DAM
était travaillé à la façon des taffetas. Aujourd’hui, on entend par damas de soie un façonné à chaîne et à trame de même couleur, mais dont l'enchevêtrement en armures différentes constitue le dessin ; et par damas de laine une étoffe à chaîne et à trame en laine simple, avec de grands ramages, tissée en écru, en fils rectilignes, et teinte après tissage.
IDamas [mass], v. et oasis de la Syrie, au pied du versant oriental de l’Anti-Liban ; 200.000 h.
{Dainascènes). Ancienne résidence des califes omeyades , autrefois célèbre par la fabrication des armes blanches; aujourd'hui, industrie active encore : sellerie, soieries , cotonnades, tapis, parfums, etc. Damas fut inutilement assiégée par Louis 'Vil et Conrad III, en 1148. On fait souvent allusion à ces mots ; route, chemin de Damas, image frappante que l'on emploie pour caractériser une illumination soudaine qui transforme subitement nos idées, nos sentiments, nos opinions. (Cette métaphore a pour origine la vision que saint Paul, jusque^à persécuteur des chrétiens, raconta avoir eue en se rendant à Damas, et à la suite de laquelle il devint apôtre du christianisme.)
Damas, nom d’une famille noble de France, dévouée au parti de Louis XVI et de l'émigration.
— Un de ses membres, le duc de Damas - d’Antigny , né et m. à Paris /1758-1829), fut aide de camp de llochambeau, en Amérique, et favorisa la fuite de Louis XVI.
Damas ( Anne - Hyacinthe - Maxence, baron de), né à Paris (1785-1862), fut ministre de la guerre et des affaires étrangères sous la Restauration.
Damascène, V. Jean (saint).
Damascius, philosophe grec, né à Damas vers 480 de J.-C., un des derniers disciples de Plotin.
DamaS6 1er (saint), pape de 366 à 384. Il chargea saint Jérôme de la traduction de l'Ecriture sainte connue sous le nom de Vulgate.
Fête le 11 décembre. — Damase II, pape en 1048.
damasquette [ mas -kè-tei n. f. Etoffe de soie vénitienne (xviiie s.).
Dambach, v. du Bas-Rhin, arr, et à 9 kil. de Sélestat, au pied des Vosges ; 2.350 h. Ch. de f. Remparts du moyen âge.
Dambray [dan-hrè] (Charles-IIenri), magistrat français, chancelier de France sous la Restauration, né à Rouen, m. à Dieppe (1760-1829).
dame n. f. (du lat. domma, maîtresse). Titre donné à toute femme mariée. (C’est une incorrection de dire sa dame pour sa feinme.) Titre donné aux
Travail de damasquinage.
damasquinage [mas-kîy je] n. m. ou damasquinure [mas-hi] n. f. (de Damas). Art ou action de damasquiner. Résultat de ce travail. (On dit aussi damas-
QUINERIE, TAUCUIE.)
— Encycl. Le damasquinage consiste à enchâsser un fil de cuivre, d'or ou d'argent sur une surface de fer ou d acier. Le dessin, arrêté à la pointe ou à l'eau-forte, est creusé à bords vifs. Le fil carré (ou la torsade de filigrane) est enfoncé au moyen d’un ciselet dans celte rigole, puis battu au marteau de telle manière que les bords de la rigole se rabaissent sur lui et l'enchâssent. La pièce est terminée avec une lime douce et polie à l’émeri.
Les Arabes, les Perses, les Indiens, les Espagnols ont la spécialité des armes et objets damasquinés.
d&ma/Squme [mas-ki-ne] n. f. Mode d’ornementation sur cuir ou métal, consistant â abaisser le fond autour d'ornements qui doivent s’y détacher en relief : le travail de la damasquine est tout différent du damasquinage.
damasquiner [mas-ki-né] v. a. (de damas). Incruster de petits filets d'or ou d argent dans du fer ou de l'acier : damasquhier une arme.
damasquinerie ou damasquinurie [mas-ki, ri] n. f. Art du damasquineur. Syn. damasquinage.
damasquineur [mas-ki] n. et adj. m. Ouvrier qui damasquine.
damassé [ma-sé], e adj. Se dit du linge agrémenté de dessins comme le damas ; de l’acier trempé à la façon du damas. N. m. :
du damassé.
— Encycl. Le linge de table damassé se fait avec des fils de lin, ou de lin et coton mélangés. On le fabrique dans les Flandres française et belges.
On appelle encore damassé la toile à matelas fabriquée avec des fils de lin et dont les dessins sont faits avec du fil de coton.
damasser r ïua-sél v. a. Fabriquer une étoffe ou du linge à la façon du damas, avec fleurs ou personnages. Tremper de l'acicr à la façon du damas.
dd.ma>SS6ri6 [ma-se-rî] n. f. Fabrique de linge damassé. Dessin du linge damassé.
damasseur, euse [ma-seur, eu-ze] n, et adj. Celui, celle qui travaille à la fabrication du damas.
Linge damassé.
Les dames (cartes).
Damas et le minaret de la mosquée des Omeyades.
chanoinesses et à certaines religieuses. Autrefois, femme d'un noble. Femme à laquelle un chevalier consacrait ses soms et faisait hommage de ses exploits : co^nhattre pour sa dame.Point d'appui de l'aviron sur une «embarcation. (On dit aussi dame de nage.)
2'echn. Syn. de demoiselle ou HIE.
Figure du jeu de cartes. Seconde pièce du jeu d’échecs. Pièce ronde et plate, de bois ou d'ivoire, pour* jouer au trictrac. Pion doublé, au jeu de dames. Jeu de dames, jeu qui se joue à deux, avec des pions, sur un damier.
— Encycl. Dans le jeu de dames (v. damier), chaque joueur a vingt pions de couleur blanche ou de couleur noire, qu’il place sur les cases noires du damier. Le jeu consiste à capturer tous les pions de l’adversaire. Les joueurs poussent successivement et diagonalement les pions sur la droite ou sur la gauche. Un joueur, pour prendre un pion adverse, doit avoir ce pion devant le sien, avec cette condition qu'une case noire soit vide derrière ce pion. S’il y a plusieurs de ces pions isolés à la file et séparés par une case vide, le pion preneur passe sur chacun d’eux jusqu’à la dernière case vide, et le joueur s'empare de tous ceux sur lesquels le sien a passé. Il arrive qu’ainsi un pion traverse le damier; il va alors se fixer sur une des cases de la première ligne horizontale du jeu de l’adversaire ; on dit qu'il va à dame, et prend lui-même le nom de da7ne. On* le couvre d'un second pion de même couleur, pris parmi ceux que l’adversaire a capturés. Une dame peut aller diagonalement en avant ou en arrière, à droite ou à gauche, en faisant des prises et s'emparant de tous les pions qui se trouvent sur son passage, à quelque distance qu’ils soient, en franchissant plusieurs cases à la fois, pourvu qu elles soient vides.
dame n. f. (allem. damm). Petit mur incliné, qui forme la partie antérieure du creuset d’un haut fourneau et par-dessus lequel s’écoulent les laitiers. Petit cône laissé dans des fouilles pour servir de point de repère. Digue réservée de place en place dans un caveau qu’on creuse, pour retenir l'eau. Fortif. Massif cylindrique de maçonnerie, construit sur la crête d'un batardeau pour en barrer l’accès. (Syn. dame-ronde.)
dame l interj. qui marque l’hésitation, la surprise.
Dame aux camélias (la), roman (1848) et drame en cinq actes (1852) d’A. Dumas fils, une de ses meilleures productions ; œuvre émouvante. Une femme du demi-monde, Marguerite Gautier, aime un jeune homme, Armand Duval. Sur les instances du père de son amant, elle consent à le quitter et à lui laisser croire qu'elle l’abandonne volontairement. Elle meurt au moment où Armand, informé de son sacrifice, revient auprès d’elle.
damassiu [mn-sm] n. m. Etoffe plus légère et moins forte que le dainas ordinaire.
damassure [?>m-,sw-rej n. f. Travail du damassé. Dessin du linge damassé.
Damazan, cli.-l. de c. (Lot-et-Garonne), arr. et à 22 kil. de Nérac, sur le canal latéral à la Garonne ; 1.460 h. {Damazaiiais). Prunes. — Le cant. a 11 comm. et 7.200 h.
Dame blanche {la), opéra-comique en trois actes, chef-d'œuvre de Boieldieu, paroles de Scribe (1825). Le sujet en est une légende écossaise traitée par Walter Scott. George Brown arrive au manoir des comtes d'Avenel sans savoir qu'il est le dernier rejeton de cette famille. Aidé de la Dame blanche, qui apparaît la nuit dans le château, il triomphe des intrigues de l'intendant Gaveston, rentre dans ses biens et épouse la jeune orpheline Anna, qui a joué