‹ Larousse universel en 2 volumesChapitre 979 sur 1225 · Apollon Sauroctone; 42. Bas-relief d’Eleusis · texte numérisé non relu

Apollon Sauroctone; 42. Bas-relief d’Eleusis

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défaite de ceux-ci, des avantages considérables, écartant la Bulgarie des côtes de l'Archipel, refoulant les Turcs dans Constantinople, substituant sa douiination à celle des Otlouians en Thrace et jusqu'à Suiyrne en Anatolie. Pour conserver ces acquisitions et le Dodécanése abandonné par l'Ilalie en 1920, Rhodes exceptée), la Grèce est partie à deux reprises en guerre contre les Turcs nationalistes, d abord en 1920, puis en 1921. Mais à cette dernière date, Venizelos ne- dirige plus les destinées de la Grèce ; Constaniin, revenu sur le trône après la mort de son fils Alexandre I" (fin juin 1920) dirige avec témérité la politique du pays et lance l’armée à la conquête de l'Anatolie, sinon de Constantinople. Alors, en 1922, les Turcs {kemalint l's) reprennent l'offensive en Asie Mineure, en chassent les Grecs, qui perdent aussi la Thrace orientale et Georges II, qui a succédé à son père Constantin chassé du trône à nouveau (28 sept. 1922), signe en août 1923 la paix qui consacre ce double recul (paix de Lausanne).

lîl. LiTTÉRATuaE. — Littérature grecque ancienne. Pendant bien des siècles, la Grèce na eu que des poètes. Une poésie héroïque et 1 religieuse paraît s'être développée de bonne heure en Thrace (Orphée, Linos, Musée, Eumolpe), en Thessalie et à Delphes autour du sanctuaire d Apollon (Olen), en Béotie. Déjà se dessinaient des cycles poétiques, inspirés par quelque grand événement historique. De tout cela sortit la poésie épique, dont il nous est resté deux grands poèmes : 1 Iliade et VOdytsée. Du vin® au vi® siècle, la poésie épique ou cyclique est restée florissante.

Presque en même temps s’était développée, dans la Grèce centrale, une poésie didactique : généalogies, mythes moraux et apologues, sentences. Le plus célèbre représentant de cette poésie fut Hésiode, auteur des Travaux et jours, de la Théogonie.

Au vil® et au vi« siècle se constituèrent les divers genres de la poésie lyrique : les nomes, avec Olynipos, Terpandre et Clonas ; la poésie élégiaque, avec Callinos, Archiloque, Tyrtée, Mimnerme, Solon, Théognis, Phocylide ; là poésie ïambique, avec Archiloque, Simonide d’Amorgos, Hipponax; la chanson, avec Alcée, Sappho, Anacréon ; le lyrisme choral, avec Alcman, Arion, Stésichore, Ibyoos, Simonide de Céos. Bacchylide, Corinna, Pindare ; enfin, les oracles, les poésies orphiques ou mystiques.

Dans le courant du vi® siècle se dessinent l’apologue avec Esope, la philosophie avec les Sept Sages, avec les Ioniens (Thalès, Anaximandre, Anaximène), avec Pythagore, avec les Eléates (Xénophane, Héraclite, Parménide), et les philosophes indépendants (Empédocle, Diogène d’Apollonie). .

Le V® et le tv® siècles sont par excellence l’âge classique, celui des grands chefs-d’œuvre. Sous sa double forme, sérieuse et bouffonne, le théâtre sort des fêtes de Dionysos, du dithyrambe, et du kômon. La tragédie se dessine à Athènes avec Thespis, Chœrilos, Pratinas, Phryniohos ; elle se perfectionne et produit ses chefs-d’œuvre avec Eschyle, Sophocle, Euripide et leurs contemporains. La comédie s'esquisse dans les farces doriennes de Mégare et de Sicile, dans les parades des bourgs de l’Attique, puis dans les pièces d’Epicharme et les mimes de Sophron.. A Athènes se succèdent la comédie ancienne ou politique (Cratinos, Cratès, Phérécrate, Eupolis, Phrynichos, Aristophane) ; la comédie moyenne ou intermédiaire (Antiphane, Eubule, Alexis) ; la comédie nouvelle ou de mœurs (Ménandre, Philémon, Diphüe). Le dithyrambe et le nome, l’élégie, la poésie satirique sont aussi représentés.

I.a prose littéraire apparaît à la fin du vi® siècle avec les chroniqueurs ; elle se perfectionne avec les orateurs, les médecins (Hippocrate), les rhéteurs et les sophistes (Protagoi-as, Gorgias, Prodicos).

Trois grands genres en prose poursuivent alors leur développement. L'histoire s’illustre avec Hérodote, Thucydide, Xénophon, Ctésias, Philistos, Ephore, Théopompe. La philosophie prend dans la littérature une place de plus en plus grande avec Démocrite, Anaxagore, Socrate et ses disciples, Phédon et l’école d’Elis, Euclide et l’école de Mégare. Antisthène et l’école cynique, Aristippe et l’école de Cyrène, Platon et l’Académie, Aristote et le Lycée. L’éloquence est représentée, à chaque génération, par de grands orateurs : d'abord Anliphon, Andocide et Lysias ; puis Isée et Isocrate ; enfin Démosthène, ses contemporains et ses rivaux, Eschine. Hypéride, Lycurgue, Démade, llégcsippe, Dinarque. Athènes est devenue peu à peu le centre littéraire de tout le monde grec.

— Littérature alexandrine. On appelle alexandrine la littérature grecque du temps d’Alexandre

et de ses successeurs jusqu au i®® siècle av. J.-C. Grâce à la conquête macédonienne, l'hellénisme s'étend sur tout l’Orient. A côté d'Athènes apparaissent de nouvelles capitales littéraires : Alexandrie, Antioche, Tarse, Pergame, Syracuse. L’érudition envahit tous les genres. La philosophie reste vivante et brillante ; ancienne Académie (Speusippe, Xénocrate, Polémon, Cratès, Crantor) ; Lycée (Théophraste, Aristoxène, Dicéarque, Straton, Lycon, Ariston, Critolaos) ; école cynique (Diogène, Ménippe) ; stoïcisme (Zénon, Cléante, Chrysippe, Pansetios, Posidonios) ; Epicure et ses disciples ; Pyrrhon et le scepticisme ; moyenne et nouvelle Académie (Arcésilas, Carnéade). Les rhéteurs sont nombreux encore. L’histoire est brillamment représentée par de nombreuses chroniques, et surtout par la grande histoire de Polybe. Citons encore les géographes Néarque, Mégasthène, Pythéas, l'olémon, Eratosthène ; les philologues Zénodote, Callimaque, Aristophane de Byzance, Aristarque ; les mathématiciens, physiciens ou astronomes Euclide, Archimède, Héron d’Alexandrie, Hipparque ; les Contes milésieiis et les premiers essais de roman. Enfin, l’âge alexandrin a produit la poésie savante de Théocrite, Léonidas de Tarente, Callimaque, -Aratos, Apollonios de Rhodes, Lycophron, les premiers poètes de V Anthologie.

— Epoque romaine. Pendant la longue période de six siècles de la domination romaine (de César à Justinien), les écrivains grecs sont innombrables ; mais la valeur des œuvres est rarement en rapport avec le nombre. La plupart des auteurs sont des grammairiens, de lourds érudits oude maladroits compilateurs. Pourtant, les œuvres intéressantes ne manquent pas. Citons les historiens Diodore de Sicile, Denys d'Halicarnasse, Josèphe, Dion Cassius, Ilérodien, Zosime ; le géographe Strabon et le voyageur Pausanias ; les philosophes stoïciens ou néo-platoniciens, Epictète, Marc-Aurèle, Philon le Juif, Diogène Laërce, Plotin et ses disciples. Porphyre, Jamblique, Proolos ; les philosophes de l’école d’Athènes ; les poètes Oppien, Quintus de Smyrne, Nonnos, Coluthos ; les romanciers Jamblique, Xénophon d’Ephèse, Héliodore, Longus, et les innombrables rhéteurs : Dion Chrysostome, Plutarque, Hérode Atticus, Maxime de Tyr, Lucien de Samosate, Alciphron, Hermogène, Philostrate, Elien, Longin, Libanios, l'empereur Julien. Depuis le ii® siècle se développe, pleine de sève, une littérature chrétienne de langue grecque. D’abord les apologistes ; Aristide, Justin, Tatien, Ariston, Miltiade, Irénée, Hermias, Clément d'Alexandrie ; puis les polémistes ; Hippolyte, Origène, Athanase ; les historiens : Julius Africanus, Eusèbe de Césarée, Socrate, Sozomène, Théodoret ; enfin, les grands docteurs du iv® siècle : Basile, Grégoire de Nazianze, Grégoire de Nysse, Jean Chrysostome ; après eux, Tévêque de Cyrène, Synésios, et une foule de théologiens ou de polémistes.

— Littérature byzantine. La littérature byzantine a duré plus de huit siècles, du vi« au xv®. Elle a produit d'innombrables chefs-d'œuvre et beaucoup de fatras. Mentionnons seulement une série presque ininterrompue d’historiens ou de chroniqueurs : Procope, Agathias, Jean Malalas, Syncelle, Constantin Porphyrogénète , Pachymère , Jean l’y Cantaeuzène, Doucas, etc. ; quelques philosophes ; Jean Damascène, Michel Psellos ; beaucoup d’érudits et de compilateurs, parmi lesquels Hesychios, Zonaras, Photios, Tzetzes, Eustathe, Planude, Suidas ; un grand nombre d'œuvres poétiques, parfois intéressantes ; les hymnes de Romanos ; des drames chrétiens ; une tragédie sur la Passion du Christ ; les poèmes divers de Théodore Prodrome, de Constantin Manassès ; des épopées nationales et des romans.

— Littérature grecque moderne. Elle comprend deux périodes distinctes : 1® du xv® siècle au début du XIX® ; 2® de la guei're de l’Indépendance à nos jours.

Après la conquête turque et l’émigration vers l'Occident d’une grande partie des savants grecs, le grec resta en usage chez presque tous les chrétiens d'Orient. Mais, jusqu'à la fin du xvii® siècle, les seules œuvres qui présentent quelque intérêt sont des poésies populaires ou des romans de chevalerie. Au XVIII® siècle, des Grecs lettrés s’efforcent, par un compromis entre la langue populaire et le grec classique, de reconstituer une langue littéraire. La littérature grecque du temps ne comprend guère que des traductions, des ouvrages de science ou d’érudition. A la fin du xviii® siècle ou aux premières années du xix® appartiennent le poète Rhigas ;

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Lambros Photiadès, Néophyte Doukas, Chrestai'y do Janina, Daniel Philippidis, Vardalachos, Ypsilanü et le célèbre Adamantins Coray fl 7-18-1833).

Depuis 1821, la guerre de l’Indépendance a donné une vie nouvelle à cette littérature. La poésie, le plus souvent lyrique, mais parfois dramatique ou satirique, a eu pour principaux représentants, après Rhigas, Athanase Christopoulos, Rizos, Rangabé, GeorceZalokostas, Orphanidis, Panagiotis et Alexandre Soutzos, Denys Salonios, Aristote Valaoritis, Zambéliqs, ’Vlachos, Bernardakis, Vasiliodis, Mauromichalis, Coromilas, etc. Parmi les écrivains en prose, citons les historiens Schinas et Paparrigopoulos, le critique Rizès Néroulos, les érudits Minoïde Minas et Constantin Sathas, les romanciers Xenos et Bikélas, les archéologues Sakellarios, Pittakis, Koumanoudis, Karapanos, Kavvadias, etc.

l'y. Beaux-arts. — Architecture. L'art grec proprement dit ne commence qu'à la fin du vni® siècle avant notre ère. Pendant les siècles antérieurs se sont succédé, dans les pays grecs, une première civilisation indigène, dite proto-hellénigue, et une civilisation à moitié orientale, dite mycénienne.

Aux vin®-vii« siècles avant notre ère, commencent à se dessiner les ordres grecs, dont les deux pre-

Soldats grecs : 1. Cavalerie; 2. Officier d’état-major ; 3. Volontaire; 4. Evzone ; 5. Infanterie (tenue d’été); 6. Infanterie (tenue d’hiver).

miers au moins ont emprunté bien des éléments à l'Orient, mais qui n’en sont pas moins grecs par l’agencement logique et le sens des proportions ; Tordre dorique. Tordre ionique, Tordre corinthien. V. ORDRES.

Les trois ordres grecs ont été appliqués avant tout à la construction des temples. Les principaux temples dont il existe encore des ruines importantes sont : pour Tordre dorique, les vieux temples de Pæstum, de Sélinonte, le temple de Zeus, à Olynipie ; les temples d’Egine, de Delphes, de Délos, d’Eleusis, etc. ; enfin, le Parihénon d’Athènes. Pour Tordre ionique, TErechtheion et le temple de la Victoire Aptère, à Athènes ; et pour Tordre corinthien, le temple de Bassæ, œuvre d’Ictinos ; le monument de Lysicrate, à Athènes ; etc.

En dehors des temples, l’architecture grecque a produit bien d'autres œuvres. Rappelons seulement les portes monumentales (propylées d'Athènes) ; les portiques de tout ^nre ; les gymnases ; les trésors d'Olympie ou de Delphes ; les théâtres (Athènes, Delphes, Délos, Epidaure, etc.) ; les stades (Athènes, Corinthe, Olympie, Delphes, etc.) ; les fortifications ; les ports ; les tombeaux (céramique d'Athènes, mausolée d’Ilalicarnasse).

L’architecture grecque décline après la conquête d'Alexandre. Elle vise surtout au colossal. L'ordre corinthien fait place à un ordre composite, où se perd le sens des proportions. Sous l’empire romain, on s’en tiendra à Tordre composite.

— Sc^^.lpture. Parmi les œuvres les plus anciennes, on peut citer des statues cypriotes, les stèles funéraires de Mycènes et le bas-relief de la Porte des Lions, qui appartiennent à l’époque dite mycénienne et attestent des influences orientales. La sculpture grecque proprement dite ne commence vraiment qu'au vii® siècle avant notre ère. La plastique eut d'abord un caractère tout religieux. Elle représentait les dieux, à l’origine, par de simples symboles : des cônes, des colonnes, des piliers, puis elle s’efforça de leur donner une forme humaine (xoana). Dans la seconde moitié du vu® siècle, dans la première moitié du VI®, apparaissent, nombreux déjà, de vrais artistes, chez lesquels se manifeste la connaissance de la technique. On exécute alors pour Olympie les premières statues d'athlètes, les métopes de Sélinonte.

Pendant la période suivante, dite de Varchalsme avancé (milieu du vi« s.-milieu du v« ), la plastique grecque commence à produire des chefs-d’œuvre. Les écoles doriennes deviennent de plus en plus fécondes : écoles de Sparte, d'Egine, d'Argos. de Sicyone. L’école attique est représentée par Endoios, Callonidès, Epistémon, Anténor, Critias et Nésiotès, Hégias. A cette période appartiennent les frontons d’Egine et la plupart des sculptures de Delphes.

Vers le milieu du v® siècle s’ouvre Tère des grands chefs-d’œuvre. C’est le temps de Calamis, de Myron, de Pythagoras de Rhégion, puis de Polyclète et de l’hidias, Pæonios, Crésilas, Agoracrite, Alcamène, etc. Cette période est représentée pour nous par un admirables ensemble d’œuvres originales : marbres d’Olympie, Victoire de Pæonios; métopes, frontons et frises du Parthénon ; frises et balustrades du teinple d’Athéna Nikè ; cariatides et frise de TErechtheion, etc. Athènes est alors le grand esntre de la. plastique.

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