LA LANGUE FRANÇAISE
Pendant ce temps-là, de gros nuages venus du Nord-Ouest apportaient de nouvelles tempêtes.
Des lois avaient été adoptées par le Conseil des territoires du Nord-Ouest et par la Législature du Manitoba pour abolir l'usage officiel de la langue française dans leurs documents publics, et le gouvernement fédéral n'avait pas désavoué ces lois.
M. McCarthy avait déclaré devant la Chambre des Communes que l'usage officiel de la langue française devrait être aboli dans toutes les provinces anglaises. Dans le débat orageux que cette question souleva, Laurier prit la parole et plaida la cause de la langue française dans le langage le plus logique, le plus brillant.
Jamais il ne prit, devant une majorité anglaise, la défense de sa nationalité avec plus de vigueur et de courage. Comment les hommes raisonnables, faisant partie de cette majorité, auraient-ils pu s'empêcher d’applaudir aux paroles qui suivent :
L'honorable député est fier de sa race et il a le droit d'en être fer, mais il ne s'ensuit pas que nous devions être tous Canadiens anglais, que nous devions tous nous fondre dans l'élément anglo-saxon. Certes, Pererne ne respecte où n'admire plus que moi la race anglo-saxonne ; je n'ai jamais dissimulé mes sentiments à cet égard : mais nous, d'origine française, nous nous tenons pour satisfaits de ce que nous sommes
laquelle mêmes qualités que la race anglo-sasonne, ells en possède de
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, implacable que se sont livré l'An ieterre la France pour ion de ce continent ; quand je reirace, page Par page, le fatal, indécis d'abord, liôte Prenanl gi \duellement forme et devenant inévitable 4 quand je suis la br: ve a. mée de Mont: :!1n retraitant devant des forces supérieures en nn bre letrañant rime après la victoire, retraitant dans un cercle «de jour &. jour pi, rétréci ; quand, arrivé à la dernière page, J'amisie au C-rnir coxbat où le vaillant Montcalm, cet homme vraiment grand, à uouve la sort dans sa première défaite... Non, monsieur, je ne ca-he nas à mes concitoyens d'origine anglaise que j'ai le coeur serré «: 4 mon sang français se glace dans mes veines 1... Oh! ne me parlez pas de vos théories purement utilitaires | Les hommes ne sont pas de simples automates, Ce n'est pas en foulant au pied les sentiments les plus intimes de l'ême que vous atteindrez votre but, si tel est le but que vous poursuvez. En attendant, nous devons tous, Français, Anglais, libéraux et conser.
pas dépasser une certaine limite : que si elle la dépasse, même en restant dans les bornes du légitime, elle peut froiser les sentiments des autres races... Nous nous rappellerons que les vrais principes ne sont qu'une émanation de la vérité divine, et qu'il existe au-dessus de nous une Providence éternelle, dont la sagesse infnie connaît mieux que l'homme ce qui convient le mieux à l'homme, et qui, lorsque tout semble perdu, dirige toute chose pour le plus grand bien.
La proposition de M. McCarthy ne rallia qu’une dizaine de voix.