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les plaintes furent isolées, et on s’accorda à reconnaitre que le gouvernement libéral, soutenu par un si grand nombre de députés libres-échangistes, ne pouvait guère faire mieux.
Cette réduction en faveur des marchandises anglaises fut considérée comme un témoignage de sympathie auquel on fut sensible en Angleterre, au moins pendant quelque temps, jusqu'au jour où des hommes importants constatèrent que pratiquement la métropole n'en avait pas beaucoup profité. En Angleterre comme au Canada, l'intérêt finit par l’eniporter sur la loyauté, et les manufacturiers canadiens qui n'avaient pas d'abord osé se plaindre, jetèrent les hauts cris, lorsque cette mesure de faveur se trouva en conflit avec leurs intérêts.
Cette politique nouvelle souleva une importante question constitutionnelle.
Il existait entre l'Angleterre et diverses nations, telles que la Belgique et l'Allemagne, des traités de commerce qui donnaient à ces nations le droit de réclamer les privilèges qui seraient accordés par les colonies anglaises aux marchandises du Royaume- Uni.
Depuis longtemps le gouvernement canadien se plaignait de ces traités et en demandait la révocation. Mais les hommes d'Etat anglais n'avaient pas jugé à Propos de se créer des ennuis en accédant à cette demande.
Laurier fit voir la position fausse que ces traités
faisaient au Canada, en l'obligeant de faire bénéficier de ses faveurs des Pays auxquels il ne devait rien.
Les traités furent dénoncés, et plus tard le gouvérnement canadien élevait le tarif sur certains produits allemands, sans avoir recours aux bons offices des autorités impériales.
Ce pas important dans la voie de l’autonomie et de l'émancipation lui a permis de dire que le Canada était devenu une nation. Il ne devait pas se contenter de ce premier succès.
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