‹ Larves de ColéoptèresChapitre 28 sur 41 · I.ONGICORNES · texte numérisé non relu

I.ONGICORNES

presque anguleuse de la tranche supérieure de ses mandibules, vues de côté, convexité qui les rapproche de la troncature très-oblique de celles des larves de Lepturiens, m’invitait à la placer dans ce groupe, ou de la considérer comme intermédiaire entre les Rkagium et les Leptnra. J’ai penché pour les Lepturiens par ces autres considérations que les antennes sont assez saillantes, que leur article supplémentaire est presque invisible et que les granulations des ampoules ambulatoires sont différentes de celles des larves de Rhagiim que je connais. Mais une fois dans les Lep turiens, à quel genre fallait-il s’arrêter ? Ce n’était ni aux Leptura ni aux S/rang'flZia, et les dimensions de la larve excluaient les autres genres petits ou moyens. Je n’ai pu songer qu’aux Toxotus, et j’ai choisi VOxymirus cursor, à cause de la taille de la larve et de sa provenance.

Acmæops (Leptura) collaris L.

Fig. SSO-555.

LARVE

Long. 10-12 millim. Hexapode, très-sensiblement déprimée, d’un brunâtre sale et livide plus foncé latéralement, et à peu près parallèle avec les côtés des segments anguleusement arrondis.

Tête très-aplatie, très-transversale, mais presque entièrement libre, cornée, d’un ferrugineux luisant, avec la partie antérieure un peu plus foncée, munie de quelques poils roussâtres de diverses grandeurs, arqués en avant. Bord antérieur droit ; tout à fait .sur ce bord, vis à vis l’épistome, deux très-petits points enfoncés; front marqué de huit fossettes dont quatre antérieures un peu plus grandes disposées en arc transversal, et quatre un peu plus en arrière, un peu plus écartées, presque en ligne droite ; ruguleux entre ces fossettes et les côtés qui sont anguleux.

Epistome transversal, un peu plus large que le tiers antérieur de la tète.

Labre transversal aussi, d’un testacé jaunâtre comme l'épistome, cilié de soies dorées.

Mandibules courtes, médiocrement robustes, ne dépassant pas le labre, ferrugineuses avec l'extrémité plus foncée, p'us lisse et plus luisante. Vues en dessus, elles sont échancrées à l’extrémité ; vues de côté, elles sont

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tronquées obliquement. Dessous de la tête formé presque entièrement par une plaque cornée, ferrugineuse, luisante, marquée de trois lignes longitudinales, une médiane blanchâtre par transparence, les deux autres d’un brun ferrugineux; subruguleuse entre ces dernières lignes et les côtés. Bord antérieur un peu échancré entre ces mêmes lignes.

C’est dans cet espace restreint que sont logés les autres organes de la bouche, c’est-à-dire les mâchoires avec leur lobe cilié et les palpes maxillaires de trois articles à peu près égaux, le menton, la levre inférieure surmontée de deux palpes labiaux de deux articles égaux. Tous ces organes sont ferrugineux, avec le menton, la lèvre inférieure et les. articulations des palpes plus clairs. Ils sont aussi très-courts, cependant les palpes maxillaires débordent un peu les mandibules fermées.

Antennes insérées près des angles antérieurs de la tête à une certaine distance des mandibules, extrêmement courtes, presque entièrement logées dans la tête, et dans leur plus grande extension, même sur la larve vivante et faisant effort pour échapper aux doigts qui la serrent, ne montrant que trois articles dont les deux premiers presque moniliformes, le troisième grêle et accompagné d’un article supplémentaire placé dessous et à peine visible.

Sur chaque joue, très -près de la base de l’antenne, trois ocelles luisants, noirs ou d’un brun ferrugineux, en ligne très-oblique, le plus antérieur un peu plus petit. Ces ocelles sont saillants et lorsqu’on observe la larve verticalement en dessus ou en dessous, on les voit sous la forme de granules formant une sorte de crénelure près de l’angle antérieur de la tête. Sensiblement en arrière, on aperçoit deux autres granules moins saillants mais plus écartés, plus grands et testacés ; l’un est placé vis à vis le dernier de la série antérieure, l’autre plus vers le front. Il y aurait donc cinq ocelles de chaque côté.

Prothorax un peu plus large que la tête, pas guère plus long qu’elle, subanguleux latéralement et hérissé de quelques poils d’un testacé jaunâtre ; de la couleur du reste du corps avec une lisière antérieure et les côtés bruns ; égal et très-finement réticulé sur toute sa surface dorsale, sans aucune trace des plis en parenthèse que montrent les autres larves de Longicorne. En dessous, ce segment est lisse avec une très-fine réticulation près des côtés, et il est marqué d’un pli transversal assez profond près du bord postérieur.

Mésothorax et métathorax très- courts, pas aussi longs, pris ensemble, que le prothorax, très-finement et subruguleusement réticulés en desSus.

LONGICORNES

En dessous, ces deux, segments sont marqués d’un pli transversal et presque entièrement couverts d’aspérités d’une excessive finesse. Le métasternum est muni en outre de deux séries transversales et interrompues au milieu de granules ovales contigus. Les côtés de ces mêmes segments saillissent anguleusement en un mamelon non rétractile surmonté de longs poils d’un testacé jaunâtre et d’autres plus courts.

Abdomen de neuf segments, les sept premiers très-finement réticulés en dessus et munis, sur ce qui constitue dans les autres larves les ampoules ambulatoires, mais qui ne mérite pas ici ce nom, parce que ces parties ne sont ni saillantes ni sensiblement dilatables, munis, disons-nous, de granules disposés en quatre séries transversales un peu confuses. Sur la face ventrale de ces segments les ampoules sont mieux marquées, elles sont couvertes de très-fines aspérités et portent en outre deux lignes transversales et interrompues de granules comme ceux du métasternum, mais sensiblement plus grands. Ils sont disposés sur chaque arceau ventral sous la forme de deux ovales très-allongés et transversaux. Les côtés de ces segments sont encore plus anguleux que les segments thoraciques et comme eux hérissés de poils longs et courts assez épais. Huitième segment sans granules, finement ridé, anguleux près des angles postérieurs. Neuvième ou dernier segment plus long que les autres, semi-elliptique avec une sinuosité de chaque côté près de l’extrémité, ruguleusement ridé, marqué de deux sillons depuis la base jusque vers le milieu et d’une fossette allongée près des côtés ; cilié de longs poils.

Mamelon anal trilobé, situé non à la suite de ce segment, mais dessous, assez près de l’extrémité.

Stigmates très-apparents, latéro-dorsaux, c’est-à-dire un peu visibles lorsqu’on regarde la larve perpendiculairement en dessus, à péritrème ferrugineux et circulaire, au nombre de neuf paires, la première, à peine plus grande et plus inférieure que les autres, très-près du bord antérieur du mésothorax, les autres au tiers antérieur des huit premiers segments abdominaux.

Pattes assez longues mais grêles, débordant très-sensiblement le corps, de cinq pièces comme à l’ordinaire. Hanches et trochanters blanchâtres et membraneux avec l’articulation testacée ; cuisses et tibias d’égale longueur, testaeés, subcornés, terminés par deux poils assez fins ; ongles assez longs, acérés, ayant en dessous à la base une dilatation surmontée d’une petite soie.

La première fois que je trouvai celte larve, au commencement d’octo-

bre 1872, je fus loin de me douter qu’elle appartînt à un Longicorne, car elle avait une forme, une couleur, des habitudes, une manière de vivre très-différentes de celles des larves de cette famille qui m’étaient connues. Cette première capture me donna le vif désir d’en faire d’autres, et mes recherches assidues me procurèrent plusieurs individus que je trouvai tous sous l’écorce à demi soulevée d’échalas de Châtaignier mis en place depuis deux ans au moins, et qui avaient déjà nourri diverses autres larves, notamment celles des Callidium alni, Exocentrus adspersiis et Leiopus nebulosîis. Je sciai quelques-uns des échalas sur lesquels j’avais constaté la présence d’une, quelquèfois de deux et même de trois ou quatre de ces larves, et j’emportai les tronçons après avoir recommande à mes vignerons de ne pas enlever, comme ils le font souvent pendant l’hiver, la peau des vieux échalas. J’espérais, en effet, si l’éducation que je me proposais de faire chez moi ne réussissait pas, trouver au printemps, sur les échalas restés dans les vignes, la nymphe ou l’insecte provenant de cette larve qui excitait si vivement mon intérêt.

J’installai mes tronçons d’échalas sur le toit d’une décharge de ma maison, pour qu’ils y passassent l’hiver dans des conditions normales. Au commencement d’avril 1873, quelques jours avant d’aller à ma campagne, je voulus les visiter ; je soulevai les écorces avec précaution, mais j’eus beau chercher, mes morceaux de bois n’avaient plus une seule larve ni sous l’écorce ni dans l’aubier. Cette déception me surprit et me contraria vivement. J’espérais me dédommager dans mes vignes, mais j’écorçai en vain des centaines d’échalas, je ne trouvai absolument rien de ce que je cherchais. Cet insuccès ne fit que m’intriguer davantage. Je pris bien, de çà de là, sur les vignes, sur les échalas, sur les fleurs, quelques Acmæops cnllaris, mais l’idée no me vint même pas que cet insecte pouvait me donner la solution du problème.

Le mois de septembre venu, je me promis de consacrer bien des moments de ma villégiature à rechercher ou à préparer cette solution. Je commençai par m’approvisionner de quelques tronçons d’échalas dans les conditions voulues, puis je me mis en quête de larves. J’emprisonnais isolément dans des cornets de papier celles que je trouvais, et rentré chez moi, je les déposais une à une sur mes fragments d’échalas où elles ne tardaient pas à disparaître sous l’écorce. Je me mis ainsi en possession d’un certain nombre de ces bestioles.

Mais ce qui m’était arrivé le printemps précédent m’avait fait soupçonner que ces larves se transformaient sous terre. Pour m’en assurer, je

LONGICORISES

plaçai mes tronçons d’échalas dans tin grand vâsê à parois lisses, et presque tous les matins je visitai ce vase. Vers la mi-octobre je trouvai au fond une larve. Je la plaçai dans une boîte de fer-blanc à moitié pleine de terre, et tout aussitôt elle se mit à fouir avec la tête, si bien que, peu d’instants après, elle s’était enterrée. Ce fait, qui se renouvela plusieurs fois pendant mon séjour à la campagne, m’éloignait de plus en plus de l’idée d’une larve de Longicorne.

Lorsque, le 10 novembre 1873, je rentrai en ville, il restait encore des larves sous les écorces ; j’emportai donc mon petit fagot, et dans le courant du mois il me rendit le reste de ses habitants que j’installai, comme les auires, dans des boîtes ou des verres à moitié remplis de terre que j’eus soin de maintenir légèrement humide. Les verres ayant été tenus à l’obscurité, je constatai que deux de mes larves s’étaient établies contre les parois, ce qui me faisait espérer de voir plus tard la nymphe. Cet espoir ne fut pas déçu; au commencement d’avril 1874, une nymphe m’apparut, et deux jours après une seconde. N’y tenant plus, je renversai le verre; quatre nymphes s’offrirent à mes yeux d’autant plus ébahis qu’elles appartenaient évidemment à un Longicorne, et ne pouvant les rapporter qu’à une j’en conclus que l’Acmæops collaris m’avait

joué le mauvais tour de dérouter ma vieille expérience. C’est ce dont me convainquit, peu de jours après, l’éclosion de plusieurs individus de celte espèce.

Qu’il me soit permis maintenant de défendre jusqu’à un certain point mon honneur scientifique et d’expliquer pourquoi ce que j’ai appelé, sans prétention aucune, ma vieille expérience, a été mis en défaut.

La larve dont il s’agit, par la dépression de son corps et par sa couleur d’un brun terne et livide, s’éloigne de toutes les larves de Longicornes qui me sont connues. La tête, très aplatie et presque tranchante sur les côtés, a quelques rapports avec celle des larves de Grammoptcra et surtout de Hhagium indagator, mais elle est encore plus plate et sensiblement plus saillante. On a vu, en outre, qu’elle est douée de dix ocelles. Le corps, dépourvu d’ampoules proprement dites, est dentelé le long des flancs par la dilatation latérale et conique de chaque segment, et les poils qui le revêtent sont longs et assez épais. Enfin, le mamelon anal, au lieu d’être à la suite du dernier segment, se trouve placé dessous. 'Fous ces caractères de conformation extérieure semblent repousser son classement dans la famille des Longicornes.

Ses allures et ses mœurs s’y opposent aussi. Grâce à la position du

mamelon anal, secondé par les pattes et par les aspérités des ampoules ventrales, elle peut cheminer sur un plan vertical assez lisse, elle peu grimper le long d’une planche rabotée, d’une feuille de papier, d’un verre humide, ce que ne saurait faire aucune autre larve de la même famille. Sa démarche et scs mouvements sont très-lents, mais si on la met sur le dos, la souplesse de son corps lui permet de se relever avec une grande facilité. Sur les deux points d’appui de la tête et du dernier segment, elle se dresse en arc, retombe sur le flanc et en s’allongeant se remet sur ses pieds. Elle vit, il est vrai, sous les écorces, mais il lui faut des écorces déjà un peu soulevées par l’action du temps ou par celle d’autres larves qui l’ont précédée, Loin de ronger, pour se nourrir, ces écorces ou le bois, elle s’alimente des déjections des larves antérieures, ou même se contente de racler cette sorte de pellicule que le temps a formée à la surface de l’aubier, si bien qu’il est très-difficile de trouver les traces de ses érosions. Enfin, pour agir en tout autrement que les autres, après son complet développement qui exige une période d’environ six mois, elle quitte les lieux où elle a vécu pour se laisser tomber à terre, s’y enfoncer, y passer l’hiver et y subir ses métamorphoses au commencement du printemps suivant.

A toutes ces causes d’hésitation pour la détermination de cette larve est venue s’en joindre une autre. J’avais reçu dans le temps de mon ami M. Gandèze, comme appartenant au Thymalus limbatus, deux individus d’une larve en tout semblable à celle dont je m’occupe et qui, restée dans mes souvenirs, se trouvait aussi dans ma collection. Cette larve différant sensiblement de la véritable larve du Thymalus, décrite et figurée par MM. Chapuis et Candèze dans leur Catalogue, j’écrivis à ce dernier savant pour avoir des explications que, vu le temps écoulé, il ne put me donner; mais le nom sous lequel il me l’avait envoyée avait fixé dans mon esprit l’opinion qu’elle pouvait bien appartenir à un genre du groupe des Peltides ou d’un groupe voisin, et l’on sait l’empire qu’exerce une idée préconçue.

J’ose espérer que toutes ces circonstances atténuantes me feront pardonner l’incertitude dans laquelle j’ai vécu plus de deux ans au sujet de la larve de VAcmæops; et maintenant que je sais à quoi m’en tenir sur son compte, je dirai que, malgré les disparates qu’elle présente, la tribu des Longicornes n’a pas le droit de la repousser. La forme de ses mandibules et de tous les autres organes de la bouche, et surtout les granules symétriquement disposés qui couvrent la place ordinaire des ampoules

LONGICORNES

ambulatoires, peuvent a priori motiver son admission dans cette tribu. Plusieurs caractères et notamment la saillie de la tête et la longueur des pattes la conduisent dans la famille des Lepturiens; mais si je ne me suis pas trompé dans la détermination de la larve de VOxymiriis ciirsor, qui en diffère tant; si en outre les autres larves dePachylates ressemblent à celle dont il s’agit ici, je serais disposé à les placer plutôt à côté de celles des Grammoptérates qu'à la suite de celles des Toxotates.

Je ne dois pas oublier de faire connaître la nymphe qu’on a bien le droit de s’étonner de voir sortir si épaisse et si dodue d’une larve si plate et si maigre.

Des poils roussâtres sur le front et sur le vertex, arqués en avant, d’autres en forme de longs cils autour du prothorax et quelques-uns en série transversale sur le milieu ; des poils semblables dirigés en arrière et en série tranversale vers le tiers postérieur de chacun des segments de l'abdomen ; dernier segment inerme et simplement velu ; enfin quelques poils sur chaque genou et un sur le dernier article des tarses.

Par l’absence de toute spinule, cette nymphe se rapproche plus des nymphes de Grammoptera que de celles des autres Lepturiens.

Les Lepturaires ont deux rameaux, les Lepturates, avec les genres Strangalia, Leptura, Vadonia et Anoplodera, et les Grammoptérates, oi: figurent les genres Pidonia, Cortodera et Grammoptera.

Wesiwooàjntrod. t. I, p. 369, a dit quelques mots et donné une figure de la Strangalia elongata Rossi qui doit être la maculata Poda, armata Herbst. Quoi qu’il en soit, MM. Chapuis et Candèze, dans leur Catalogue (p. 250, pl. VIII), ont donné le signalement et le portrait de celte dernière, dont les ampoules ambulatoires sont granulées et les antennes de quatre articles et non de trois.

J’ai publié, dans les Annales de^ Sciences naturelles (1840, j). 90). la laive et la nymphe de la S. aurulenla F., commune dans les vieilles souches d’ Aulne et de Saule, Le prothorax est ruguleux postérieurement, les pattes sont assez longues, les ampoules supérieures ont cinq rangs de

LARVES DE COLÉOPTÈRES granules, sauf celles du septième segment qui, comme les inférieures, n en ont que deüx rangs. La nymphe est spinuleuse, mais moins que celle des Rhagium.

L’histoire des métamorphoses de la Leptura testacea L. figure dans mon travail sur les Insectes du Pin fSoc. Ent. 1856, p. 504). Elle ressemble entièrement à la précédente. La nymphe est également spinuleuse, mais les spinules sont très-petites,

' M. Bond {Entom. Mag. 1838, p. 212), a fait connaître la larve et la nymphe de la L. scutellata F.

Les premiers états delà Grammoptera ruficornis F. ont fait l’objet d’une notice que j’ai publiée dans les Annales de la Société entomologique (1847, p. 551).

Je suis en mesure d’ajouter les espèces suivantes :

Strangalia (lieptnra) attenuata L.

Fig. S56-S62.

LARVE

Long. 14-15 millim. D’un blanc un peu couleur de chair, subtétraédrique, relativement peu épaisse antérieurement, peu densement revêtue de poils blanchâtres et pourvue de trois paires de pattes assez longues, étalées, dépassant un peu le corps et hérissées de quelques soies.

Tête saillante en dehors du prothorax d’une longueur égale aux deux cinquièmes de sa largeur, marquée de quelques points sur le front, s’élargissant en s’arrondissant d’avant en arrière, déprimée, lisse, rousse, avec le bord antérieur ferrugineux ; celui-ci droit avec une dépression vis-àvis les mandibules et une échancrure pour loger les antennes.

Êpistome transversal, d’une largeur égale au moins* au tiers de la largeur antérieure de la tète, un peu arrondi au bord antérieur.

Labre semi-elliptique et frangé de petits poils roussâtres.

Mandibules assez longues, noires, avec la base un peu ferrugineuse ; vues en dessus, planes, pointues, à tranche interne concave; vues de côté, très-obliquement tronquées à l’extrémité, à tranche supérieure subconvexe et tranche inférieure concave, et le dos obtusément subcaréné.

Mâchoires, lèvre inférieure et palpes comme dans les larves de Saperdaires. sauf que les mâchoires sont un petit peu inclinées en dedans.

LONGICORNES

Antennes rétractiles, ordinairement très-peu saillantes et formées de quatre articles très-courts, dont le dernier est surmonté de trois très-petites soies et accompagné d’un article supplémentaire presque invisible et tuberculiforme.

Sur chaque joue, près de la cavité antennaire, le plus souvent deux points noirs placés l’un sous l’autre sur une ligne un peu oblique et simulant des ocelles, mais plus exactement et constamment un tubercule lisse, transversalement et un peu obliquement ovale.

Prothorax aussi grand que les trois segments suivants réunis, antérieurement plus large que la tête, un peu plus étroit en arrière qu’en avant, lisse, sauf sur un assez grand espace postérieur transversalement triangulaire, qui est ruguleusement et finement subrcticulé.

Mésoihorax e^imétathorax mmns, en dessous seulement, d’un pli transversal séparant deux rangs de tubercules, et en dessus ayant leur surface un peu plissée, en grande partie mate et comme alutacée, avec une dépression au milieu.

Abdomen de neuf segments plus le mamelon anal qui est relativement petit. Les sept premiers munis, tant sur le dos que sur la face ventrale, d’une ampoule ambulatoire, la supérieure transversalement elliptique, entourée d’une chaîne de petits granules enfermant deux séries parallèles et un peu arquées de granules semblables, sauf sur le septième segment qui n’a qu’une série interne ; l’inférieure en forme de bande transversale rétrécie au milieu, ayant deux séries de granules séparées par un pli. Les deux derniers segments pourvues d’un bourrelet latéral.

Mamelon anal trilobé.

Stigmates au nombre de neuf paires, la première, plus grande et plus inférieure que les autres, très-près du bord antérieur du mésothorax, les autres vers le milieu des huit premiers segments abdominaux.

Pattes comme il a été dit ci-dessus et de cinq pièces, ongle compris.

J’ai observé cette larve dans de vieux pieux de Châtaignier dépourvus d’écorce et dont le bois était altéré par la vétusté. Elle se développe dans l’intérieur des couches ligneuses où elle creuse une galerie longitudinale qu’elle dirige vers la surface aux approches de la métamorphose.

Je n’ai pas précisément constaté ses dernières évolutions, mais comme elle appartient, sans le moindre doute, à un Lepturien, et que le seul insecte de cette famille qui se trouve sur les échalas de Châtaignier est, indépendamment de YAcmæops collaris, le Strangalia attenmta, je crois pouvoir en toute sécurité l’attribuer à celte espèce.

L4RVES DE COLÉOPTÈRES

ïiC|itura ciiicta Gïll.

Fig. 563-S6i.

Long. 15-25 millim. Semblable à la précédente et hexapode comme elle.

Tête également saillante et de même couleur, s’élargissant aussi d’avant en arrière et marquée extérieurement de quelques points. Bord antérieur droit, avec une dépression et comme une échancrure vis à vis les mandibules, avant les antennes.

Largeur de l’épistome dépassant le tiers de la largeur antérieure de la tête.

Labre semi-elliptique, frangé de poils roux.

Mandibules assez longues, noires, pointues quand on les observe en dessus, avec le bord externe convexe et la tranche interne concave, et quand on les examine de côté, très-obliquement tronquées avec les tranches latérales sinueusement concaves, mais l’inférieure bien plus que l’autre ; bombées à leur partie antérieure, transversalement subdépriraées vers le tiers de leur Ipngueur et dans cette dépression mates et très-finement striolées ; guillochées et caverneuses vers la base.

Mâchoires un peu obliques, languette charnue et velue, ne dépassant guère le premier article des palpes labiaux.

Antennes assez courtes, en très-grande partie rétractiles, de quatre articles dont le second visiblement plus court que le premier et le troisième ; article supplémentaire beaucoup plus grêle et de moitié moins long que le quatrième qui est terminé par trois soies très -courtes.

Près de leur base et dans une sorte de fossette transversale, un tubercule elliptique très-lisse et de couleur testacée, ayant toutes les apparences d’un ocelle.

Prothorax marqué antérieurement de quelques gros points et postérieurement de rides très-sinueuses.

Mésothorax et métathorax ayant quelques plis en dessus, avec un espace transversal et mat, plissé aussi et chagriné.

Abdomen de neuf segments ; ampoules ambulatoires supérieures munies

longicornks

de granules formant deux ellipses concentriques, sauf sur le septième segment où elles n’en forment qu’une seule. Indépendamment de ces deux ellipses concentriques il y a, un peu en avant de l’ellipse la plus externe, un rang plus ou moins régulier de granules. Sur les ampoules inférieures les granules sont disposés aussi en ellipses, mais la ligne supérieure en a deux rangs de grandeur ordinairement inégale et un peu confus, à l’exception du mésoslernum et du métasternum où l’ellipse est simple. Huitième et neuvième segmènts lisses avec un bourrelet latéral. Mamelon anal trilobé.

Stigmates comme dans la larve précédente.

Pattes de même.

La larve de la L, cincla ressemble beaucoup à celle de la Strangalia atienuata et plus encore, à cause de sa taille, à celle de la Leptura testacea. Cette dernière aime à vivre avec celles de VErgates et du Criocephalus, et aussi après elles, dans les souches et les troncs de Pins morts depuis un certain temps, et on les y rencontre même lorsque le bois est en partie décomposé et arrivé à l’état spongieux. J’ai trouvé celle dont il s’agit maintenant dans les Pyrénées, avec les larves des Rhagium inquisitor et bifasciatum, dans des troncs de Sapin dont la mort devait remonter à deux ou trois ans. Elle creuse dans l’épaisseur de l’aubier une galerie longitudinale qui, derrière elle, demeure encombrée de détritus assez grossiers et de déjections et qu’elle dirige obliquement jusque près de la surface avant de se transformer en nymphe.

Cette nymphe m’est inconnue.

lieptura rnfipennis Muns.

Liong. 20-25 millim. Très-semblable à la précédente. Elle a sur le front des points plus forts et plus nombreux ; le mésothorax et le métathorax sont en dessus irrégulièrement striés en long ; les ampoules ambulatoires dorsales n’ont que quatre rangs de granules ; quelquefois cependant on voit sur certaines deux ou quatre granules un peu en avant de la série antérieure.

Je tiens cette larve de M. Bauduer qui l’a trouvée dans du bois pourrissant de Chêne-liége.

Grantni optera (Ijcptura) iistulata Schaller, præusta Fab.

Fig. B65-573.

LARVE

Long. 9 millim. Subtétraédrique avec la partie postérieure visiblement déprimée, blanche, ayant des poils blanchâtres très-clair-semés, visibles principalement sur les côtés des segments, plus nombreux aux deux extrémités du corps, et pourvue de trois paires de pattes assez longues, étalées, débordant un peu le corps, hérissées de quelques poils et de cinq articles y compris un ongle roussâtre ; hanche épaisse, conique, trochanter court, cuisse environ deux fois aussi longue, tibia de la longueur des deux précédents articles réunis.

plate, saillante d’une longueur égale à la moitié environ de sa largeur antérieure, très-mince sur les côtés qui sont arrondis, subcornée, rousse avec la moitié antérieure un peu plus foncée ; bord antérieur droit ou à peine échancré, un peu concave vis-à-vis les mandibules, marqué au milieu de deux petites fossettes arrondies et de deux autres oblongues plus en arrière en regard des mandibules.

Èpistpme très -largement transversal.

Labre semi- elliptique et cilié.

Mandibules assez longues, noires avec la base un peu ferrugineuse, conformées, ainsi que les mâchoires, la lèvre inférieure et les palpes, comme dans les autres larves de la famille, sauf que la languette est subtronquée à l’extrémité.

Antennes très courtes, ordinairement cachées presque en entier dans la tête, de quatre articles mais n’en laissant guère voir, dans leur plus grande extension, que trois dont le premier très-grêle et accompagné d’un article supplémentaire fort difficile à apercevoir.

Sur chaque joue, très-près de la cavité antennaire, deux et le plus souvent trois points noirs en arc transversal, placés sur autant de tubercules lisses et ocelliformes.

Prothorax pas tout à fait aussi grand que les trois segments, suivants pris ensemble, lisse ou à peine ridé postérieurement, paraissant roussâtre en avant parce que la partie postérieure de la tête, qui est rousse, se montre à travers la transparence des tissus.

longicorines

Mésothorax el métathorax plissés et partiellement alutacés en dessus, et en dessous marqués d’un pli transversal séparant deux séries de granules.

Adom&n de neuf segments, plus le mamelon anal ordinaire; les sept premiers pourvus en dessus et en dessous d'une ampoule ambulatoire un peu déprimée au milieu; ampoules dorsales entourées d'une ellipse de granules très-petits et irréguliers, enfermant trois séries transversales de granules plus gros et arrondis ; ampoule du septième segment semblable aux précédentes; ampoules ventrales ornées de deux arcs de granules. Les deux derniers segments lisses, munis du bourrelet latéral ordinaire.

Mamelon anal trilobé.

Stigmates comme dans les deux larves précédentes.

Pattes comme il a été dit plus haut.

La larve de la G. ustnlala vit dans les menues branches du Châtaignier et du Chêne. Contrairement à ce qu’on observe pour les larves de Leptura qui aiment les bois un peu vieux et qui plongent dès leur naissance dans les couches ligneuses, elle se trouve presque exclusivement dans les branches assez récemment mortes, et en outre la plus grande partie de son existence se passe sous l’écorce où elle creuse , en entamant un peu l’aubier, une galerie large, sinueuse, irrégulière qui demeure encombrée de déjections et de détritus. Aux approches de la métamorphose elle pénètre dans le bois pour préparer à la future nymphe un abri où elle puisse jouir du calme et de la sécurité, et qui consiste en une cellule oblique et un peu arquée.

NYMPHE

Elle se fait remarquer par des soies roussâtres, disposées assez symétriquement sur i’épistome, le front, le thorax ; celles de la tête et du bord poslôrieui' du prothorax sont dirigées en avant; on en voit aussi quelquesunes sur les pattes, sur les segments abdominaux, tant en dessins qu’eu dessous, et près du bord postérieur existe une série de soies semblables et qui, en allant du milieu vers les côtés, sont uniques et doubles alternativement. Les deux derniers segments ont moins de ces soies, mais ils sont hérissés de poils longs et très-fins. Le dernier est terminé par deux pointes déliées, subcornées, roussâtres et un peu relevées en crochet.

L’insecte parfait naît en mai et juin. .

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