‹ L’Association Tartrate Borico-Potassique Phényléthylmalonylurée, dans le traitement de l'Épilepsie et de certains Troubles NerveuxChapitre 9 sur 25 · INTRODUCTION · texte numérisé non relu

INTRODUCTION

Dans l'état actuel de nos connaissances sur les facteurs étiologiques de l'épilepsie, la thérapeutique doit le plus souvent se borner à supprimer les manifestations d’une affection dont elle peut rarement combattre la cause première. Parmi les médicaments symptomatiques, deux des plus importants et de découverte relativement récente sont la Phényléthylmalonylurée et le Tartrate

Borico-potassique.

LA PHÉNYLÉTHYLMALONYLURÉE nous est venue d'Allemagne, avant la guerre, sous le nom de Luminal; c'est, au même titre que le Véronal, un produit de synthèse dérivé de la série barbiturique. En France, elle fut d'abord expérimentée par Mr. le Pr. Combemale en 1913 ; mais il fallut attendre jusqu'en 1919 pour que son emploi se généralisit, lorsqu'en eût reconnu son efficacité. Depuis, ce médicament s’est largement répandu sous le nom de GARDÉNAL. Il est utilisé par beaucoup de praticiens dans le traitement des crises cornitiales, à l'exclusion des autres antiépileptiques.

Le TARTRATE BORICO-POTASSIQUE représente la forme moderne de la médication borée. Celle-ci, connue de longue date, passa pendant longtemps pour ne donner que des résultats peu encourageants. Le biborate de soude et l'acide borique furent successivement abandonnés, et il semblait que la thérapeutique par les sels de bore était destinée à tomber dans l'oubli lorsque P. MARIE, CrouzoN et BOUTTIER préconisèrent l'emploi d'un tartrate double de bore et de potasse, qui réunit les avantages d'une faible toxicité et d'un remarquable pouvoir antiépileptique.

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La thérapeutique du mal comitial s’enrichissait ainsi de deux nouvelles acquisitions, et on commença par se demander lequel des deux nouveaux médicaments était préférable à l'autre. On ne tarda pas à s’apercevoir que la Phényléthylmalonylurée était la plus efficace, mais qu’elle présentait, administrée à des doses vraiment actives, nombre d’inconvénients : phénomènes d'intolérance ou accidents d'intoxication.

P. Marie, Crouzon et Bouttier pensèrent alors à joindre l'action du Tartrate borico-potassique à celle de la Phényléthylmalonylurée dans l'espoir d'obtenir les mêmes résultats thérapeutiques, en utilisant chacun des deux médicaments à dose plus faible, et par conséquent moins toxique. En 1920, ils firent connaître leurs conclusions à l’Académie de Médecine. Pour eux, l'association était nettement supérieure à ses deux composants employés isolément. Obtenir les mêmes effets en diminuant la quantité de Phényléthylmalonylurée ingérée était un gros progrès et, cependant, quelques troubles étaient encore notés : somnolence, torpeur intellectuelle et physique, hébétude, ou, au contraire, phénomènes d'excitation, loquacité, état ébrieux, troubles que DUCOSTÉ avait déjà tenté d'éviter en associant au dérivé barbiturique seul, la caféine et la belladone.

C'est alors que le Professeur CARRIÈRE en 1922, faisant état des avantages de la synergie médicamenteuse de P. Marie et de l'association de Ducosté, en arriva à la conception d'un complexe : Phényléthylmalonylurée — Tartrate borico-potassique et belladone, ajoutant par périodes tantôt la caféine, tantôt la strychnine.

Ce sujet inspira la thèse de DERACHE en 1924. I] montra la supériorité de cette thérapeutique sur les médications classiques, en particulier son action antispasmodique évidente, son influence heureuse sur les manifestations du petit mal, ainsi que sur l’état mental et physique des malades, et insista tout particulièrement sur l'absence d'intolérance et d’accoutumance à l'association. Ces résultats ont été confirmés à l'asile de Fleury-les-Aubrais par LEGAL, qui, dans sa thèse, a exposé les effets obtenus chez soixante épileptiques.

Depuis 1922, l'expérience de 7 années a contribué à vérifier pleinement l'excellence de ce traitement, et il est permis d'affirmer

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que cette association médicamenteuse antiépileptique a subi avec succès l'épreuve du temps. Les résultats définitivement acquis grâce à cette expérimentation prolongée, viennent d'être exposés à l'Académie de Médecine par le Professeur CARRIÈRE. L'association Phényléthylmalonylurée-Tartrate borico-potassique présente des avantages considérables dans le traitement des manifestations comitiales ; elle peut aussi être utilisée efficacement dans la thérapeutique de nombreuses affections nerveuses et complètement distinctes de l’épilepsie convulsive.

Le but de notre thèse est de montrer quelles sont actuellement les données acquises dans l'emploi de ce nouveau complexe médicamenteux.

Nous tenons à remercier ici notre Maître, qui nous a fait le très grand honneur de nous confier le soin de ce travail et qui nous en a grandement facilité la tâche, en nous permettant de recueillir, parmi ses archives personnelles, les observations qui sont de nature à en illustrer plus particulièrement les différents points.

Nous exposerons dans le CHAPITRE I les divers composants de l'association médicamenteuse et les raisons qui ont suggéré ce groupement thérapeutique.

Nous étudierons dans le CHAPITRE II l’action sur les manifestations épileptiques, qui fournissent aux praticiens les occasions les plus fréquentes d'expérimenter le complexe thérapeutique qui fait l'objet de cette thèse.

Nous envisagerons séparément :

L'épilepsie convulsive ; Les absences et les vertiges épileptiques :

L'épilepsie Bravais-Jacksonienne.

Le CHAPITRE III sera consacré aux résultats obtenus dans divers états d'instabilité nerveuse, tels que :

Les insomnies ; Les états anxieux;

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Les migraines;

Les tachycardies nerveuses;

L'angine de poitrine;

Les manifestations choréiques;

Les états spasmophiles et la tétanie;

Les syndromes vago-et sympathicotoniques; Les convulsions infantiles:

Les états basedowiens:

Les troubles mentaux des Parkinsoniens:; Les Psychoses traumatiques.

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