‹ Larousse universel en 2 volumesChapitre 586 sur 1225 · DAR · texte numérisé non relu

DAR

gracieuse bergère danse de face, et un berger, vu de dos, lui fait vis-à-vis. La scène est d'une grâce élégante. (V.

Danse macabre. On a nommé ainsi, a U moyen âge, une ronde infernale, peinte ou sculptée, dansée par des morts de toutes les conditions et de tous les âges, rois ou sujets, riches ou pauvres, vieillards ou enfants. C’est une allégorie ingénieu se, figurant la fatalité quicondamne tous les humains au trépas. La Mort ellemême dirige cette ronde La Danse, œuvre de Carpeaux,

infernale, se

servant d’un squelette pour violon et d’un ossement pour archet.

La danse macabre la plus célèbre est celle de Bâle, attribuée à Holbein. On y voit des gens de toutes les conditions, de tous les rangs : satires dirigées contre les goûts mondains de l’époque. On cite encore celle de Saint-Maclou, à Rouen, qui est à la fois peinte et sculptée; on y voit des figures gracieuses ou des visages fantastiques, qui semblent vouloir, par les poses les plus grotesques, provoquer Thilarité des spectateurs.

danser [sd] v. n. (de l’anc. haut allem. dan^ôn, tirer). Mouvoir le corps en cadence : David dansa devant l'arche. Exécuter des mouvements rapides : la cly'vve danse sur les rochers. Fig. Ne savoir sur uel pied danser^ ne savoir qu^ evenir. Maître à danser., sorte de compas. CV. compas.) V. a.

Exécuter une danse : danser une polka. Fig. Faire danser quelqu'un, le malmener. Faire danser les écus, gaspiller l’argent.

Fa'cre danser L'anse du panier., exagérer le prix des achats que l'on fait pour le compte d’autrui,

danseur, euse [exi-ze]

n. Qui danse. Qui aime à danser.

Qui fait profession de danser.

Danseur napolitain (^e), statue en bronze, de Duret (1833) ; tout est finesse, nei'f et robustesse dans cette charmante figure, une des meilleures œuvres de la statuaii'e française du xixe siècle.

Danseuse au bouquet {la), tableau d’E. Degas (1877, Louvre). La première danseuse salue le public, qui l’applaudit encore ; elle tient à la main le bouquet qu'on vient de lui lancer. Son attitude, son sourire, sont notés par le peintre avec son habituel souci de fixer le mouvement dans sa vérité (v. p. 631).

Danseuses {les trois), statues de marbre de Canova, remarquables par la vivacité de l'allure (1812).

Danseuses à la barre {les), tableau d’Edgar Degas, représentant deux danseuses dans le travail des répétitions ; une des œuvres maîtresses du peintre dans un genre où il excelle.

dansomanie [nî] n. f.

Manie de la danse. (Peu us.)

dansotter [so-fé] v. n.

Fam. Danser loui'dement.

Danser un peu.

Dantan (Antoine -Laurent), statuaire français, né et m. à Saint-Cloud (1798- 1878). C’est un sculpteur habile et élégant, auquel on doit, entre autres œuvres, une belle figure monumentale de Juvénal des Ursins.

— Son frère, Jean-Pierre, dit Dantan jeune, né à Paris, m. à Bade (1800- 1869), s’est distingué par ses statuettes caricaturales en plâtre des célébrités de son temps,

Dantaxi (Joseph-Edouard), peintre français, né à Paris, m. à Vülerville (1848-1897). Il s'est distingué dans la peinture de genre et d'histoire; son En-* tracte d'une première à la Comédie-Française est une curieuse galerie de portraits.

D ante (pour Durante)

Aligtlieri, célèbre poète italien, né à Florence, m. à Ravenne (1265-1321). Il avait étudié à fond la plupart des sciences de son temps. Il joua un rôle politique assez considérable dans sa ville natale, qui le chargea de diverses missions diplomatiques , et dont il fut un des six prieurs (1300); mais, appartenant au parti des Blancs, il fut exilé par les Noirs (c’étaient les deux factions entre lesquelles se partageait le parti guelfe), vit sa maison rasée et fut même condamné à mort. Il mena alors une vie de proscrit à Vérone, auprès de Can Grande délia Scala, à Padoue, dans le Tyrol, habita pendant quelque temps Paris, et revint à Ravenne, a la cour de Guido da Polenta. C’est là qu'il mourut. Il avait composé, dès

sa jeunesse, des sonnets amoureux et des canzones, où il célébrait sa passion idéale et presque mystique pour Béatrix, fille de Foleo Portinari (m. en 1290). Plus tard, c'est encore en l'honneur de Béatrix qu’il composa sa Vita nuova. Mais il est surtout connu comme l’auteur de la Divine Comédie et regardé à ce titre comme le père de la poésie italienne. (V. Divine Comédie.) 11 a encore éciût le De monarchia, traité politique en latin, et il Convivio (le Banquet), ouvrage philosophique.

Dante et Béatrix, tableau d’Ary Scheffer ; figures du plus grand style ; — tableau de Henry Holiday (Liverpool), représentant la première rencontre de Dante et de Béatrix à Florence.

Belle composition que la gravure a rendue populaire (v. p. 631).

Dante {le Songe de), tableau de Rossetti, une des œuvres les plus caractéristiques de l'école préraphaélite (1870, Liverpool).

Dante et 'Virgile aux Enfers, tableau de Delacroix. V. Barque de Dante.

dantesque [fès-Â:e] adj. Qui rappelle l’énergie sombre et grandiose de Dante : poés'ie dantesque.

I^antOU (Georges-Jacques), conventionnel, né à Arcis-sui’-Aube, m. à Paris (1759-1794). Ministre de la justice après le 10-Août, il fut le promoteur de la création du tribunal révolutionnaire. Membre du comité de Salut public, il fut l’inspirateur de la politique extérieure du comité et se fit l’apôtre de la résistance contre l’étranger ; il apparaît comme le plus grand et surtout le plus clairvoyant des hommes d’Etat de la Révolution. Il ne considérait la Tei'reur que comme un moyen provisoire de gouvernement. Accusé, pour ce motif, de modérantisme par Robespierre , qui était jaloux de sa popularité, il fut décapité en 1794.

Un mot, qui est resté célèbre, exprime parfaitement la fougue de ce tribun populaii’e. A la suite de la journée du 10-Août, toute l'Europe s'était soulevée contre la France révolutionnaire. Brunswick venait de lancer son manifeste ; nos armées avaient éprouvé des revers en Lorraine ; Longwy était pris, Verdun assiégé, l’alarme régnait dans Paris. Pour ranimer les courages, Danton résolut de frapper un grand coup. On était au pr septembre. Le lendemain, pendant que le .tocsin sonnait et que le bruit du canon se faisait entendre, le tribun courut à l’Assemblée législative et, dans un discours rapide, fit entendre ces mots terribles aux députés tremblants sur leurs sièges : « C'est en ce moment, messieurs, que vous pouvez décréter que la capitale a bien mérité de la France entière. Le canon que vous entendez n'est point le canon d’alarme; c’est le’ pas de charge sur les ennemis de la patrie! Pour les vaincre, il nous faut de l'audace, encore de l'audace, et toujours de l'audace I » Le rôle qu'il a joué dans les massacres de septembre a donné lieu à de vives polémiques, d’où il paraît résulter que Danton laissa peut-être faii’e les massacres, que, d'ailleurs, il ne pouvait matériellement pas empêcher, mais ne les organisa point. Rappelons encore le mot célèbre qu’il prononça, quand on lui conseillait de fuir à l’étranger, pour éviter le sort que lui réservait Robespierre ; « Est-ce qu’on emporte la patrie à la semelle de ses souliers ? », et celui qu’il adressa au bourreau avant d’être décapité : « Tu montreras ma tête au peuple, elle en vaut bien la peine. »

dâ-ütonisnie [nis-me] n. m. Ensemble des doctrines politiques de Danton.

dautoniste [nis-te] n. et adj. Se disait des partisans de Danton ; de ses doctrines politiques.

Dantzig ou Dantzick, en poion. Gdansk, ville d'Europe centrale, autonome de Dantzig, port sur le golfe de üantziq formé par la Baltique, près de l'embouchure de la 'Vistule;

1S9.000 h. [Dantzikois). Cuivre , draps , fabrication de liqueur dite « eau-de-vie de Dantzig » ; commerce très actif. Constructions navales.

Les Français , commandés par le maréchal Lefebvre, s'en emparèrent en 1807 ; en 1813,1a place, admirablement défendue pendant onze mois par le général Rapp , fut pourtant reprise par les Alliés. Patrie de Fahrenheit,

Schopeuhauer. Le territoire de Dantzig, créé par le Traité de Versailles (juin 1919), compté 7.960 kUom. carr. et 750.000 hab.

Dantzig fduc de). V. Lefebvre.

Danube (le) (en ail. Donaii), grand fleuve d'Europe, qui prend sa source dans la Forêt-Noire, arrose le sud de l'Allemagne, l’Autriche, la Hongrie et l’Etat yougoslave, en décrivant de larges méandres, traverse les Portes de fer. sépare la Roumanie de la Bulgarie jusqu'au delà de Roustchouk et se jette dans la mer Noire par les trois bouches roumaines de Kilia, Sulina et Saint-Georges. Il passe à Ulm, Ratisbonne. Linz, Vienne, Presbourg, Budapest, Belgrade, Vidin, Sistova, Roustchouk, Silistrie, Braîla, Galatz, Ismaïl, Kilia. Affl. sur la riv. dr. : risar, rinn, la Drave, la Save; sur la rive g. : la Theiss, le Pruth ; cours 2.680 kil. C'est une des

gi’andcs voies commerciales de l'Europe centrale, et la navigation fluviale, que réglemente dans les Balkans une commission internationale, y est exceptionnellement active.

danubien, enne [bi-in,è-ne] &dj. Du Danube. Daoulas [îâss], ch.-l. de c. (Finistère), arr. et à 20 kil. de Brest, sur la rivière de Daoulas, trib. de la rade de Brest ; 800 h. (Daoulasiens). Ch. f. Et. Fabrique de porcelaine.

— Le cant. a 10 comm.

et 20.550 h.

Daourie, région de la Sibérie, à l’O.

du lac Baïkal, dans la partie orientale de la Transbaïkalie.

dapbné n. m.

Genre de thyinéléacées, comprenant des arbres et des arbrisseaux oi’nementaux.

— Encycl.Lcs daphnés sont des arbustes à fleurs blanches, jaunes ou roses ; on en connaît plus de trente espèces des forêts européennes . Les plus répandues sont le bois gentil ou bois joli, khedes vénéneuses, le garou, dont l’écorce est emménagogue. etc.

Daphné Myth. gr. Nymphe qui, aimée d'Apol Ion et poursuivie par lui, invoqua la Terre sa mère, et fut changée en laurier.

daphnéphories [rî] n. f. pl. (du gr. daphnfi, laurier, et phoros, qui porte). Fêtes célébrées à Thèbes, Delphes, Tempé, en l'honneur d’Apollon Isménios.

daphnie [daf-7iî] n. f. Genre de crustacés, des eaux douces. (On dit vulgairement puce d’eau.)

Daphnis hiiss], berger sicilien, auquel la mythologie attribue l’invention de la poésie bucolique.

Daphnis et Chioé, roman pastoral de Longus, récit plein de grâce et de naïveté, niais d’une inspiration assez libre. Daphnis et Chioé sont deux enfants trouvés, élevés par des* bergers ; ils grandissent ensemble et leur cœur s’éveille progressivement à l'amour. Traduit par Amyot et P.-L. Courier, Daphnis et Chioé, tableau de Gérard (Louvre, 1824-). Au bord d'un ruisseau qui tombe en cascade d’une grotte, Daphnis, assis sur un tronc d'arbre, tresse une couronne de fleurs ; Chioé dort, la tête appuyée sur les genoux du jeune berger. Peinture pleine de grâce. (V. p. 688.)

daphnomancle [sf] n. f. (du gr. daphnê, laurier, et manteia, divination). Divination pratiquée en brûlant ou en mâchant des feuilles de laurier.

dapifer Ifèr'] n. m. (du lat. dapes, dapis, mets, et ferre, porter). Au moyen âge, celui des officiers de la maison royale qui servait le souverain à table, dapiférat [?-a] n. m. Dignité de dapifer.

Da Ponte (Lorenzo), littérateur italien, né à Ceneda (Vénétie), m. à New-York (1749-1838). U écrivit pour Mozart les livrets du Mariage de Figaro et de Don Juan. Ses Mémoires sont très vivants.

Dapsang, montagne de l'Asie centrale, point culminant des monts Karakoroum ; 8.668 m.

dar, terme géographique employé dans l’Afrique du Nord et signifiant pays.

Dara, ville du Soudan oriental (Darfour) ; 7.000 à 8.U00 h.

darâboukkeh ou derbouka n. m. instrument de musique des Egyptiens, tambourin de terre cuite.

daraise [rè-ze] n. f. Déversoir ou déohargeoir d’un étang.

Darbhangah, v. de TInde anglaise (Béhar) ; 06..500 h. Graines oléagineuses.

Dartalay (Aimé-Stanislas), industriel français, né à Auvei’S (Seine-et-Oise) [1794-18781. H perfectionna la fabrication des farines et l’industrie de la papeterie.

darbonnage n. m. Façon cultui’ale donnée à la vigne dans le Beaujolais et qui consiste à accumuler la terre en petits tas (darbons) entre les rangs de ceps, pour l'aérer et faciliter la nitrification.

DarbOUX [tou] {Jean-Gaston}, mathématicien, français, né à Nîmes, m.

à Paris (1842-1917). Membre (1884), puis secrétaire perpétuel (1900) de l'Académie des sciences. On lui doit de l’emarquables travaux de géométrie supérieure.

Darboy [Soi] (Georges), archevêque de Paris, né à Fays-Billot, fusillé à Paris avec les otages de la Commune (1813-1871).

darbysme ou darbisme [bis -me] n. m. Secte protestante fondée par A. -N. Groves, accrue par le théologien anglais Darhy (1880-1882). Elle conteste la validité de tout ministère ecclésiastique et proclame le sacerdoce universel.

Darc [dark] (Jeanne). V. Arc (Jeanne d’). Darçana, désignation collective des six grandes écoles de la philosophie indienne.

darce, dareine n. f. Mar. v. darse, darsine. Dareet [sê] (Jean), médecin et chimiste français, né à Doazit (Landes), m. à Paris (1725-1801) : ses travaux ont pour but l'application de la chimie aux arts et à l’industrie. IVIembre de l'Académie des sciences. — Son fils, Pierre-Jean-Josepii, fut aussi un chimiste éminent (1777-1844) ; auteur de nombreuses découvertes industrielles et d’ouvrages scientifiques. Membre de l'Académie des sciences.

Dautan jeune.

Dante.

Dante et Béatrix, tableau d’Ary Scheffer.

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Danton.

Armes de Dantzig.

Darboux.

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