée l’antiquité
Brutus {le Premier et le Second), tragédies d’Alfieri, toutes deux inspirées de Voltaire (xviiie s.).
BrU'Xy comm. de la Vienne, arr. et à 13 kil. de Civray , sur la Bouleur ;
Bruxelles [sé-Ze],capit, de la Belgique, ch.-l. de la prov. de Brabant, à 310 kil.
de Paris, sur la Senne, affluent de la Dyle et sur d’importants canaux de navigation : 831.000 h. {Bruxellois), y compris les faubourgs. Très bel hôtel de ville du xve siècle. Cathédrale de Sainte-Gudule. Riches musées de peinture et d’arts décoratifs. Industri« active et variée. Métallurgie, dentelles, brasseries, construction de machines, fabrication d'objets en caoutchouc, etc. Patrie de Vésale, Bi’eughel, Van der Meulen, Ph. de Champagne, etc. La capitale de la Belgique a été prise par les Allemands dès le 20 août 1914 et est restée sous le joug jusqu’après la signature de Tarmistice du 11 novembre 1918.
Bruxelles {point de), point à l’aiguille d’une grande finesse, exécuté en Belgique, dans le genre du point d'Alençon, mais sans que les mailles soient festonnées.
bruyammeilt [hm ou hrui~ia~man] adv.
Avec grand bruit: ne vous mouchez pas bruyam^ ment.
bruyant [hm ou hruî-ian\, e adj. Qui fait du bruit, (jui aime le bruit: les enfants sont bruyants. Ant. Silencieux, tranquille, calme.
bruyère [hru-iè-re^, n. f. (du celt. hruq, buisson). Bot. Nom vulgaire de diverses éricacées, qui croissent dans les teiTains incultes. Le terrain où elles croissent. Terre de bmyère, terre formée par la décomposition de la bruyère. Coq de umyère, sorte de grand gallinacé appelé aussi tétras, qui habite surtout le nord de l'Europe.
— Encycl. On connaît environ 400 espèces de bruyères.
En I*' rance, il y en a une douzaine d’espèces, dont les plus connues sont la bmyhre cendrée et la bruyère commune.
On emploie la bruyère en agriculture comme litière pour les animaux domestiques ; en sériciculture pour garnir les claies au moment de la montée des vers ou pour faire des balais destinés à battre les cocons. Avec une grande espèce, on fabrique les balais. ■
La racine est recherchée pour faire du charbon de bois et des fourneaux de pipes. Nos espèces indigènes se multiplient facilement par bouture, marcotte ou semis, dans la terre dit de bruyère, mélange de sablo' et de débris organiques, où dominent les fragments de bruyère.
Bruyères, ch.-l. de c. (Vosges), arr. et à 28 kil. d’Epinal, sur la Vologpe, affl. de la Moselle ; 3.720 h. Ch. de f. E. Source minérale. — Le cant. a 33 comm. et 1G.460 h.
Armes de Bruxelles.
Bruyère : a, fleur.
rappurteutà Brulus les corps de ses üls, tableau de David (Louvre).
Bruzzi (Stofano), peintre italien, né ii Gropparello, m, à Plaisance (1835-1911), interprète des sites et des idylles des Apennins.
Bry (Jean-Antoine de). V. Debry.
bryacées fsé] n. f. pl. Famille de mousses, ayant pour type le genre bryon. S. une bryacée.
Bryant CWilliam-CuIlen), poète et littérateur américain, né à Cummington (Massachusetts) fl794- 18781 ; auteur de divers ouvrages, empreints d’une philosopliie élevée, douce et profondément religieuse.
Bry ce (James), historien et homme d'Etat anglais, né à Belfast en 1838. Auteur d'études sur le Saint Empire romain, les Institutions américaines, etc.
Bryenne (Nicéphore), historien byzantin, mari d'Anne Comnène (1062-1137).
bryologie ^jî] n. f, (du gr. bruon, mousse, et logos, discours). Partie de la botanique qui s’occupe des mousses.
bryologiste [jis-te'i n. Celui, celle qui étudie les mousses.
bryon ou brionn. m. {du gr. bruon, mousse). Mousse de la famille des bryacées, qui croît sur l'écorce des arbres.
bryone n. f. Genre de cucurbitacées vivaces, grimpantes, ornementales, et qui sont répandues dans les régions tempérées et chaudes de l'ancien monde : les feuilles de la bryone à grande fleur se mangent comme les épinards.
bryozoaires [è-re] n. m. pl. (du gr. bruon, mousse, et zôvn, animal). Classe de petits animaux
Types divers de bryozoaires.
marins, qui vivent en colonies, fixés à la surface d’objets divers (pierres, algues, fragments de bois), et même parfois sur des vers. S. un bryozoaire.
— Enoïcl. Chaque bi-j-ozoaire est contenu dans une petite loge de nature calcaire ou cornée, qu'il sécrète lui-même, et où il peut se letirer complètement. Cette cellule a un orifice par o(i l'individu peut, à sa volonté, faire sortir la partie antérieure de son corps, qui porte les organes de préhension.
BÜC
Le ceutre d« Bucarest: la Caisse d’éparjçne et l’Hutel des postes.
Toscane fvii«-ive s. av. J.-C.)) de couleur d'abord grisâtre, puis noire.
buccin [ftu/t-sin] n. m. Genre de mollusciues gastéropodes , très carnivores, qui possèdent une longue trompe qu’ils iont sortir à volonté de leur coquille. iLe buccin ondé est très commun sur nos côtes et sa coquille est souvent habitée par un bernard-T ermite.)
buccin [6uA-siji] n. m. ou buC*
Cine [kfi-ne] n. f. (du lat. buccina, ti-ompettc). Sorte de trompette, droite ou recourbée, dont sonnaient les buccinateurs.
buccinateur [buk-sïi n. m. Buccin.
Joueur de trompette dite buccin : buccinateur ro-
Bucco.
Buccins: 1. Militaire? 2. De bouvier; 3. De mail-coach.
ma}7i. Adj- Se dit d’un muscle de la joue. N. m. le buccinateur.
buccine [buk-si-nc] n. f. Trompette. V. büccin bucco n. m. Genre d’oiseaux grimpeurs de l’Amérique tropicale, appelés communément barbus: le bucco a le plumage coloré de teintes vives et tranchées.
buccule n. f. Repli charnu sous le menton.
bucentaure \santô-re] n. m. idu gr. bous, bœuf, et de centaure).
Centaure à corps de taureau.
Bucentaure ^san-târe 1 , galère sculptée et dorée, d'une vaste dimension, dont tous les agrès étaient également dorés, et à bord de laquelle le doge de Venise montait le jour de l’Ascension, pour la célébration de son mariage symbolique avec l’Adriatique. Arrivé à la passe du Lido, il jetait dans la mer un anneau bénit , en pronom.'aut ces paroles ; « Mer, nous t’épousons, en signe de souveraineté positive et perpétuelle >■.
Cette cérémonie était une conséquence des paroles que le pape Alexandre III, reconn.aissant de l’asile qu’il avait trouvé à Venise, avait adressées au doge : « Que la mer vous soit soumise, comme l’épouse Test à Tépoux », lui avait-il dit, en lui donnant (5^ un anneau. Le Sénat de Venise prit ces inots au sérieux ; de là, l'origine de cette singulière cérémonie, qui fut abolie lors de la prise de Venise par Bonaparte i l797).
Bucéphale, nom du cheval d'Alexandre. Pareil. Beau cheval. Par antiph. Rosse.
— E.ncycl. Un Thessalien amena à Philippe, roi de Macédoine, un cheval dont il demandait un prix exorbitant.- On voulut essayer Tanimal. mais poreonne ne put le monter, car il se cabrait contre tous ceux qui tentaient de l’approcher. Philippe donnait Tordre de l’emmener, quand ^Uexandre, son fils, alors âgé de 13 ans, s ecria ; « Quel cheval ils vont perdre pour ne pas savoir s’y prendre ! » Philippe, choqué de la présomption du jeune prince, lui permit d’essayer à son tour. Or, Alexandre avait remarqué que le cheval avait peur de son ombre ; il lui fit faire demi-tour et le plaça en face du soleil ; puis il s’élança lestement sur son dos et partit à toute bride. Quand il ramona le cheval avec une parfaite assurance, les applaudissements éclatèrent. C’est alors que Philippe, préjugeant de Tavonir, d'après ce qu’il venait de voir, s écria en embrassant Alexandre ; « Mon fils, cliorche un autre royaume qui soit digne de toi, la Macédoine ne peut te suffire. » Après la mort de Bucépliale, sur les bords de Tllydaspe. Alexandre fonda sur son tombeau une ville, qu'il appela Bucephala.
ou ButZ6r (Martin Kuhhorn; dit', m'’ologien allemand, né à Sélestat, m. à Londres Il quitta Thabit des dominicains, adhéra a la Réforme de Luther, essaya vainement d’unir les
luthériens d’.Allemagne et les zwingliens de Suisse et se réfugia, en lo4-9, en Angleterre, où il devint professeur a Cambridge.
bucerOS [sé-j-oss] n. m. Ornith. V. calao. Bueb (CAPTALAT DE;, Subdivision du Bordelais, sous la domination anglaise. V. Graili.y.
Bueb (Léopold de), géologue allemand, né à Stolpc, m. à Berlin (1771-1853) ; auteur d’une théorie célèbre sur la formation des montagnes. Correspondant de l’Académie des sciences.
Bucbanail (George), érudit et historien écoscais, no à Middlehowon, m. à Edimbourg (1506-1582) ; précepteur et garde des sceaux de uacques l'i d’Angleterre, poète latin élégant et gracieux, auteur des deux tragédies Jephthé et Baptisti's.
Buebauan (James), président des Etats-Unis, né à Stony-Batter, m. à Wheatland (1791-1868). Excellent orateur, il fit preuve, dans son gouvernement (1836-1860), de tendances esclavagistes marquées.
Buebanan (Robert), poète et auteur dramatique anglais, né à Glasgow, m. à Londres (1841-1901).
bûcbe n. f. (du lat. boscum, bois). Morceau de gros bois de chauffage : bûche de chêne, de pin. Bûche de Noël, grosse bûche qu’on brûle encore dans quelques provinces pendant la veillée de Noèl, et aux cendi'es de laqueUe on attribuait des propriétés merveilleuses. Fig. et fam. Personne stupide. Arg. des joueurs. Au baccara, figure ou carte valant dix : amener une bûche. Pop. Ramasser une bûche, tomber.
bûcber [c/ié] n. m. (rad. bûche). Lieu où Ton serre le bois à brûler. Pile de bois sur laquelle les anciens brûlaient les corps. Amas de bois sur lequel on brûlait ceux qui avaient été condamnés au supplice du feu ; Jeanne d'Arc mourut sur le bûcher.
— Excycl. Bist. Le bûclier funèbre a été en usage chez beaucoup de peuples anciens, notamment cliez les Phéniciens, les Cypi’iotes, les Gaulois, les Grecs, les Etrusques et les Romains. Chez les Grecs, si l'inhumation est d’usage pendant la période mycénienne, la crémation devient prédominante dans la civilisation homérique. Du vi« au iv' siècle, prévaut l'inhumation, puis la crémation revient à la mode pendant la période hellénistique. Les Romains des premiers siècles paraissent avoir préféré la sépulture par inhumation ; mais l’incinération domine pendant les derniers siècles de la république et sous l’empire jusqu’au iv® siècle de notre ère, époque où Ton revient à l'inhumation, sous l'influence des idées chrétiennes. Sur le bûcher, enduit de poix, on pla¬
Le Bucentaure (incendié en I7y7).
çait le cadavre sur son lit funèbre, avec ses vêtements, ses armes, etc. Les proclies y mettaient le feu, en détouraant la tête. L.a crémation terminée, on éteignait la braise avec du vin et de Teau. On triait les cendres et les ossements, souvent enveloppés d’ailleurs dans un linceul d’amiante ; on renfermait Turne dans un coffret, que Ton déposait dans un tombeau ou dans une niche de columbarium.
bùcber [cAJ] v. a. (rad. bûche,). Dégrossir une pièce de bois. Abatti'e les saillies d’une pierre. Pop. Battre : bûcher un agent. ’V. n. Fam. Etudier; bûcher l'anglais, .ibsolum. Travailler sans relâche.
bûcberon, onne [o-ne] n. Qui abat du bois, dans une forêt.
bÙCbette [chè-te] n. f. Menu morceau de bois.
bûcheur, eusé [eu-zel n. P'am. Travailleur
Bûchez ( Philippe-Joseph-Benjarain ), philosophe et homme politique français, né à Matagne-la- Petite, ra. à Rodez (17%-186o). D’abord saint-simonien, il fonda l’école néo-catholique, ou buchésisme, dont il exposa les principes dans son Essai de phi-