LE CHEVALIER ALGUSTE DESPRÉAUX
une vie aussi pure, aussi irréprochable que celle de Louise, absoudra devant le tribunal de Dieu celle que des bourreaux ont osé condamner.
Le jésuite. Mon ^fils , Jésus-Christ a pardonné sur la croix!... et il était innocent.
Auguste. Oh! mon père, je leur pardonne tout le mal qu''on m''a fait à moi ! les tortures qu''ils viennent de me faire subir;
mais pardonner à ses bourreaux! aux
bourreaux de Louise, mon père! Songez-y donc ! une pauvre jeune femme, abandonnée à la merci de ses juges , sans appui , sans conseils , sans défense , et dont le crime a été d''entrer, par le sublime dévouement , dans le dessein d\me conspiration impossible !
Le jÉsuriE. Mon Hls, le moment suprême
approche il approche , songez à votre
àme.
Auguste. Hélas! mon père, c''cst aussi son dernier moment à cUe\ qui approche, et
cVst moi.... c'est moi qui l'ai perdue !
Ah! voila mon véritable supplice.... voilà •IH 14.
ma véritable torture. (// cache sa tête dans ses mains.)
Entrent le grofiiev et IVxempl qui sortent du cacliot de Yanden-Endcn ; ils viennent remplir la même formalité an sujet du procès-verbal de la question donnée au chevalier.
Le greffier. Voulez-vous , monsieur , écouler la lecture du procès-verbal de la «jucslion, et le signer et parapher, comme conforme à la vérité ?
Auguste. J''écoute , monsieur ( avec un (louloureuv sourire)^ le plus fort est fait.
Le greffier, lûant : Nous, etc.
» Avons mandé et fait venir Guillaume Duchesne de Saint- Marc 5 chevalier Des Préaux , condamne à moi t par ledit arrêt , et à être appliqué à la question ordinaire et extraordinaire, auquel nous avons prononcé ledit arrêt et après serment par lui fait de dire la vérité,
» Interrogé h qui il a parlé de la révolte de Normandie ,
» A dit qu'il n'en a parlé qu'à la dame de Vil; rs ; et que s'il savait antre chose que ce qu'il a dit , allant dans une autre vie, il dirait la vérité.
» Rrtiiontré que la dame de Vilars lui avait mandé qu'elle avait ménagé plusieurs personnes, et s'il l'a vue de|)uis cette lettre à Evreux ou au pays de Cnnx.
» A dit qu'il l'a vue , et que ladite dame de Yilars ne lui a pas nommé d'autres personnes que le sieur d'Aigremonl.
M Interrogé quelle connaissance il a de rinlclligcnfc avec les éuangv-rs.