EXCRÉTIONS
excréter [ê/t's-An’C-téJ v. a. (du lat. exeretum. supin de excemerc, séparer. — Se conj. comme accélérer.) Evacuer par excrétion : excréter les humeurs.
excréteur, trice ou excrétoire [ê/fs-fcré] adj. Qui sert aux excrétions : conduit excréteur.
excrétion [èks-kré-si-on] n. f. (lat. excretio). Action par laquelle les résidus inutiles à l’économie animale sont rejetés hors du corps. La substance rejetée : la sueur, l’urine sont des excrétions.
excrétoire adj. Physîol. Syn. de EXCRÉTEUR, excroissance [éks-kroi-san-se] n. f. Tumeur qui vient sur quelques parties du corps de l'animal, comme les verrues, les polypes, les loupes, ou sur les végétaux, comme les bourrelets de l’orme.
excru [èfes-Zcm], e adj. Sylvie. Se dit d’un arbre isolé, qui croît hors des forêts, mais sur un sol qui en dépend.
excubiteur [eks-kti\ n. m. (lat. excubitor). Soldat de la garde des empereurs de Byzance.
excurrent [èks-ku-ran], e adj. (du lat. excurrere, courir hors de). Se dit des tiges et des troncs continus jusqu’au sommet, comme chez les pins. Ant. Déliquescent.
excursion [èfe-Kur] n. f. (lat. excursio ; de ex, hors de, et currere, courir). Course, voyage, tournée : excursion dans la montagne. Irruption en pays ennemi. Fig. Digression. Ant. Incursion.
excursionniste [êlcs-lcwr-st-o-nts-îe] adj. et n. Se dit d'une personne qui fait une excursion.
excursus [élcs-lcMr-suss] n. m. (mot lat. ; de excurrere, courir au dehors). Dissertation en forme de digression, à l'occasion d’un passage d’un auteur ancien.
excur'Vé, e [è/cs-feur] adj. Courbé de dedans en dehors.
excusabilité [è/cs-fat-za] n. f. Caractère de ce qui est excusable.
excusable [èks-ku-za-ble\ adj. Qui peut être excusé : faute excusable. Dr. Crime excusable, crime commis dans de telles circonstances, que la loi a cru devoir lui appliquer une pénalité de beaucoup plus douce, ou même l'exempter de toute peine : le meurtre commis en repoussant pendant le jour l'effraction de clôture est qualifié de crime excusable. Ant. Inexcusable.
excusablement [éks-ku-za-ble-man] adv.
D’une manière excusable.
excusation [eks-ku-za-si-on] n. f. Dr. Motif légal invoqué pour être dispensé d’une charge imposée par la loi. (Inus. — On dit excuse.)
6XCUS6 [éks-ku-ze] n. f. (de excuser). Motif pour se disculper, ou pour disculper autrui : chercher, fournir une excuse. Faire excuse, demander pardon par politesse. Faites excuse, pardonnez l’impolitesse, la contradiction, etc. Pl. Expression du regret qu’on éprouve d’avoir commis une faute, ou d avoir offensé quelqu'un : faire de plates excuses.
— Encyoi.. Dr. Les excuses supposent et laissent subsister la culpabilité, et ainsi elles se différencient à la fois des causes de non-imputabilité (démence, contrainte) et des causes de justification ilégitime dc'fense, ordre de la loi), qui constituent des cas de non-culpabilité. — Les circonstances atténuantes sont laissées à l'appréciation des juges ou du jury ; la loi prévoit spécialement les excuses (d’où la qualification d’excMses légales), qui se distinguent en excuses absolutoires (par ex. : émission de fausse monnaie suivie de dénonciation) et en excuses atténuantes 'par ex. : provocation par coups, violences ou autres offenses graves). Les excuses atténuantes abaissent le niveau de la peine ; leur effet général est de correctionnaliser les peines criminelles.
excuser [éks-ku-zé] v. a. (du lat. excusare, mettre hors de cause). Disculper quelqu'un d'une faute. Admettre des excuses. Pardonner : il faut e.reuser les fautes de la jeunesse. Servir d’excuse : rien ne peut vous excuser. Fam. E-rcusez du peu ! exprime comiquement qu'une chose paraît exorbitante. S’excuser V. pr. Se justifier, se disculper, atténuer ses fautes ; faire agréer des excuses. Prov. : Qui s’excuse s’accuse, chercher à se justifier avant d'être accusé, c'est se reconnaître coupable. Ant. Accuser, inculper.
excuseur, euse [é/fs-Au-aeur, eu-ze] n. Personne qui excuse.
ex dono, loc. lat. signif. D'un don, formule par laquelle on marque qu'un olijet, dans une collection, provient d’un cadeau, d'une libéralité. On la fait suivre du nom du donateur.
exeat [êgft-zé-at’] n. m. (m. lat. signif. Qu'il sorte). Permission donnée à un prêtre par son évêque de quitter le diocèse. Permis de sortie délivré à un élève ou à un malade dans un hôpital. Fig. Donner
son exeat à quelqu'un, lui donner congé. Pl. des exeat ou exéats.
exécrabilité [ègh-zé] n. f. Défaut de ce qui est exécrable.
exécrable [ègh-zé'] adj. Qui excite l'horreur ; forfait exécrable. Fig. Très mauvais, abominable, détestable ; mets exécrable. Ant. Excellent, parfait.
exécrablement [ègh-zé, man] adv. D'une manière exécrable. Extrêmement mal.
exécration [ègh-zé-kra-si-on]' n. f. (du lat. exsecratio). Sentiment d'horreur extrême : vouer un criminel à l'exécration. Personne ou chose qui inspire ce sentiment : cet homme est l'exécration du genre humain. Imprécation: proférer mille exécrations. Liturg. Retour d'un objet consacré à l’état d'objet profane : fexe'crution d une église. Ant. Bénédiction.
exécratoire [ègh-zé\ adj. Liturg. Qui a rap- ' port à l'exécration, qui emporte exécration.
exécrer [ègh-zé-kré] V. a. (du lat. exsecrari. — Se conj. comme accélérer.' Avoir en exécration, abhorrer, haïr, détester. Par exagér. Avoir de l'aversion pour : exécrer l'odeur du tabac. Ant. Adorer, chérir, bénir.
exécutable [ègh-zé] adj. Qui peut être exécuté : projet difficilement exécutable. Ant. Inexécutable.
exécutant [égh-zé-ku-tan], 6 n. Musicien qui exécute sa partie dans un concert.
exécuter \ègh-zé-ku-té] V. a. (du lat. exsecutum, supin de exsequi, poursuivre jusqu’au bout). Mettre à effet, accomplir : exécuter un projet.
Ne faut-il que délibérer,
La cour en conseillers foisonne;
Est-il besoin d’exécuter.
On ne rencontre plus personne.
I*A Fontaine.
Faire ; exécuter un bas-relief. Jouer : exécuter un morceau de musique. Exécuter un condamné, le mettre à mort, en vertu d’un jugement. Exécuter un débiteur, saisir ses biens et les faire vendre par autorité de justice. Bours. Exécuter un vendeur, un acheteur, faire son exécution. CV. ce mot.) Jeu. Exécuter un joueur, déclarer indigne de jouer désormais le joueur qui triche ou ne paye pas ses dettes de jeu. S’exécuter v. pr. Sê résoudre à faire une chose : s'exécuter de bonne grâce.
exécuteur, trice [ègh-zé] n. (lat. exsecutor). Qui exécute. Exécuteur testamentaire, celui que le testateur a chargé de l'exécution de son testament. Exécuteur des hautes œuvres, le bourreau. 'V. bourreau.
— Encycl. Dr. Exécuteur testamentaire. Un testateur peut nommer un ou plusieurs exécuteurs testamentaires. L’exécuteur testamentaire est libre de refuser ce mandat ; mais, s'il l’accepte, il doit satisfaire à toutes ses obligations. C’est un mandat gratuit ; cependant, le testateur peut faire à l'exécuteur testamentaire un legs modique, connu sous le nom de « diamant ».
Le testateur ne peut confier l'exécution de son testament qu’à une personne capable. Ainsi, la femme mariée ne peut accepter l’exécution testamentaire qu’avec le consentement de son mari. Le mineur, même émancipé, ne peut l’accepter.
L'exécuteur n'est qu’un dépositaire, qui reçoit les meubles à la charge d’en rendre compte : il possède au nom et au bénéfice des héritiers. Il doit faire apposer les scellés s’il y a des héritiei-s mineurs, interdits ou absents, et faire dresser inventaire ; provoquer la vente du mobilier à défaut d'argent suffisant pour acquitter les legs ; enfin, à l’expiration de l'année du décès du testateur, rendre compte de sa gestion.
S'il n'y a pas d’héritier à réserve, le testateur peut charger l'exécuteur testamentaire de vendre les immeubles sans formalités judiciaires, de réaliser et de liquider l'actif. Il n’est procédé au payement des legs qu'avec la participation des héritiers intéressés à les contester.
Les frais faits par l'exécuteur testamentaire pour l'apposition des scellés, l'inventaire, le compte et les autres frais relatifs à ses fonctions, sont à la charge de la succession.
exécutif, itre [ègh-zé] adj. Qui exécute. Qui est chargé d’exécuter les lois, par opposition au pouvoir législatif, le président de la Bpublique est le chef du pouvoir exécutif. N. m. L'exécutif, le pouvoir exécutif.
exécution [ègh-zé-ku-si-on] n. f. (lat. exsecutio). Action d’exécuter : passer du projet à l'exécution. Manière de réaliser son idée : œuvre qui pèche par l'exécution. Manière d’interpréter certaines œuvres d'art ; exécution d'un morceau de musique. Mettre à exécution, accomplir. Milit. Dans la cavalerie, sonnerie de trompette indiquant qu'il faut commencer un exercice, un mouvement, qui viennent d'être expliqués. Exécution capitale ou absolum. exécution. mise à mort d'un condamné. Exécution d'un débiteur, saisie et vente de ses meubles. Bours. trente ou achat de valeurs de Bourse achetées ou vendues par un spéculateur qui n'a pu satisfaire à ses engagements, et qui est condamné à payer la différence et les frais.
— Encycl. Dr. Exécution des jugements. 'V. juge-
Exécution.
ment.
— Exécution militaire. L'exécution de tout jugement d'un tribunal militaire portant condamnation à la peine des travaux forcés, de la déportation, du bannissement, de la réclusion, de la détention ou des travaux publics donne lieu à une parade où sont représentés, par un détachement, tous les corps de la garnison. 'Tous les jeunes soldats ayant moins de trois mois de service doivent, en outre, y assister, ainsi que le corps tout entier dont le condamné fait partie. (Pour le cas où le jugement prononce la peine de la dégradation militaire, v. dégradation.) Les condamnés à la peine des travaux publics sont amenés à la parade revêtus de l'habillement des détenus : ils entendent la lecture de leur jugement, et passent devant le front des troupes.
L’exécution à mort a lieu en présence de toutes les troupes de la garnison. Le piquet d'exécution, commandé par un adjudant, est composé de quatre sergents, quatre caporaux, quatre soldats désignés par le major de la garnison, d’après un tour de service régulier, en commençant par les plus anciens.
Un cinquième soldat est désigné pour bander le» yeux du condamné, et un cinquième sci'gent pour lui donner le coup de grâce, qui doit être tiré dans la tête à bout portant, un peu au-dessus de l'oreille.
Après avoir bandé les yeux du condamné, on le fait mettre à genoux, pendant la lecture du jugement par le greffier ; puis le piquet, formé sur deux rangs, se place à 6 mètres, les armes ayant été chargées d'avance, et met en joue, visant à la poitrine au signal que donne, en élevant son sabre, l'adjudant, qui l'abaisse ensuite en commandant: Feu! Le coup de grâce est donné immédiatement. Après l’exécution, les troupes défilent devant le corps.
— Exécution capitale. Le mode d'exécution oi’dinaire de la peine de mort, en France, est la décapitation (par la guillotine).
L’exécution n'a lieu qu'après une décision du président de la République, l'autorisant. Elle est faite sur une place publique, par l’exécuteur des arrêts criminels, nommé et commissionné par le ministre de la justice. Elle est constatée par un greffier, qui y assiste et en dresse procès-vei'bal. Il est défendu d'exécuter les condamnations à mort les jours de fêtes et dimanches, et il est sursis à l'exécution lorsqu’une femme est enceinte.
Le corps du supplicié, autrefois jeté à la voirie, est aujourd'hui rendu à la famille si elle le réclame, à charge par elle de le faire inhumer sans aucun appareil.
exécutoire [ègh-zé] adj. Qui donne pouvoir de procéder à une exécution ; jugement exécutoire nonobstant un appel. N. m. ; délivrer un exécutoire.
— Encycl. Dr. Exécutoire de dépens. Dans un procès, l'avoué qui a obtenu gain de cause peut demander à son profit la distraction des dépens auxquels l’adversaire a été condamné, en affirmant, lors du prononcé du jugement, qu'il a fait l'avance de la plus grande partie des frais. La taxe des dépens est poursuivie par cet avoué ; il lui est délivré par le juge un mandement revêtu de la formule permettant l'exécution (ou exécutoire), en vertu duquel il peut poursuivre en son nom le recouvrement des dépens.
exécutoirement [ègh-zé, man] adv. D’une manière exécutoire.
exécutorial, e, aux [ègh-zé] adj. Qui a rapport à une exécution de justice.
exèdre [ègh-zèrdre] n. f. (gr. exedra). Antiq. Salle de conversation munie de sièges.
exégèse \ègh-zé-jè-ze] n. f. (du gr. exegèsis, interprétation). Interprétation grammaticale, historique, juridique, etc., des textes, surtout en parlant de la Bible : l’exégèse sacrée. '
exégète [ègh-zé] n. m. Celui qui fait de l'exégèse : Benan fut un éminent exégète.
exégétiçjue [èçjh-zé] adj. Qui concerne l'exégèse : ta critique exegétique.
exegl monumentum ære perennius , mots lat. signif. : J'ai achevé un monument plus durable que l'airain. Premier vers de la trentième et dernière ode du III» livre des Odes d'Horace. Le poète, terminant le recueil de ses trois premiers livres, promet à son œuvre l'immortalité. Souvent, on cite seule la première ou la deuxième moitié du vers.
Exel, comm. de Belgique (Limbourg, arr. de Maeseyck), près du Dommel ; 1.720 h. Tannerie.
Exelmans \ègh-zèl-manss] (Remi-Joseph- Isidore), maréchal de France, né à Bar-le-Duc, m. à Paris (1775-1852). 11 se distingua à la Moskowa, battit à Rocquencourt, pendant la campagne de France, une division prussienne. Exelmans, qui était un des plus brillants cavaliers de France, mourut d'une chute de cheval. — Son fils, Joseph-Maurice (1816- 1875), amiral français, fut pi-éfet maritime de Rochefort, et, comme son père, mourut des suites d’une chute de cheval.
exemplaire [ègh-zanplè-re] adj , Qui peut servir d’exemple ; mener une vie exemplaire. Qui peut servir d’exemple, pour effrayer et retenir : punition exemplaire. N. m. Archétype. Chaque objet formé d'aprèsun type commun ; un exemplaire de la Bible.
exemplairement [ègh-zan-plè-re-man] adv.
D'une manière exemplaire. (Peu us.)
exemplarité [ègh-zan] n. f. Caractère de ce qui est exemplaire.
exemple [ègh-zan-plé] n. m. (lat. exemplum). Ce qui peut servir de modèle. Personne que l'on prend, que Ton peut prendre pour modèle : cet écolier est un exemple pour ses camarades. Malheur, châtiment qui peut servir de leçon. Personne dont, le malheur peut servir de leçon. Phrase à l'appui d’une règle. Modèle d'après lequel l'élève qui apprend à écrire s'exerce à former ses lettres. Sans exemple, tout à fait extraordinaire. Par exemple loc. adv., pour en citer des exemples. (Interj. Exprime la surprise.) A l'exemple de loc. prép., en se conformant à l'exemple de.
exempli gratia, loc. lat. signif. Par exemple. (En abrégé e. g.) On dit aussi, dans le même sens, verbi gratia.
exemplum, ut talpa, mots lat. signif. Comme lataupe, par exemple, et que La Fontaine a insérés dans la P® fable du livre XII, les Compagnons d'Ulysse; phrase usitée dans les argumentations scolastiques.
exempt [ègh-zan], e adj. (lat. exemptas; de eximere, tirer dehors). Qui n’est pas assujetti à une chose ; exempt du service militaire. Garanti, jiréservé ; exempt de blâme, de souci. Ant. Astreint, sujet, plein.
exempt [ègh-zan] n. m. Autrefois, officier qui, dans certains corps, commandait en l'absence du capitaine et du lieutenant, et était exempt du service militaire ordinaire. Ancien officier de police.
exempté [ègh-zan-té], e adj. et n. Se dit d'une personne affranchie, préservée de quelque chose : conscrit exempté; les exemptés de service.
exempter 'ègh-zan-té] v. a. de eiempC. Rendre exempt, affranchir : exempter un soldat du ser-
M*' Exelmans.